Retour à l’école « facultatif » : une usine à gaz qui soulève de nombreuses questions

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DÉCRYPTAGE – En mai prochain, l’Éducation nationale va devoir recoller les pots cassés. Nombre d’élèves au niveau scolaire faible n’ont pas bien vécu « l’école à la maison ». Mais reviendront-ils seulement en classe jusqu’à la fin des cours, arrêtée au 4 juillet ? Pas sûr. Eux pas plus que les autres car le retour à l’école a été décrété facultatif au vu de la crise sanitaire. Quels seront alors les critères pour évaluer l’assiduité qui doit peser dans l’obtention des diplômes ? Des questions en suspens.

 

 

Collège Münch à Grenoble, fermé comme tous les établissements d'Isère et de France pour cause de crise sanitaire de coronavirus, vendred 24 avril 2020 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Collège Münch à Grenoble fermé comme tous les éta­blis­se­ments de France pour cause de covid-19. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Le retour à l’école cou­rant mai est censé per­mettre aux élèves au niveau sco­laire chan­ce­lant de rat­tra­per leur retard.

 

Encore fau­drait-il que les éta­blis­se­ments soient effec­ti­ve­ment rou­verts, que les pro­fes­seurs soient au ren­dez-vous, que les col­lec­ti­vi­tés orga­nisent le net­toyage des classes, les trans­ports en com­mun… Et, enfin, que les élèves qui en ont le plus besoin soient de retour en classe. Car il revient aux parents de déci­der de remettre ou pas leurs enfants à l’école…

 

En théo­rie, un cer­tain nombre de classes devraient ainsi pou­voir se tenir jusqu’au 4 juillet, tous les exa­mens ayant été sus­pen­dus à l’exception du Bac de fran­çais. Et, tou­jours en théo­rie, les élèves pour­raient béné­fi­cier de quelques semaines pour se remettre dans le bain et rat­tra­per les connais­sances non acquises.

 

 

Des contenus pédagogiques encore flous

 

Autre incon­nue : le contenu péda­go­gique, qui demeure à peau­fi­ner. « Il va fal­loir mettre en place un tra­vail péda­go­gique inno­vant car les enfants n’auront pas vécu l’école à la mai­son de la même façon », estime Hélène Insel, rec­trice de l’Académie de Grenoble.

 

Le retour en classe "facultatif" : une usine à gaz. Hélène Insel, Rectrice de l'académie de Grenoble explique, vendredi 13 mars, comment l'éducation nationale appréhende cette expérience inédite d'école à la maison à l'échelle nationale, en réaction à l'épidémie du virus covid-19 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Hélène Insel, rec­trice de l’a­ca­dé­mie de Grenoble. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« Ce que l’on demande c’est que l’on reprenne les ensei­gne­ments là où ils ont été arrê­tés », tient à sou­li­gner Gilles Nogues, tré­so­rier de la Fédération des conseils de parents de l’Isère (FCPE).

 

Considérer la période de confi­ne­ment comme une simple paren­thèse ? Ce n’est pas le point de vue de Jean-Pierre Lasserre. « On ne repar­tira pas de zéro », affirme le pro­vi­seur du lycée géné­ral tech­no­lo­gique et pro­fes­sion­nel Édouard Herriot à Voiron, syn­di­qué au Syndicat natio­nal des per­son­nels de direc­tion de l’Éducation natio­nale (SNPDEN).

 

Il faut dire que ses élèves ont plu­tôt bien accusé le coup du confi­ne­ment, avec un taux de décro­chage rela­ti­ve­ment faible. Ce qui est loin d’être le cas de tous les éta­blis­se­ments, que ce soit dans les col­lèges ou lycées. Une période tam­pon sera tou­te­fois néces­saire, admet le pro­vi­seur, « pour éva­luer ce qui aura été retenu ou pas ».

 

 

Le retour redouté des élèves « déscolarisés »

 

Pour les filières pro­fes­sion­nelles, les ate­liers et stages en entre­prises devraient reprendre, à condi­tion que soient levées toutes les inter­ro­ga­tions qui planent au-des­sus de leur mise en place.

 

Le retour en classe "facultatif" : une usine à gaz. Lycée professionnel Guynemer à Grenoble

Lycée pro­fes­sion­nel Guynemer à Grenoble

« Ces ate­liers et les stages sont de véri­tables sou­papes, recon­naît ce pro­vi­seur d’un lycée de l’agglomération gre­no­bloise. Et c’est le moyen pour ces élèves d’apprendre vrai­ment leur métier », rap­pelle-t-il.

 

Mais, dans la pra­tique, il s’attend à de l’absentéisme accru par la période du rama­dan. « Les élèves désco­la­ri­sés se sont désha­bi­tués des contraintes sco­laires et ont par­fois mal vécu leur confi­ne­ment ». Le pro­vi­seur redoute même « une explo­sion des vio­lences dans les lycées ».

 

 

L’assiduité et la motivation scrutées… mais avec quelle loupe ?

 

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Commentaires 2
  1. Mais assez sou­vent, dans le cas de fra­tries, à plu­sieurs sur un seul écran.

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