Covid-19 : à Grenoble comme ailleurs, pas de prime pour les ambulanciers

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EN BREF – Les ambulanciers, publics et privés, ne sont pas éligibles à la prime aux soignants mise en place par le gouvernement. Et pour cause, ils ne sont pas considérés comme personnel soignant… malgré leur présence en première ligne. Une injustice dénoncée par Thierry Riondet, ambulancier et gérant des Ambulances des Trois Vallées.

 

 

Les ambulanciers privés sont considérés comme chauffeurs routiers, et n'auront droit à aucune aide. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Les ambu­lan­ciers pri­vés sont consi­dé­rés comme chauf­feurs rou­tiers et n’au­ront droit à aucune aide. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

Pas de prime pour les ambu­lan­ciers. En effet, ils ne sont pas consi­dé­rés comme per­son­nels soi­gnants… mais comme des chauf­feurs rou­tiers. « En France, c’est le minis­tère des Transports qui gère le trans­port sani­taire. Nous n’avons donc pas le sta­tut de soi­gnant », regrette Thierry Riondet, ambu­lan­cier et gérant des Ambulances des Trois Vallées. Ils ne sont donc pas éli­gibles à la prime de 500 à 1 500 euros annon­cée par le gou­ver­ne­ment. 

 

 

Ambulanciers mais pas soignants

 

Le Samu 38 au CHU Grenoble-Alpes. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Le Samu 38 au CHU Grenoble-Alpes. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Les ambu­lan­ciers du sec­teur public, qui dépendent des hôpi­taux, n’ont d’ailleurs pas non plus le sta­tut de soi­gnant. Depuis le décret de 2016, ils sont consi­dé­rés comme agents tech­niques hos­pi­ta­liers, et touchent envi­ron 1 800 euros en fin de car­rière.

 

Pourtant, les ambu­lan­ciers publics comme pri­vés sont for­més à la prise en charge de patients. Les ambu­lan­ciers pri­vés doivent ainsi pas­ser un diplôme d’État pour exer­cer ce métier. Une for­ma­tion assu­rée par l’Institut de for­ma­tion des ambu­lan­ciers (IFA) du CHU de Grenoble, cer­tains cours étant même don­nés par des méde­cins du Samu*. Celui-ci les man­date d’ailleurs régu­liè­re­ment pour effec­tuer du trans­port d’urgence.

 

 

« Aucune reconnaissance de l’État »

 

Ainsi, les ambu­lan­ciers ont donc été en pre­mière ligne lors de l’épidémie de covid-19. « Au cœur de la crise, qua­si­ment tous les patients que nous trans­por­tions étaient des cas confir­més ou sus­pects de Covid », assure Thierry Riondet.

 

© Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

© Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

« Pourtant, nous n’avons aucune recon­nais­sance de la part de l’État. Il n’y a que le CHU et le res­pon­sable du Samu qui nous ont sou­te­nus. Ils nous ont fourni un masque, une blouse et des lunettes de pro­tec­tion à chaque fois qu’ils nous appe­laient pour inter­ve­nir », confie-t-il.

 

Mais pour le reste des inter­ven­tions, cela a été plus com­pli­qué. « Il a fallu qu’on se débrouille par nous-mêmes, explique l’ambulancier. Tout était en rup­ture de stock mais on a réussi à faire jouer des rela­tions pour avoir du maté­riel. » Et si per­sonne n’a été conta­miné au sein de sa société, il y a tout de même eu quelques cas de Covid-19 chez les ambu­lan­ciers pri­vés de la région.

 

 

Manque de soutien des institutions locales

 

Le gérant des Ambulances des Trois Vallées demande donc plus de consi­dé­ra­tion. « On vou­drait que nos sala­riés soient recon­nus comme per­son­nels de santé car nous sommes le pre­mier maillon de la chaîne de soins, plaide Thierry Riondet. On va cher­cher les gens chez eux, on les soigne avant de les ame­ner dans les éta­blis­se­ments de santé… Et pour­tant, nos socié­tés sur­vivent plus qu’elles ne vivent ».

 

Les ambulanciers demandent à être reconnus comme personnels de santé. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Les ambu­lan­ciers demandent à être recon­nus comme per­son­nels de santé. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

Une sur­vie éga­le­ment mise en dan­ger par le contexte actuel. La pro­fes­sion a effec­ti­ve­ment été pro­fon­dé­ment tou­chée par la crise sani­taire. « Nous avons eu 60 % de baisse d’activité mais ne sommes éli­gibles à aucune aide de l’État à part le chô­mage par­tiel », regrette le gérant.

 

Pas plus de sou­tien à attendre au niveau local. En effet, la société n’est pas éli­gible aux aides de la Métro ni de la Région. « Or il n’y a pas de dis­cus­sion pos­sible avec eux. Si on n’entre pas dans les cases, on n’a droit à rien. »

 

Anissa Duport-Levanti

 

* L’article a été modi­fié le 16 juin 2020 à 9 h 40 pour pré­ci­ser leur for­ma­tion.

 

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Commentaires 2
  1. Bonjour
    Effectivement une petite erreur mais ne dépla­çons pas le sujet les ambu­lan­ciers soignent, récon­fortent, et trans­portent, ce sont les pre­miers sur place avec tous les risques dont ils sont conscients et qu’ils acceptent .je crois qu’ils méritent autant que les aides soignants,infirmiers,…ect
    Une satis­fac­tion au moins ils se fai­saient applau­dir dès qu’ils pas­saient en charge d’un patient COVID dans leur ambu­lance
    Faites pas­ser !!!!????..’´´

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  2. Bonjour
    Il y a une erreur dans votre article.
    Ce n’est pas le SAMU qui forme les ambu­lan­ciers à l’ob­ten­tion de leur diplôme d’é­tat mais l’ins­ti­tut de for­ma­tion des ambu­lan­ciers qui ne dépend pas du tout du SAMU. En revanche c’est bien le CESU qui dépend lui même du SAMU qui leur délivre leur attes­ta­tion de for­ma­tion aux gestes et soins d’ur­gence niveau deux pour laquelle ils sont éga­le­ment for­més à l’Institut de Formation des ambu­lan­ciers.
    Je suis moi même infir­mier for­ma­teur à l’IFA du CHU de Grenoble qui ne dépend pas du même pôle que le SAMU.

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