Affaire Sarah Halimi : à Grenoble, le Crif réclame une modification du code pénal

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FIL INFO – Le Conseil représentatif des institutions juives de France de Grenoble (Crif Grenoble Dauphiné) réclame une modification du code pénal après que la cour de cassation a exclu tout procès du meurtrier de Sarah Halimi. Cette retraitée de confession juive avait été tuée à son domicile parisien en avril 2017.

 

Le Crif Grenoble-Dauphiné par la voix de son pré­sident Yves Ganansia réclame une modi­fi­ca­tion du code pénal après la déci­sion de la cour de cas­sa­tion – DR

« La cour de cas­sa­tion a confirmé hier (le 14 avril 2021, ndlr) l’irresponsabilité pénale du meur­trier, au motif qu’il aurait été pris d’une bouf­fée déli­rante induite par sa lourde consom­ma­tion de can­na­bis », sou­ligne Yves Ganansia, le pré­sident du Crif de Grenoble dans un com­mu­ni­qué.

 

« En décla­rant que Kobili Traoré n’était pas res­pon­sable de ses actes, la jus­tice ajoute au drame d’une famille la colère et l’incompréhension d’une com­mu­nauté toute entière. Alors qu’aujourd’hui la jus­tice fait une prio­rité de la lutte contre la délin­quance rou­tière sous l’empire de l’alcool ou des stu­pé­fiants, en fai­sant de la consom­ma­tion de can­na­bis une cir­cons­tance aggra­vante, elle absout celui qui tue sous cette même emprise ».

 

La plus haute juri­dic­tion de l’ordre judi­ciaire a le 14 avril rejeté le pour­voi formé par la famille de Sarah Halimi contre la déci­sion ren­due en 2019 par la cour d’appel de Paris. Et confirmé l’ir­res­pon­sa­bi­lité de son meur­trier, Kobili Traoré, dont le dis­cer­ne­ment était « aboli » au moment des faits, selon plu­sieurs experts psy­chiatres, « du fait de la prise consciente et volon­taire régu­lière de can­na­bis en très grande quan­tité ».

 

 

Le Crif réclame un amendement « Sarah Halimi »

 

Une déci­sion qui fait bon­dir le repré­sen­tant de la com­mu­nauté juive à Grenoble. « Nous regret­tons un véri­ta­ble­ment détour­ne­ment de la règle de droit car s’il est nor­mal de pro­té­ger ceux qui, par acqui­si­tion ou nais­sance, subissent le poids de la mala­die men­tale et ne peuvent être décla­rés res­pon­sables de leurs actes, en revanche, jamais il n’a été dans les inten­tions du légis­la­teur de pro­té­ger celui qui tue grâce à l’usage de la drogue », estime Yves Ganansia.

 

« Ce crime anti­sé­mite n’est pas l’œuvre d’un fou, il est le fruit d’une idéo­lo­gie qui ronge notre société et les consciences indi­vi­duelles ».

 

.Yves Ganansia en appelle au légis­la­teur. Pour récla­mer, via un « amen­de­ment Sarah Halimi » que la rédac­tion de l’article 122 – 1 du code pénal soit modi­fiée pour exclure la consom­ma­tion volon­taire de stu­pé­fiants des causes d’exonération de res­pon­sa­bi­lité pénale.

 

Un article qui dans son pre­mier ali­néa dis­pose que « n’est pas péna­le­ment res­pon­sable la per­sonne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psy­chique ou neu­ro­psy­chique ayant aboli son dis­cer­ne­ment ou le contrôle de ses actes. » Et qui ne tient donc pas compte de l’o­ri­gine du trouble.

 

 

PC

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Commentaires 1
  1. Prendre volon­tai­re­ment un drogue puis tuer au nom de ses croyances sans en assu­mer les consé­quences, c’est comme boire en soi­rée puis avoir un acci­dent au volant sans en assu­mer les consé­quences.

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