Rassemblement en mémoire des attentats de janvier 2015 : Grenoble toujours (un peu) Charlie

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EN BREF – « Sommes-nous toujours Charlie ? », interrogeait le Collectif du 11 janvier qui organisait, ce samedi, des rassemblements dans toute la France. Cinq ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, le rassemblement grenoblois a réuni un peu moins d’une centaine de personnes qui ont réaffirmé leur attachement à la liberté d’expression et à la laïcité.

 

 

Cinq ans après les attentats de janvier 2015, « Toujours Charlie ? » © Joël Kermabon - Place Gre'net

Cinq ans après les atten­tats de jan­vier 2015, « tou­jours Charlie ? » © Joël Kermabon – Place Gre’net

Une grande ban­de­role « Toujours Charlie ! », dis­po­sée devant la fon­taine des Trois ordres de la place Notre-Dame inter­pel­lait les pas­sants, ce samedi 11 jan­vier à Grenoble. Autour du monu­ment, à peine une cen­taine de per­sonnes bat­taient de la semelle. Une faible mobi­li­sa­tion sans doute liée en par­tie à la mani­fes­ta­tion contre la réforme des retraites qui allait s’é­lan­cer depuis la gare exac­te­ment à la même heure.

 

Certaines per­sonnes bran­dis­saient des pan­cartes « Je suis Charlie » ou des exem­plaires du jour­nal dont l’é­quipe fut déci­mée le 7 jan­vier 2015. Toutes répon­daient à l’appel du col­lec­tif du 11 jan­vier ras­sem­blant des orga­ni­sa­tions laïques. Celui-ci les avaient invi­tées à se réunir, là, cinq ans après le ter­rible atten­tat contre la rédac­tion de Charlie Hebdo.

 

Les par­ti­ci­pants tenaient ainsi à réaf­fir­mer leur atta­che­ment incon­di­tion­nel « aux valeurs uni­ver­selles de la liberté d’expression, de pen­sée, de conscience et à la laï­cité ». Mais aussi à com­mé­mo­rer les autres vic­times des 7, 8 et 9 jan­vier 2015 pour rap­pe­ler qu’ils n’a­vaient pas oublié que « le ter­ro­risme isla­miste » avait alors dure­ment frappé la France

 

 

« Qui oserait faire aujourd’hui les mêmes caricatures ? »

 

« Les jour­na­listes de Charlie Hebdo ont été lâche­ment assas­si­nés. Aujourd’hui encore, [les sur­vi­vants ou jour­na­listes recru­tés depuis] ne peuvent faire un pas sans escorte poli­cière et ça c’est inad­mis­sible ! », s’in­digne Aurélien Py. Ce der­nier, réfé­rent local du Printemps répu­bli­cain et membre du col­lec­tif du 11 jan­vier, rap­pelle éga­le­ment que le 9 jan­vier 2015 des Français sont tom­bés « seule­ment parce qu’ils étaient juifs ».

 

Un peu moins d'une centaine de personnes, toujours Charlie, ont réitéré leur attachement à la liberté d'expression. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Un peu moins d’une cen­taine de per­sonnes ont réitéré leur atta­che­ment à la liberté d’ex­pres­sion. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

« Nous sommes là aujourd’­hui pour rap­pe­ler les valeurs de fra­ter­nité, d’é­ga­lité et de liberté. Nous refu­sons tout racisme et anti­sé­mi­tisme et lut­tons contre toutes les dis­cri­mi­na­tions, quelles qu’elles soient », déclare Aurélien Py. Lequel, poin­tant un très net recul de la liberté d’ex­pres­sion, inter­roge : « Qui ose­rait aujourd’­hui faire les mêmes cari­ca­tures ? »

 

« La liberté, c’est un effort quo­ti­dien des citoyens, des élus, des jour­na­listes pour dénon­cer les inten­tions de cen­su­rer. On doit le faire ! », estime quant à lui Jean-Charles Colas-Roy, député LREM de l’Isère. « Être là cinq ans après Charlie c’est impor­tant pour dire com­bien je suis atta­ché à ce droit des jour­na­listes de blas­phé­mer, de cari­ca­tu­rer. C’est ce qui fait la France. »

 

 

Une parole moins libre et une censure tous azimuts

 

Un peu en retrait de la petite foule, Jean-Pierre Andrevon, écri­vain de science-fic­tion gre­no­blois, écoute les prises de parole avec atten­tion. Et pour cause, au cours des années 70, ce der­nier, auteur de nom­breux articles et des­sins de presse, a col­la­boré à Charlie Hebdo.

 

Marie-José Salat et Laëtitia Rabih « toujours Charlie ». © Joël Kermabon - Place Gre'net

Marie-José Salat et Laëtitia Rabih « tou­jours Charlie ». © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Ce sont des dérives isla­mistes qui ont tué mes cama­rades. Tout ça va de pair avec une pudi­bon­de­rie mon­tante qui m’in­quiète beau­coup, moi qui suis athée, agnos­tique et laïque depuis tou­jours », explique-t-il.

 

L’écrivain dénonce, de sur­croît, une forme de res­ser­re­ment, une parole moins libre, une cen­sure tous azi­muts « qui viennent de la crainte de cho­quer ».

 

« Pour autant, pour­suit-il, à tra­vers dif­fé­rentes inter­ven­tions et mes des­sins, je conti­nue à mener le com­bat. » Toujours est-il que, pour beau­coup des per­sonnes pré­sentes, le seul sou­ve­nir ne suf­fit pas. Les liber­tés tou­jours mal­me­nées imposent de res­ter vigi­lants. Ce dont s’ex­plique Laëtitia Rabih, coor­di­na­trice du col­lec­tif Résistance uni­ver­selle, éga­le­ment élue de la Ville d’Échirolles.

 

 

Joël Kermabon

 

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