Écartée des débats organisés par France 3 et TéléGrenoble, La commune est à nous ! saisit le CSA

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EN BREF – Écartée des débats de France 3 et de TéléGrenoble, la liste La commune est à nous ! saisit le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Et dénonce, sur fond de règles d’équité qui font la part belle aux “gros” candidats, des médias qui se substituent aux électeurs en opérant une sélection préalable au scrutin.

 

 

Au débat du 5 mars

Bruno de Lescure aux côtés de Mireille d’Ornano lors du débat orga­nisé par Place Gre’net : des can­di­dats écar­tés des pla­teaux télé © Laure Gicquel

Candidate aux élec­tions muni­ci­pales à Grenoble, La com­mune est à nous ! a saisi le Conseil supé­rieur de l’au­dio­vi­suel (CSA). La liste emme­née par Bruno de Lescure dénonce sa mise à l’é­cart des pla­teaux de télé­vi­sion de TéléGrenoble et de France 3 et ces 10 et 11 mars.

 

À quatre jours du pre­mier tour de scru­tin, seuls les quatre “gros” can­di­dats, à savoir Éric Piolle, Alain Carignon, Émilie Chalas et Olivier Noblecourt, peuvent une der­nière fois débattre de leurs pro­grammes res­pec­tifs. Une déci­sion qui fait bon­dir la liste, qui se pré­sente comme radi­cale et sur­tout de rup­ture avec le maire sor­tant. Elle n’est pas la seule à ne pas avoir reçu d’in­vi­ta­tion. Catherine Brun (Lutte ouvrière) et Mireille d’Ornano à l’autre extrême (droite) de l’é­chi­quier poli­tique, n’ont pas plus été conviées.

 

 

« Ce sont les règles d’équité du CSA qui nous l’imposent, on ne peut pas faire autrement »

 

« Quand nous avons inter­rogé France 3 et TéléGrenoble sur les rai­sons de cette exclu­sion, nous avons suc­ces­si­ve­ment eu droit à : « Ce sont les règles d’é­quité du CSA qui nous l’imposent, on ne peut pas faire autre­ment. Si nous ne les res­pec­tons pas, nous allons nous prendre des amendes » ; « Ce débat est prévu depuis trois semaines et on a appris votre exis­tence par la pré­fec­ture il y a seule­ment une semaine » ;  » On va quand même pas faire un débat où vous allez avoir un temps de paroles quatre fois moins impor­tant que celui de Piolle » ; « En une heure, plus de quatre can­di­dats, ce n’est pas pos­sible » ; « Notre stu­dio ne le per­met pas »… pour finir sur quelque chose de beau­coup plus franc : « C’est notre choix édi­to­rial, un débat à plus de quatre, c’est com­pli­qué. »

 

Dessin de presse de Cled'12 réalisé lors du débat Place Gre'net des municipales de Grenoble le 5 mars 2020. © Cled'12 - tous droits réservés

Dessin de presse de Cled’12 réa­lisé lors du débat Place Gre’net des muni­ci­pales de Grenoble le 5 mars 2020, où les sept can­di­dats étaient invi­tés. © Cled’12 – tous droits réser­vés

 

Le prin­cipe d’é­quité ? Il est jus­te­ment édicté par le CSA dans son cha­pitre Protéger le plu­ra­lisme en poli­tique. Et il doit d’a­bord tenir compte de la repré­sen­ta­ti­vité du can­di­dat. Sur quoi se base cette repré­sen­ta­ti­vité ? Notamment sur les résul­tats aux pré­cé­dentes élec­tions. Une prime au(x) sortant(s), donc.

 

 

Une représentativité également fondée sur… la participation à des débats

 

La boucle est-elle bou­clée pour les nou­veaux venus sur la scène élec­to­rale ? Car la repré­sen­ta­ti­vité se fonde aussi sur l’im­pli­ca­tion effec­tive du can­di­dat pen­dant la cam­pagne. Comprendre l’or­ga­ni­sa­tion de réunions publiques – sachant que toutes les listes n’ont pas les mêmes moyens finan­ciers – et… la par­ti­ci­pa­tion à des débats.

 

Marion Bottard (2ème de liste) lors de présentation du programme de La commune est à nous !, mardi 3 mars 2020 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Marion Bottard (2e de liste) lors de pré­sen­ta­tion du pro­gramme de La com­mune est à nous !, 3 mars 2020 © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« Au XIXe siècle, on pra­ti­quait le suf­frage cen­si­taire pour que seuls les riches hommes puissent voter. Au XXIe, on laisse à deux ou trois res­pon­sables de rédac­tion le droit de déci­der qui peut débattre ou pas, quel can­di­dat peut exis­ter ou pas et, fina­le­ment, qui peut être élu ou pas », constate, amère, La com­mune est à nous !

 

« Au nom de quoi ? D’un choix édi­to­rial, dans des orga­nismes ayant mis­sion de ser­vice public. La bonne blague ! Les rédac­tions n’ont pas à se sub­sti­tuer aux élec­teurs en fil­trant préa­la­ble­ment les can­di­dats auprès de ces mêmes élec­teurs. »

 

Ce n’est pas la pre­mière fois que la liste est lais­sée à l’é­cart des “gros” médias, notam­ment audio­vi­suels. Paie-t-elle le prix d’une entrée en cam­pagne rela­ti­ve­ment tar­dive, à la mi-jan­vier ? En un mois, la liste dit n’a­voir reçu aucune invi­ta­tion pla­teau, mais éga­le­ment fait l’ob­jet d’au­cun repor­tage, si ce n’est celui de la pré­sen­ta­tion de la liste sur France 3.

 

« Par consé­quent, notre pré­sence au débat ne serait qu’un juste rééqui­li­brage des temps de parole et un res­pect de la dite “équité” dont on peut rap­pe­ler qu’elle ne doit pas être fon­dée sur les son­dages », sou­ligne La com­mune est à nous !

 

Patricia Cerinsek

 

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