Le graffeur Snek expose ses œuvres à Grenoble sur le monde qui se dégrade

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EN BREF – Snek, le célèbre artiste de street art grenoblois, expose ses œuvres dans la boutique de vélos Dead is Hype. Curieux et afficionados ont jusqu’au 29 mai 2020 pour les découvrir et peut-être craquer pour l’une d’entre elles.

 

 

Si vous ne connais­sez pas son nom, vous connais­sez sans doute l’une de ses œuvres emblé­ma­tiques : L’Arme de paix. Snek a peint ce visage de femme afri­caine pleu­rant sur son conti­nent à proxi­mité de la caserne de Bonne lors de l’édition 2016 du Street Art Festival. Un mes­sage fort.

 

L'arme de paix, réalisée par Snek à l'occasion du Grenoble Art Fest 2016. Elle est située près de la caserne de Bonne. © Snek

L’arme de paix, réa­li­sée par Snek à l’oc­ca­sion du Grenoble Art Fest 2016. Elle est située près de la caserne de Bonne. © Snek

 

Son fil conducteur : le monde qui se dégrade

 

Et un enga­ge­ment que l’on retrouve en fili­grane dans son tra­vail. « Cette fois-ci, mon fil conduc­teur était axé sur le monde qui se dégrade », confie l’artiste. On le voit autant sur cer­tains tableaux, dans la confron­ta­tion entre la dou­ceur des cou­leurs et les crânes, que dans les cal­li­gra­phies de sca­ra­bées.

 

Les calligraphies de Snek interpellent sur le danger pour certaines espèces auxquelles ont ne pense pas forcément : les insectes. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Les cal­li­gra­phies de Snek inter­pellent sur le dan­ger pour les insectes. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

Toutes revêtent la même mor­pho­lo­gie. Moitié or, sym­bole d’un tré­sor à pro­té­ger, moi­tié encre vapo­reuse et éva­nes­cente, miroir d’une bio­di­ver­sité qui se désa­grège sous nos yeux.

 

Cette sculpture nommée "human self destruction" rappelle que l'on ne met pas seulement en danger la nature, mais aussi notre propre survie. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Cette sculp­ture Human self des­truc­tion rap­pelle que l’Homme met en dan­ger la nature mais aussi sa propre sur­vie. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

Ces cal­li­gra­phies inter­pellent à la fois par leur beauté, leur pré­ci­sion et la sen­sa­tion de fra­gi­lité qui s’en dégage.

 

L’artiste pro­pose aussi à la vente quelques sculp­tures, là encore tour­nées vers la des­truc­tion de la nature par l’espèce humaine.

 

« Je me suis aussi diver­si­fié avec le Dark Vador », sou­ligne le graf­feur.

 

L’œuvre, réa­li­sée en col­la­bo­ra­tion avec un arti­san, est une super­po­si­tion de couches de verre peintes et gra­vées. Ce qui lui donne une sen­sa­tion de pro­fon­deur. Elle a été fabri­quée grâce à une machine à com­mande numé­rique.

 

Le "Dark Vador" de Snek est une superposition de plaques de verres peintes et gravées. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Le « Dark Vador » de Snek est une super­po­si­tion de plaques de verres peintes et gra­vées. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

« Après mon expo­si­tion au MadaM en 2018, il me res­tait des toiles. Alors j’ai fait quelques cal­li­gra­phies pour com­plé­ter », explique Snek. Ses amis du salon de tatouage gre­no­blois Velvet Studio l’ont alors mis en rela­tion avec Dead is Hype Bicycles.

 

Snek allie légèreté et précision en mêlant or et encre dans ses calligraphies. © Anissa Duport-Levanti

Snek allie légè­reté et pré­ci­sion, en mêlant or et encre dans ses cal­li­gra­phies. © Anissa Duport-Levanti – placegrenet.fr

 

Snek sera mi-mars à Phœnix, ville jume­lée à Grenoble, pour un fes­ti­val de street art. Il expose ses œuvres dans la bou­tique de vélos Dead is Hype, près de la place Victor-Hugo, jus­qu’au 29 mai 2020.

 

Anissa Duport-Levanti 

 

 

SNEK ET ÉTIEN’, DUO DE CHOC ARTISTIQUE

 

Snek vit du graff depuis 2016 mais des­sine depuis son plus jeune âge. Avec son asso­cié Étien’, ils ont créé l’entreprise Mural Studio afin d’accéder à de plus gros contrats. « C’est un gage de sérieux pour les grands groupes », assure Snek. « Grâce à cela, on a par exemple pu obte­nir une fresque sur le bar­rage EDF de Romanche-Gavet. »

 

La fresque réalisée par Mural Studio pour le barrage EDF de Romanche-Gavet. © Aérodrone Alpes

La fresque réa­li­sée par Mural Studio pour le bar­rage EDF de Romanche-Gavet. © Aérodrone Alpes

 

Ils inter­viennent éga­le­ment dans des réa­li­sa­tions pour le dépar­te­ment de l’Isère ou pour des par­ti­cu­liers. Et le duo mène même des pro­jets édu­ca­tifs. « On fait des ate­liers créa­tifs dans les col­lèges. Les enfants créent des des­sins avec nous, qu’on va ensuite peindre dans la ville. Et ils peuvent aussi les des­si­ner eux-mêmes dans leur école », s’enthousiasme l’artiste.

 

 

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