Réforme des retraites : deux manifestations à Grenoble dont une aux flambeaux

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REPORTAGE VIDÉO – Ce jeudi 16 janvier, deux manifestations ont ponctué à Grenoble une nouvelle journée de grève et de contestation contre la réforme des retraites. Juste après la classique déambulation du début d’après-midi, l’intersyndicale conviait ainsi les protestataires à une marche aux flambeaux pour « dire non » au projet gouvernemental. Et porter un coup de projecteur sur les retraites des femmes que la réforme risque de pénaliser, selon l’intersyndicale.

 

 

L'intersyndicale avait invité « toutes les femmes et les minoré.es de genre à rejoindre la marche aux flambeaux en tête de manifestation ». © Joël Kermabon - Place Gre'net

L’intersyndicale avait invité les femmes à rejoindre la marche aux flam­beaux en tête de mani­fes­ta­tion. © Joël Kermabon – Place Gre’net

La mobi­li­sa­tion contre la réforme des retraites, bien qu’en sen­sible baisse, a donné lieu à deux mani­fes­ta­tions ce jeudi 16 jan­vier à Grenoble. L’une, “clas­sique” au départ de la gare en début d’a­près-midi, une autre plus ori­gi­nale pro­po­sant aux mani­fes­tants de mar­cher aux flam­beaux à la nuit tom­bée.

 

Une pre­mière à Grenoble depuis le début de la contes­ta­tion, le 5 décembre der­nier. « Le retrait n’est tou­jours pas d’ac­tua­lité… À défaut d’une retraite vers le haut, mar­chons et grè­vons aux flam­beaux ! Maintenons la pres­sion ! », invi­tait sur un ton com­ba­tif l’in­ter­syn­di­cale.

 

 

« En allongeant l’âge de départ, c’est encore les femmes qui vont en pâtir »

 

Dès la pre­mière mani­fes­ta­tion, beau­coup de mes­sages relayés par la sono ont porté sur les retraites des femmes, jugées grandes per­dantes de la retraite à points. « La réforme Delevoye va aggra­ver les inéga­li­tés entre les femmes et les hommes en sup­pri­mant un cer­tain nombre d’ac­quis », affir­mait ainsi Alice, sala­riée à STMicroelectronics et mili­tante CGT.

 

« En allon­geant l’âge de départ, c’est encore les femmes qui vont en pâtir. D’autant qu’on sait qu’elles partent déjà un an plus tard que les hommes », pour­suit la jeune femme. La solu­tion, selon elle ? « La pre­mière chose qu’il faut cor­ri­ger, ce sont les inéga­li­tés de salaires qui expliquent ces dis­pa­ri­tés. »

 

Des représentants CGT du CEA avaient décidé de ressortir leur banderole (un peu transparente). © Joël Kermabon - Place Gre'net

Des repré­sen­tants CGT du CEA avaient décidé de res­sor­tir leur ban­de­role (un peu trans­pa­rente). © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Autre ren­contre au fil de la déam­bu­la­tion que celle d’un groupe de mani­fes­tants du Commissariat à l’éner­gie ato­mique (CEA) de Grenoble. « Nous avons sorti la ban­de­role car nous avons décidé d’être un peu plus visibles », explique Christophe Ratin, secré­taire CGT.

 

« Au CEA, les sala­riés sont mobi­li­sés depuis presque un an. Le point, base de nos salaires, est gelé depuis six ans et les salaires d’embauche sont faibles. Quant aux aug­men­ta­tions indi­vi­duelles, elles ont perdu 25 % en trente ans », s’in­digne-t-il. « Tout cela s’ins­crit com­plè­te­ment dans cette bataille pour les retraites. Une aug­men­ta­tion des salaires, c’est autant de coti­sa­tions en plus pour ali­men­ter nos caisses de retraite. »

 

 

Une marche aux flambeaux revendicative aux allures de fête

 

La seconde mani­fes­ta­tion a, elle aussi, porté un coup de pro­jec­teur sur les retraites des femmes, aujourd’­hui 42 % infé­rieures à celle des hommes. « Une inéga­lité que la réforme va aggra­ver », alertent d’une seule voix les syn­di­cats. Ceux-ci avaient invité « toutes les femmes et les minoré.es de genre à rejoindre la marche aux flam­beaux en tête de mani­fes­ta­tion ». Une manière, explique l’in­ter­syn­di­cale, « de dénon­cer la vio­lence de la réforme Macron et toutes les vio­lences – ins­ti­tu­tion­nelles ou pas – faites aux femmes ».

 

 

Bien que les slo­gans n’aient pas été tendres envers le gou­ver­ne­ment et sa réforme, les deux mani­fes­ta­tions se sont dérou­lées dans le calme. Un effet de la magie du feu ? La marche aux flam­beaux qui a réuni près de 4 000 per­sonnes selon la CGT (1 600 selon la pré­fec­ture) tenait même plus d’une fête popu­laire que d’une action reven­di­ca­tive. À déplo­rer tou­te­fois, quelques inci­dents sur­ve­nus cours Berriat après sa dis­per­sion, obli­geant la police à faire usage de gaz lacry­mo­gènes pour mettre fin aux troubles.

 

Prochaines étapes ? L’intersyndicale pré­voit encore des actions toute la semaine pro­chaine. Avec une date phare, celle du ven­dredi 24 jan­vier, jour du pro­chain conseil des ministres. L’occasion de lan­cer un nou­vel appel à la grève et à une autre mani­fes­ta­tion inter­pro­fes­sion­nelle.

 

Joël Kermabon

 

Pays Voironnais, un jour, une activité
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Commentaires 2
  1. Ping : Réforme des retraites : les manifestants gardent espoir | Persons News

  2. Les nazis, eux aussi aimaient beau­coup les « marches aux flam­beaux »

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