Confinement des plus précaires : le Dal 38 met la pression sur les collectivités

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FOCUS — Les publics fragiles de Fontaine sont-ils particulièrement affectés par le confinement ? C’est ce que dénoncent le Dal 38 et RESF dans un communiqué. Droit au logement revient notamment sur la question des logements sociaux. Et relaie l’appel au « loyer suspendu » lancé au niveau national pour soutenir l’idée d’un moratoire sur les loyers pour les locataires en difficultés.

 

 

Droit au loge­ment sur tous les fronts avec la crise sani­taire du coro­na­vi­rus ? En Isère, le col­lec­tif Dal 38 de défense des mal-logés et des sans-domi­cile mul­ti­plie les inter­pel­la­tions envers les pou­voirs publics : État, Département de l’Isère, Ville de Grenoble… Et ceci depuis le début du confi­ne­ment. Son objec­tif : tirer la son­nette d’a­larme sur les condi­tions de vie des plus pré­caires, à l’heure où cha­cun est prié de res­ter chez soi.

 

Confinement et précarité : le Dal 38 met la pression.Le maire de Fontaine Jean-Paul Trovero. © Raphaëlle Denis - Place Gre'net

Le maire de Fontaine Jean-Paul Trovero. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

 

Cette fois, c’est la mai­rie com­mu­niste de Fontaine qui est poin­tée du doigt. Dans un com­mu­ni­qué daté du 19 avril et co-signé par RESF, le Dal 38 juge ainsi les mesures prises par la muni­ci­pa­lité « encore lar­ge­ment insuf­fi­santes pour faire face à la situa­tion de détresse dans laquelle se trouvent de nom­breuses per­sonnes ».

 

 

Des inégalités scolaires criantes à Fontaine ?

 

Pour le Dal 38 et RESF, le confi­ne­ment met à jour des inéga­li­tés sco­laires criantes. Des exemples ? « Parents pani­qués à l’idée de ne pas pou­voir accom­pa­gner tou.te.s leurs enfants de niveaux sco­laires dif­fé­rents, familles qui culpa­bi­lisent de ne pas dis­po­ser d’outils infor­ma­tiques indis­pen­sables mais qui n’osent pas le signa­ler, élèves et parents desemparé.e.s suite au prêt d’une tablette qu’il ne par­viennent à pas uti­li­ser, qu’ils ne peuvent pas connec­ter »…

 

Campagne d'affichage de la Ville de Fontaine © Fontaine

Campagne d’af­fi­chage de la Ville de Fontaine © Fontaine

Face à cette situa­tion, le com­mu­ni­qué demande un sou­tien des « ins­ti­tu­tions locales » aux diverses ini­tia­tives citoyennes mises en place par des Fontainois, comme des ses­sions d’aides aux devoirs ou de sou­tien sco­laire. Autre attente : que la sor­tie du décon­fi­ne­ment « soit d’ores et déjà pré­pa­rée pour ne pas enté­ri­ner les injus­tices sco­laires aggra­vées par la période de carence sco­laire ».

 

D’autres reven­di­ca­tions dépassent de loin le champ de com­pé­tence des col­lec­ti­vi­tés locales. Les col­lec­tifs appellent les ensei­gnants à « ne pas intro­duire de nou­velles notions, ne pas éva­luer, valo­ri­ser les ouver­tures cultu­relles, les res­sources ludiques et acti­vi­tés péda­go­giques com­plé­men­taires ».

 

Enfin, le com­mu­ni­qué exige que « les dis­cours lais­sant croire que la conti­nuité péda­go­gique est opé­rante soient arrê­tés ». Au motif que « les classes à dis­tance ne rem­pla­ce­ront jamais le tra­vail d’ac­com­pa­gne­ment des élèves […] dans les classes ». Un mes­sage des­tiné au minis­tère de l’Éducation natio­nale ?

 

 

Un appel du Dal 38 à suspendre son loyer

 

Droit au loge­ment s’in­quiète en outre de la situa­tion finan­cière des loca­taires. « Alors que la mai­rie a très vite pris des mesures d’exonération des loyers com­mer­ciaux, rien n’est fait pour les loca­taires des classes popu­laires qui sont pour­tant les pre­miers à souf­frir du confi­ne­ment dans des loge­ments exi­gus », écrit l’as­so­cia­tion. Ses exi­gences ? La sus­pen­sion des loyers autant que des sanc­tions pour les « loca­taires en dif­fi­culté ».

 

Confinement et précarité : le Dal 38 met la pression.Zéro salaire = zéro loyer ? C'est l'équation que veut imposer le Dal © Droit au logement

Zéro salaire = zéro loyer ? C’est l’é­qua­tion que veut impo­ser le Dal. © Droit au loge­ment

 

Une reven­di­ca­tion qui rejoint la ligne natio­nale du Dal. Le col­lec­tif isé­rois relaie ainsi l’ap­pel au « loyer sus­pendu », par soli­da­rité avec les loca­taires en dif­fi­culté et pour l’ob­ten­tion d’un mora­toire sur leurs loyers. Plusieurs mili­tants gre­no­blois figurent parmi les signa­taires, aux côtés de Jean-Luc Mélenchon ou Philippe Poutou. Ou de plu­sieurs per­son­na­li­tés EELV… mais pas Éric Piolle, maire de Grenoble et pré­sident d’Actis.

 

Interpellée sur la ques­tion par l’élu d’op­po­si­tion Guy Tuscher lors du conseil muni­ci­pal du 20 avril, la Ville de Grenoble a rap­pelé s’être tour­née vers l’État. Pour deman­der notam­ment une aug­men­ta­tion du FSL, un mora­toire sur les conten­tieux et les expul­sions, ou la mise en place d’une cel­lule de suivi. Éric Piolle avait tou­te­fois déjà exclu l’i­dée d’un mora­toire sur les loyers, pré­fé­rant s’en remettre au dis­po­si­tif d’ac­com­pa­gne­ment des impayés.

 

Florent Mathieu

 

 

LES JEUNES MAJEURS REVIENNENT DANS LE DÉBAT

 

La ques­tion des jeunes majeurs étran­gers de Grenoble à la rue mobi­lise tou­jours les asso­cia­tions et col­lec­tifs. Dans une lettre ouverte adres­sée à Jean-Pierre Barbier, une ving­taine de struc­tures appellent, encore une fois, le Département de l’Isère à relo­ger les per­sonnes, sor­ties depuis peu des dis­po­si­tifs de l’aide sociale à l’en­fance (ASE). Parmi les signa­taires, le Dal 38, le Secours catho­lique, Médecins du monde ou encore RESF.

 

Manifestation des jeunes majeurs étrangers à Grenoble le 11 septembre 2019 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Manifestation des jeunes majeurs étran­gers à Grenoble le 11 sep­tembre 2019. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Pourquoi reve­nir vers le Conseil dépar­te­men­tal, après de nom­breuses mani­fes­ta­tions ? Parce que la loi d’ur­gence adop­tée le 23 mars 2020 indique : « Il ne peut être mis fin […] à la prise en charge par le conseil dépar­te­men­tal, au titre de l’aide sociale à l’en­fance, des majeurs ou mineurs éman­ci­pés pré­cé­dem­ment pris en charge. »

 

Une dis­po­si­tion qui concerne des jeunes majeurs sor­tis de l’ASE depuis plu­sieurs mois ? Oui, consi­dèrent les asso­cia­tions. « Nous deman­dons leur réad­mis­sion […] dans le cadre d’un nou­vel APJM, qui offre un accom­pa­gne­ment glo­bal (finan­cier, loge­ment, sani­taire, sco­laire, social, édu­ca­tif…) et adapté à leurs besoins indi­vi­duels », écrivent-elles. Sans réponse, jus­qu’ici, de la part du conseil dépar­te­men­tal.

 

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