Le vaccinodrome d’Alpexpo au ralenti, des voix s’élèvent pour demander d’élargir l’accès à la vaccination

sep article

 

EN BREF – Alors qu’à Grenoble le méga-centre d’Alpexpo tourne au ralenti, faute de patients à vacciner, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer l’élargissement de la vaccination à toute la population.

 

 

Quelques instants d'attente avant de pénétrer dans le "vaccinodrome" d'Alpexpo. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Quelques ins­tants d’at­tente avant de péné­trer dans le « vac­ci­no­drome » d’Alpexpo le 9 avril 2021, jour de l »ouver­ture. Depuis, le méga-centre tourne au ralenti. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Á Grenoble, le vac­ci­no­drome d’Alpexpo tourne au ralenti, faute de can­di­dats à la vac­ci­na­tion. Depuis qu’il est passé d’une capa­cité de 1 000 à 2 500 injec­tions quo­ti­diennes, le méga-centre de vac­ci­na­tion de l’ag­glo­mé­ra­tion peine à éclu­ser ses doses.

 

Résultat : en Isère, de plus en plus de voix s’é­lèvent pour deman­der d’é­lar­gir la vac­ci­na­tion à l’en­semble de la popu­la­tion, au-delà des per­sonnes aujourd’­hui éli­gibles. Soit les plus de 60 ans, avec ou sans fac­teur de risque, les plus de 18 ans avec fac­teur de risque de forme grave et sur pres­crip­tion médi­cale, ainsi que les pro­fes­sion­nels de santé.

 

 

Des créneaux perdus, faute de candidats

 

« La notion même de vac­ci­no­drome, c’est-à-dire de vac­ci­na­tion à gros volume, induit une logique d’accès mas­sif au vac­cin », sou­ligne le pro­fes­seur Jean-Luc Bosson, chef du pôle santé publique du CHU Grenoble Alpes, dans Le Dauphiné libéré. « Dès lors que l’on met en place une orga­ni­sa­tion aussi lourde, il est absurde de perdre des cré­neaux de vac­ci­na­tion comme c’est le cas actuel­le­ment. Et il serait donc nor­mal d’ouvrir plus lar­ge­ment l’accès puisque nous avons les stocks. »

 

Même son de cloche du coté de Jean-Paul Stahl, pro­fes­seur de mala­dies infec­tieuses et tro­pi­cales au CHU de Grenoble. « Ça devient absurde de refu­ser des vac­ci­na­tions alors qu’il y a des vac­cins dis­po­nibles », a‑t-il fus­tigé sur France Info.

 

Campagne de vaccination au Chuga. © Tim Buisson – Place Gre’net

Campagne de vac­ci­na­tion au Chuga. © Tim Buisson – Place Gre’net

 

Un plai­doyer que rejoint le pré­sident du Département de l’Isère. Lequel appelle le gou­ver­ne­ment à ouvrir la vac­ci­na­tion à l’en­semble de la popu­la­tion, après l’a­voir pressé le 5 jan­vier der­nier d’ac­cé­lé­rer la cadence« Nous ne sommes plus face à une pénu­rie de doses, mais face à une pénu­rie de patients au sein des publics cibles défi­nis par les auto­ri­tés », sou­ligne Jean-Pierre Barbier (Les Républicains) dans un com­mu­ni­qué.

 

 

15 000 créneaux inoccupés à l’heure actuelle en Isère

 

« De plus en plus de doses ont du mal à trou­ver pre­neurs : 15 000 cré­neaux sont tou­jours inoc­cu­pés à l’heure actuelle en Isère, comme par­tout en France, constate le pré­sident du Département de l’Isère. Et de nom­breux per­son­nels de santé seraient même contraints de jeter des doses, faute de pre­neurs ! À côté de cela, tou­jours plus de per­sonnes non prio­ri­taires attendent avec impa­tience leur tour. Il devient donc absurde de fer­mer la porte de la vac­ci­na­tion à ceux qui sou­haitent l’ouvrir », estime Jean-Pierre Barbier.

 

« En outre, dans notre dépar­te­ment comme dans d’autres, de nom­breux centres sont main­te­nant contraints d’aller cher­cher les per­sonnes à vac­ci­ner pour ne pas gâcher de doses. C’est une aber­ra­tion et un véri­table casse-tête logis­tique », dénonce-t-il. Pour inci­ter les per­sonnes éli­gibles à la vac­ci­na­tion à sau­ter le pas et à s’ins­crire, la CPAM de l’Isère n’hé­site en effet désor­mais plus à les appe­ler direc­te­ment sur leur télé­phone por­table.

 

 

Jean Castex juge l’ouverture de la vaccination prématurée

 

Cette ouver­ture à tous de la vac­ci­na­tion que beau­coup reven­diquent, le Premier ministre Jean Castex la juge pour­tant pré­ma­tu­rée, pré­fé­rant tou­jours réser­ver la prio­rité aux per­sonnes plus vul­né­rables. Non sans quelques couacs… Jeudi 29 avril, Alpexpo a ainsi dû faire face à un afflux mas­sif et sou­dain de patients, d’a­près Le Dauphiné libéré. En cause ? Un mes­sage sur les réseaux sociaux annon­çant, à tort, la fin des cri­tères d’é­li­gi­bi­lité.

 

Patricia Cerinsek

 

commentez lire les commentaires
3503 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.