Académie de Grenoble : une rentrée qui n'a rien de “normale” aux yeux des syndicats

Académie de Grenoble : une « ren­trée de crise » aux yeux des syndicats

Académie de Grenoble : une « ren­trée de crise » aux yeux des syndicats

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FOCUS — Pour les syndicats isérois de l'Éducation nationale, la rentrée n'a rien de “normal", quoi qu'en dise la rectrice de l'Académie de Grenoble. À l'occasion d'une conférence de presse mercredi 9 septembre, les syndicalistes ont (de nouveau) dénoncé des manques de moyens et l'"autoritarisme" du ministre Jean-Michel Blanquer. Tandis que des mobilisations se poursuivent dans plusieurs établissements.

 
 
"Normale", la rentrée 2020 en Isère ? C'est le message qu'a voulu faire passer la rectrice de Grenoble lors de son bilan de rentrée, mercredi 2 septembre. Malgré la crise et les normes sanitaires, Hélène Insel vantait ainsi une rentrée dans de bonnes conditions. Sans surprise, les syndicats de l'Éducation nationale ne partagent pas ce constat. Et l'ont fait savoir à l'occasion d'une conférence de presse une semaine plus tard, devant les locaux du rectorat.
 

Les syndicats enseignants dénoncent une rentrée de crise.De gauche à droite, les syndicalistes FSU Thierry Michoux, Serge Paillard, Ruth Eskinazi, et Jean-François Michel de la CGT Éduc'action © Florent Mathieu - Place Gre'net

De gauche à droite, les syndicalistes FSU Thierry Michoux, Serge Paillard, Ruth Eskinazi, et Jean-François Michel de la CGT Éduc'action. © Florent Mathieu - Place Gre'net


 
C'est même peu dire que le mot “normal” les fait bondir. "On a une rentrée de crise", estime au contraire Thierry Michoux. Pour l'enseignant, syndicaliste FSU, la rectrice se contente d'une "illusion de normalité". Thierry Michoux prend pour exemple le lycée Argouges, au cœur de toutes les tensions. Et estime que, si le confinement n'était pas passé par là, l'établissement serait d'ores et déjà en grève. Ce qui n'aurait rien de “normal” en début d'année scolaire.
 
 

Des moyens insuffisants aux yeux des syndicats

 

"On sort d'une période où on a peu vu les élèves, où il y a eu beaucoup de déscolarisation. La priorité, c'est de recréer le lien avec les élèves", explique encore Thierry Michoux. Des cas de déscolarisation qui justifieraient des moyens supplémentaires, souligne-t-il. Et de s'indigner : "À l'inverse, on a moins de personnels. On nous propose simplement des heures supplémentaires, ce qui n'est pas satisfaisant !"
 

Hélène Insel lors d'une visite de rentrée à Grenoble © Florent Mathieu - Place Gre'net

Hélène Insel lors d'une visite de rentrée à Grenoble. © Florent Mathieu - Place Gre'net


Son collègue Jean-François Michel, de la CGT Éduc'action, surenchérit. "La crise sanitaire a bien montré qu'il y a des problèmes d'inégalité scolaire. Or, ce qui est apporté, c'est de dire que l'on va continuer des réformes qui ne sont pas acceptées par la profession et qui vont dans la continuité d'un système où l'on fait des économies", dénonce-t-il.
 
Des économies à tous les niveaux ? Ruth Eskinazi dénonce, elle aussi, une situation qui ne cesse de se dégrader. Chargée d'accompagner les jeunes au sein du centre d'information et d'orientation Belledonne, la psychologue scolaire estime que la baisse des moyens est délibérément organisée pour favoriser le secteur privé. En l'occurrence, des “coachs” personnels, aux tarifs élevés, qui viennent déposer des flyers promotionnels dans les établissements.
 
Si le syndicat FO n'était pas présent lors de la conférence de presse, il n'en est pas moins sur la même longueur d'ondes. Dans un communiqué en date du 10 septembre, sa Fédération de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle de l’Isère dénonce, elle aussi, des suppressions de postes non compensées. Plus des classes surchargées et un "épuisement" des enseignants face "à des consignes toujours changeantes et contradictoires".
 
 

Jean-Michel Blanquer, ministre mal-aimé

 
Objet de bien des crispations, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, n'est pas (du tout) populaire auprès des syndicalistes. Ceux-ci espéraient même chaudement le voir quitter son poste au hasard d'un remaniement. Aujourd'hui, Thierry Michoux dénonce un “autoritarisme” de la part du ministre, qui ferait passer ses réformes à marche forcée. Quitte à ce que des CRS interviennent directement dans les lycées, comme ce fut le cas à Grenoble.
 

Intervention des forces de l'ordre au lycée Aristide-Bergès de Seyssinet-Pariset durant un mouvement contre la réforme du bac. DR

Intervention des forces de l'ordre au lycée Aristide-Bergès de Seyssinet-Pariset durant un mouvement contre la réforme du bac. DR


 
Aux yeux des syndicats, la crise du Covid est utilisée comme prétexte pour renforcer cet autoritarisme, de la part du ministère comme des directeurs d'établissement. Ou pour justifier des réformes jugées indésirables. Comme, par exemple, le recours à des cours à distance via des applications numériques. Alors que “le confinement a montré clairement que l'enseignement, c'est du présentiel, c'est de l'humain !", s'agace Thierry Michoux.
 
 

Un nouveau mouvement de grogne à Saint-Égrève

 
Quid de la grogne dans les établissements ? Lundi 7 septembre, des professeurs du lycée Argouges avaient rendez-vous avec le rectorat. L'occasion d'une manifestation devant ses locaux, avant de participer à l'audience. Son résultat ? Le rectorat conteste les chiffres des syndicats, qui dénoncent des classes de seconde à 37 élèves. Et met les difficultés sur le compte de l'organisation du lycée. Le tout sans "aucune proposition concrète", selon une source syndicale.
 

Rassemblement mercredi 9 septembre devant l'école maternelle Pont-de-Vence de Saint-Égrève © Parents d'élève

Rassemblement mercredi 9 septembre devant l'école maternelle Pont-de-Vence de Saint-Égrève. © Parents d'élève


 
D'autres établissements font valoir des revendications. Toujours à Grenoble, des parents d'élèves de l'école Les Trembles ont ainsi organisé un rassemblement devant l'établissement, accompagné d'une lettre aux services de l'académie. Motif de leur colère ? La suppression d'une classe en dispositif 100 % réussite. Et cela alors que l'école est classée en réseau d'éducation prioritaire.
 
Autre mouvement, mercredi 9 septembre, devant l'école maternelle du Pont-de-Vence, à Saint-Égrève. Là encore, les parents demandent l'ouverture d'une quatrième classe. Et décrivent trois classes comptant toutes plus de 30 élèves. Avec, à la clé, une "une dégradation des conditions d’accueil et d’apprentissage". Une pétition mise en ligne pour réclamer la classe supplémentaire a d'ores et déjà recueilli plus de 150 signatures.
 

Florent Mathieu

 

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Simon Grange

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