Audience stérile pour les parents d’élèves et profs du collège Jules-Vallès

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EN BREF – Une délégation du collège Jules-Vallès de Fontaine a rencontré les services de l’Éducation nationale, ce mercredi 15 janvier. Enseignants et parents d’élèves déplorent le manque de moyens, suite à la sortie du réseau prioritaire en 2015, mais aucun engagement n’a été pris à ce jour.

 

 

Les enseignants du collège Jules-Vallès étaient bien accompagnés, ce mercredi 15 janvier. La délégation a été reçue en audience par la direction académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), alors que retentissait le tintamarre de la manifestation d’enseignants dans la cour de la cité administrative.

 

La délégation a été reçue à la cité administrative Dode, pendant qu'une manifestation d'enseignants se déroulait dans la cour. © Raphaëlle Denis - Place Gre'net

La délégation a été reçue à la cité administrative Dode, pendant qu’une manifestation d’enseignants se déroulait dans la cour. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

 

La délégation, qui comptait deux parents d’élèves, deux enseignants et un élu fontainois, continue de dénoncer le manque de moyens alloués à leur établissement. À leur sortie du réseau d’éducation prioritaire (Rep) en 2015, le collège et les écoles du réseau s’étaient massivement mobilisés et avaient obtenu la signature d’une convention entre la Ville et l’Éducation nationale. Les mêmes avantages qu’en Rep devaient alors être maintenus. Or, la situation n’a fait que se dégrader depuis, selon les enseignants et parents d’élèves.

 

 

Deux audiences

 

Après une action menée le 11 décembre au collège Jules-Vallès, une audience avait été accordée le 7 janvier. Deux élus, dont l’adjoint à l’éducation de Fontaine Laurent Jadeau, et un parent d’élève avaient été reçus. Les deux audiences ont évoqué les différents problèmes sans vraiment y trouver de solution.

 

« Concernant le poste de coordinateur, l’adjointe à la Dasen qui nous a reçus a déclaré qu’il avait été supprimé il y a deux ans à la demande du principal, explique Xavier Lecoq, parent d’élève au collège Jules-Vallès. Cela ne résout pas la question puisque son poste était inscrit dans la convention. On a donc ici supprimé quelque chose de contractuel. »

 

Enseignants du collège Jules-Vallès de Fontaine en grève, en février 2019. © Anouk Dimitriou – placegrenet.fr

La délégation a également évoqué les récents refus de dérogation. « Cette année, dix enfants ont vu leur dérogation pour la section Cham [classes à horaires aménagés musique, ndlr] de notre collège être refusées, poursuit Xavier Lecoq, alors même qu’il s’agissait parfois de réunir des fratries ! Mais ça les aurait forcés à ouvrir une classe, alors on leur a dit non. »

 

« Dédoublons les classes aux Balmes ! »

 

Ont aussi été pointés du doigt le manque de moyens et d’heures ainsi que la surcharge des classes, sans qu’aucun engagement ne soit pris. « À l’école des Balmes, le dispositif “plus de maîtres que de classes” a été supprimé l’année dernière, rappelle Laurent Jadeau. À ce sujet, on nous répond que même dans les Rep, ce dispositif n’existe plus, et est remplacé par des dédoublements de classes. Mais alors, dédoublons les classes aux Balmes ! »

 

La direction des services départementaux de l’Éducation nationale n’a, de son côté, pas répondu à nos questions dans les délais de rédaction de cet article.

 

Une délégation du collège Jules Vallès a rencontré les services de l'Education nationale pour dénoncer les manques de moyens. Sans réelle avancée.

Le 11 décembre, les parents d’élèves étaient entrés dans le collège, en signe de protestation. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

 

Si les enseignants, élus et parents d’élèves mènent une bataille aussi acharnée, c’est que les écoles du réseau se trouvent dans un contexte social bien particulier. « C’est une zone sinistrée, rappelle Anne*, professeur au collège. À Fontaine, 60 % de la population est au chômage. Il y a quelques années, on avait un élève qui vivait dans sa voiture… Allez ensuite lui parler de ses résultats scolaires ! »

 

Mais, faute de moyens, impossible de lutter contre ces inégalités sociales. « On ne peut pas accompagner correctement ces enfants en difficulté, témoigne Marie, institutrice en maternelle. Et ça, ça crée de la souffrance chez tout le monde. »

 

Raphaëlle Denis

 

 

* Le prénom a été modifié.

 

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