Réforme des retraites : les syndicats restent mobilisés malgré l’examen du texte à l’Assemblée

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EN BREF – Les opposants à la retraite à points maintiennent la pression. Ils étaient ainsi environ 3 500 selon la CGT à défiler dans Grenoble, à l’appel des organisations syndicales professionnelles, étudiantes et lycéennes pour montrer leur désaccord face à la réforme des retraites. Réforme dont l’examen a pourtant commencé lundi 3 février à l’Assemblée nationale.

 

 

Une pos­ture dog­ma­tique du gou­ver­ne­ment, c’est le sen­ti­ment qui pré­vaut dans les rues de Grenoble, ce 6 février. De l’Unsa à FO, tous les repré­sen­tants syn­di­caux tiennent le même dis­cours. Ils ont l’impression que la majo­rité reste tota­le­ment fer­mée au débat avec les par­te­naires sociaux sur cette réforme. Ce qui semble inédit.

 

Joseph Muzzolu (à gauche) et Patrick Maurey (à droite) de l'UNSA restent mobilisés face à la réforme et appellent les députés à faire respecter les engagements du gouvernement. © Anissa Diport-Levanti - Place Gre'net

Joseph Muzzolu (à gauche) et Patrick Maurey (à droite) de l’Unsa res­tent mobi­li­sés et appellent les dépu­tés à faire res­pec­ter les enga­ge­ments du gou­ver­ne­ment. © Anissa Diport-Levanti – Place Gre’net

 

« On a tou­jours dis­cuté avec tous les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs lorsque nous n’étions pas d’accord. Mais, pour la pre­mière fois, on se retrouve face à un gou­ver­ne­ment qui ne dis­cute pas », déplore Patrick Maurey, secré­taire dépar­te­men­tal de l’Unsa en Isère.

 

 

L’Unsa à la table des négociations

 

Le syn­di­cat réfor­miste s’assiéra tout de même à la table des négo­cia­tions la semaine du 17 février. Les par­te­naires sociaux y pré­sen­te­ront un plan d’équilibre pour la réforme. Le but : trou­ver com­ment éco­no­mi­ser 60 mil­liards d’euros sur cinq ans.

 

Si les syndicats réformistes croient encore aux négociations sur la réforme, la CGT métallurgie défile elle avec fourches et bonnets phrygiens. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Si les syn­di­cats réfor­mistes croient encore aux négo­cia­tions, la CGT métal­lur­gie défile, elle, avec fourches et bon­nets phry­giens. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

« On est à la fois dans la négo­cia­tion et la mobi­li­sa­tion, au cas où le texte passe mal­gré tout », explique Patrick Maurey.

 

« On appelle notam­ment les dépu­tés à faire res­pec­ter les enga­ge­ments du gou­ver­ne­ment sur la reva­lo­ri­sa­tion du sta­tut des pro­fes­seurs, qui pour­raient perdre plu­sieurs cen­taines d’eu­ros sur leur retraite men­suelle. »

 

 

La CGT mobilisée jusqu’au retrait de la réforme

 

Une réflexion qui n’est pas par­ta­gée par tous les syn­di­cats. « On ira le 17 février pour pré­sen­ter notre plan de finan­ce­ment d’une réforme par répar­ti­tion. On ne par­ti­ci­pera pas aux négo­cia­tions autour d’une réforme par points dont nous vou­lons le retrait », mar­tèle Élisa Balestrieri de la CGT Isère. « D’autant que le gou­ver­ne­ment se sert de cela pour détour­ner le fond du débat. Il y a encore un grand manque d’informations sur le détail du pro­jet actuel », ajoute-t-elle.

 

Virginie Velazquez (à gauche) et Corine Pichelin (à droite) font leurs premiers pas à Force Ouvrière et comptent bien rester mobilisées face à la réforme. © Anissa Duport-Levanti - Place Gre'net

Virginie Velazquez (à gauche) et Corine Pichelin (à droite) font leurs pre­miers pas à Force ouvrière et comptent bien res­ter mobi­li­sées face à la réforme. © Anissa Duport-Levanti – Place Gre’net

 

Preuve en est, Corine Pichelin et Virginie Velazquez sont toutes deux novices dans la lutte syn­di­cale. C’est leur pre­mière mani­fes­ta­tion. « On vient d’entrer à Force ouvrière et, jusque-là, tout était très flou. Mais aujourd’hui est là car on a enfin com­pris à quel point cette réforme va nous nuire », explique Virginie. « Et aussi, on veut se battre pour nos droits en tant que femmes car leur pro­jet va encore creu­ser les inéga­li­tés », com­plète Corine. Pour elles comme pour FO, c’est le retrait ou rien.

 

 

Blocage à l’Assemblée

 

Pour l’heure, l’examen du pro­jet de loi à l’Assemblée s’annonce long et com­pli­qué pour les dépu­tés. La France insou­mise, réso­lue à blo­quer le texte autant que les syn­di­cats bloquent la rue, a déposé pas moins de 19 000 amen­de­ments.

 

L’intersyndicale se réunira ce jeudi 6 février dans la soi­rée au niveau natio­nal pour déci­der des suites à don­ner au mou­ve­ment. Une assem­blée géné­rale aura éga­le­ment lieu ven­dredi midi à Grenoble.

 

Anissa Duport-Levanti

 

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