« L’enfer, c’est l’époque » : le Parti Popolitique jette l’éponge aux municipales de Grenoble

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FIL INFO – Le Parti Popolitique n’ira pas jusqu’au bout. À quelques heures de la date limite de dépôt des candidatures, le mouvement en lice pour les élections municipales de Grenoble annonce renoncer à se présenter. Et ne portera donc plus, du moins dans le cadre de la campagne, son projet d’affecter les policiers municipaux aux espaces verts ou de réintroduire les cabines téléphoniques en ville.

 

 

« Secouer l’inébranlable, c’était créer une brèche, un pour­quoi pas, un acci­dent pri­mor­dial dans nos ima­gi­naires mori­bonds. » Dans un ultime mes­sage de cam­pagne au ton volon­tai­re­ment empesé, le Parti Popolitique annonce jeter l’é(pon)ponge et renon­cer à concou­rir aux muni­ci­pales de Grenoble. Et ceci quelques heures avant la date limite de dépôt des listes en pré­fec­ture, fixée le jeudi 27 février à 18 heures.

 

 

Avec pour slo­gan de cam­pagne « La blague, c’est les autres », le Parti Popolitique et sa can­di­date Lisa Poget pro­po­sait de réin­tro­duire les cabines télé­pho­niques sur l’es­pace urbain, de faire de la ville un espace bas-débit, ou encore d’af­fec­ter les poli­ciers muni­ci­paux aux espaces verts. Malgré le carac­tère volon­taire des inter­ven­tions du parti, celui-ci n’é­tait cré­dité que de 0,5 % des inten­tions de vote dans un récent son­dage du Dauphiné libéré.

 

 

Popo invite les autres candidats à se retirer également

 

Pourquoi renon­cer ? « Réunir les signa­tures était tout à fait jouable. Mais le sens même de notre pos­ture res­tait-il cré­dible, au moment de l’o­bli­ga­toire ren­contre avec un ban­quier ? », expliquent les ex-can­di­dats. Quand bien même le compte serait resté « volon­tai­re­ment vide », le Parti s’ac­cor­dant 50 euros en tout et pour tout pour mener son che­min jus­qu’aux urnes. Un bud­get bien insuf­fi­sant pour finan­cer jus­qu’à l’im­pres­sion des bul­le­tins de vote.

 

Quand le Parti Popolitique proposait d'installer des « saxophonistes hirsutes » le long de l'A480 comme mur anti-bruit pour les habitants du quartier Berriat-Saint-Bruno. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Quand le Parti Popolitique pro­po­sait d’ins­tal­ler des « saxo­pho­nistes hir­sutes » le long de l’A480 comme mur anti-bruit pour les habi­tants du quar­tier Berriat-Saint-Bruno. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Mais sur­tout, explique le Parti Popolitique, l’ob­jec­tif n’é­tait pas de gagner. « Notre unique ambi­tion était de faire venir un nou­veau lexique dans le spec­tacle élec­to­ral et ten­ter, mal­gré tout, d’ex­cen­trer un peu les débats miel­leux de la soupe qu’on nous sert ». Pari réussi, si l’on en juge par le suc­cès ren­con­tré, par exemple, lors de la réunion publique de l’u­nion de quar­tier Saint-Bruno. Où les inter­ven­tions de Popo ont recueilli les applau­dis­se­ments nour­ris du public.

 

Si la « lettre de rup­ture » n’est pas sans regret (« Qu’il aurait été amu­sant de jouer le jeu jusqu’aux der­nières heures ! »), elle veut aussi assu­mer le pied-de-nez jus­qu’au bout. Ainsi, le Parti Popolitique invite tous les can­di­dats à l’i­mi­ter et à reti­rer leur can­di­da­ture, « afin d’an­nu­ler ces élec­tions gro­tesques une bonne fois pour toutes ». Et de conclure, une fois encore, en détour­nant Sartre et son Huis-Clos : « L’enfer, c’est l’é­poque ».

 

Florent Mathieu

 

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Commentaires 2
  1. en fait ils sem­blaient biens 😀
    perdu pour perdu autant rigo­ler.

    Je pense qu’ils auraient eus ma voix

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  2. Du niveau de Ferdinand Lop (années 50/60) puis d’Aguigi Mouna (60÷70).
    Mais il est bien connu que les « jeunes » d’au­jourd’­hui n’ont aucune culture.
    Bref, une pochade potache, loin­taine héri­tière de Jarry, des sur­réa­listes et des situs.
    Une resu­cée d’é­tu­diants en lettres qui n’ont pas ter­miné leur licence à 30 ans.
    Un truc pas rigolo du tout au fond et dont il n’est guère éton­nant qu’il ait recueilli son petit suc­cès auprès du minus­cule micro­cosme des membres de l’Union de Quartier Berriat, dont le pré­sident est à la tête d’une liste qui en est res­tée à 1848 – 1871 (« La Commune est à nous »…).
    Et pen­dant ce temps-là ledit quar­tier est dégueu­lassé par les tags, graffs et graf­fi­tis mais l’Union de Quartier trouve ça très bien.

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