Le maire de Sassenage jugé pour prise illégale d’intérêts après l’attribution d’un logement d’urgence à sa fille

sep article



 

EN BREF – Le maire de Sassenage sera jugé, le 9 juin prochain, par le tribunal correctionnel de Grenoble pour prise illégale d’intérêts. Christian Coigné, également vice-président du Département de l’Isère en charge du logement, est accusé d’avoir favorisé sa fille dans l’attribution d’un logement communal d’urgence.

 

 

Logement d'urgence : le maire de Sassenage, accusé d'avoir favorisé sa fille dans l'attribution d'un logement, sera jugé le 9 juin 2020 pour prise illégale d'intérêts.

Christian Coigné © Nils Louna – placegrenet.fr

Le maire de Sassenage sera jugé le 9 juin pro­chain par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Grenoble pour prise illé­gale d’in­té­rêts dans l’af­faire de l’attri­bu­tion d’un héber­ge­ment d’ur­gence à sa fille. De 2014 à 2018, la fille de Christian Coigné a en effet béné­fi­cié d’un loge­ment com­mu­nal, sans pour autant être domi­ci­liée sur la com­mune.

 

Le maire de Sassenage, éga­le­ment vice-pré­sident en charge du loge­ment au Département de l’Isère, a‑t-il favo­risé sa fille ? C’est ce que dénoncent les élus d’op­po­si­tion d’Agir pour Sassenage à l’o­ri­gine d’une pre­mière plainte dépo­sée en 2015. L’affaire avait été une pre­mière fois clas­sée, avant d’être rou­verte par le par­quet de Grenoble en 2018.

 

À Sassenage, ces loge­ments sont d’an­ciens appar­te­ments d’instituteurs. Récupérés par la com­mune, finan­cés par le contri­buable sas­se­na­geois, ils sont attri­bués aux familles dans le besoin urgent. Sur quelle base ?

 

 

Des critères de sélection opaques

 

Les dos­siers de demande de loge­ment d’urgence tran­sitent, comme ceux des loge­ments sociaux, par le centre com­mu­nal d’action sociale, comme nous l’ex­pli­quions en 2017. C’est là que s’opère une pre­mière sélec­tion. Mais la déci­sion finale, elle, est prise par un comité très res­treint, réduit à la per­sonne du maire et de son adjointe au social et au loge­ment. Et dans une cer­taine dis­cré­tion.

 

Les logements d'urgence sont d'anciens logements d'instituteurs récupérés depuis par la ville. Mais contrairement aux logements sociaux, il n'y a pas de cadre réglementaire. Le maire de Sassenage, accusé d'avoir favorisé sa fille dans l'attribution d'un logement d'urgence, sera jugé le 9 juin 2020 pour prise illégale d'intérêts.

Les loge­ments com­mu­naux d’ur­gence sont d’an­ciens loge­ments d’ins­ti­tu­teurs récu­pé­rés depuis par la ville. Mais contrai­re­ment aux loge­ments sociaux, il n’y a pas de cadre régle­men­taire. © Albéric Marzullo

 

« Il s’agit de loge­ments qui servent aux rela­tions du maire !, dénon­çait en 2017 Florence Parvy, la pré­si­dente du groupe Agir pour Sassenage. C’est le prin­cipe de “on rend ser­vice, on rend rede­vable”. »

 

 

« Ces logements, on les a mis pour rendre service »

 

La famille de Christian Coigné n’est, semble-t-il, pas la seule à avoir béné­fi­cié de tels loge­ments. Des rela­tions proches du maire de Sassenage auraient éga­le­ment pro­fité d’un tel dis­po­si­tif. Ce que recon­nais­sait le pre­mier magis­trat, il y deux ans, tout en se défen­dant d’en attendre un quel­conque retour.

 

« Ces loge­ments, on les a mis pour rendre ser­vice, admet­tait Christian Coigné. On ne touche aucune aide de l’État, tout est à la charge de la com­mune. Certains en ont béné­fi­cié en rai­son du retard, par notre faute, dans l’instruction de leur per­mis de construire. On a voulu répa­rer… »

 

Patricia Cerinsek

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
commentez lire les commentaires
6398 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.