Le Musée de la Résistance lance une collecte participative d’objets et documents de 1939 – 45

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FOCUS — Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère lance une collecte participative d’une durée de cinq mois. Son objectif ? Inviter les personnes détenant des objets et documents en lien avec l’Isère et la Seconde guerre mondiale à en faire don. Ce afin d’enrichir les collections du Musée et de participer au travail de recherche mené par les historiens.

 

 

Une paire de chaus­sures, une boîte de sucre, une lampe à huile ou un ours en peluche… Pour mieux pré­sen­ter le lan­ce­ment de sa col­lecte par­ti­ci­pa­tive, le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère expose quelques exemples des objets qui peuvent trou­ver place dans sa col­lec­tion. Des objets d’un quo­ti­dien d’an­tan, peut-être ano­dins en appa­rence, mais pos­si­ble­ment pré­cieux pour les his­to­riens et les conser­va­teurs de la mémoire.

 

Des objets du quotidien qui peuvent devenir des sources de recherche précieuses pour les historiens © Florent Mathieu - Place Gre'net

Des objets du quo­ti­dien qui peuvent deve­nir des sources de recherche pré­cieuses pour les his­to­riens. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Depuis le 1er février et pour une durée de cinq mois, la col­lecte invite ainsi les per­sonnes déten­trices d’ob­jets ou docu­ments datant de la Seconde guerre mon­diale à en faire don. Ceci au tra­vers d’un for­mu­laire à rem­plir en ligne. Ustensiles et outils du quo­ti­dien, cor­res­pon­dances ou jour­naux intimes, tout est sus­cep­tible d’in­té­res­ser le musée. À condi­tion de dater de la période défi­nie et de concer­ner le ter­ri­toire isé­rois.

 

 

Une collecte du Musée de la résistance pour compléter ses collections et aider la recherche

 

Pour mieux mettre en avant cette démarche, le pré­sident du Département de l’Isère et plu­sieurs de ses vice-pré­si­dents en per­sonne ont fait le dépla­ce­ment. L’occasion pour Jean-Pierre Barbier de rap­pe­ler l’im­por­tance de la trans­mis­sion, terme qu’il pré­fère à celui de « vul­ga­ri­sa­tion ». L’élu en est convaincu : « Quand on ignore son his­toire, on est condamné à revivre les mêmes évé­ne­ments. »

 

 

Et l’his­toire, rap­pelle encore le pré­sident du Département, se construit notam­ment à par­tir des témoi­gnages du passé, aussi anec­do­tiques puissent-ils sem­bler. C’est là tout l’in­té­rêt de la col­lecte. « Il faut être hon­nête et trans­pa­rent : la chance que l’ob­jet soit exposé dans le Musée est quasi nulle. Les col­lec­tions per­mettent les recherches, de com­prendre la période », insiste Jean-Pierre Barbier.

 

Alice Buffet, direc­trice du Musée de la Résistance, confirme. « Aujourd’hui, nous avons 8000 items dans nos col­lec­tions, et 131 sont pré­sen­tés dans le musée. Le ratio est assez faible », sou­ligne-t-elle. Reste que les objets ou docu­ments seront dûment réper­to­riés et acces­sibles aux his­to­riens, voire sur le site des col­lec­tions de l’Isère. Et sur­tout, ils seront conser­vés dans des condi­tions opti­males pour pré­ve­nir toute dégra­da­tion.

 

 

Donateur… ou ambassadeur

 

Si les dona­teurs peuvent pro­po­ser les objets qu’ils dési­rent, le Musée admet concen­trer ses recherches et ses espoirs sur cer­taines thé­ma­tiques plus que d’autres. D’une part, la mémoire des pri­son­niers de guerre. D’autre part, des docu­ments concer­nant le Nord-Isère. Sans oublier des items por­tant sur les pre­mières années de la guerre. Enfin, ajoute Alice Buffet, les objets qui relèvent de la vie quo­ti­dienne et de l’in­time, de la petite his­toire au sein de la grande.

 

Visuels de la campagne de collecte © Musée de la Résistance

Visuels de la cam­pagne de col­lecte © Musée de la Résistance

Pourquoi lan­cer cette opé­ra­tion main­te­nant ? Parce que les périodes de fer­me­ture du Musée pour rai­sons sani­taires en 2020 ont per­mis aux équipes de tra­vailler sur les fonds et de mieux appré­hen­der ses col­lec­tions.

 

Mais aussi parce que la géné­ra­tion ayant connu 39 – 45 nous quitte dou­ce­ment et laisse der­rière elle des sou­ve­nirs du passé qu’il convient de col­lec­ter et conser­ver. « L’ère des témoins touche à sa fin », résume Jean-Pierre Barbier. Et les petits-enfants ou arrière-petits-enfants des per­sonnes décé­dées n’ont pas tou­jours conscience de l’in­té­rêt que peut avoir pour l’his­toire cer­tains objets ou docu­ments.

 

Une réa­lité d’au­tant plus cruelle avec la pan­dé­mie de Covid-19 qui endeuille de nom­breuses familles.

 

Quid de celles et ceux qui n’ont rien à don­ner mais vou­draient appor­ter leur concours ? Le Musée de la Résistance leur pro­pose de deve­nir « ambas­sa­deur » de la col­lecte. Soit, tout sim­ple­ment, de contri­buer à la faire connaître au plus grand nombre en la relayant autour d’eux. À cet effet, un Guide métho­do­lo­gique a été édité per­met­tant de répondre à la plu­part des ques­tions que la démarche peut sus­ci­ter.

 

Florent Mathieu

 

Ouverture Musée Champollion
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