La société iséroise Cirophane parie sur le film alimentaire écologique en cire d’abeille

sep article

La culture nous rassemble : 2020 année de la culture en Isère

 

FOCUS – Une entreprise iséroise veut en finir avec les films alimentaires en plastique. Son crédo : troquer la cellophane contre le cirophane, un emballage fabriqué à base de coton et de cire d’abeille. Et depuis un an, le succès est au rendez-vous.

 

 

Si l’Assemblée nationale a voté l’interdiction du plastique à usage unique pour 2040, certains n’ont pas attendu pour s’y mettre en Isère ! C’est le cas de Cirophane. Cette entreprise basée à Crolles a décidé de créer des films alimentaires en cire d’abeille (bee’s wrap) de fabrication française il y a un an.

 

« C’est un ami qui m’a fait découvrir ces films alimentaires durables à Noël dernier », explique Geoffrey Lugli, fondateur de Cirophane. « Nous avions commencé une démarche zéro déchet à la maison, mais comme l’emballage venait d’Asie et n’était pas de très bonne qualité, on a essayé d’en fabriquer nous-même. Au départ ce n’était pas facile, on s’est vite retrouvés avec la cuisine couverte de cire », se souvient-il.

 

 

Le cirophane, kézaco ?

 

Ces films alimentaires durables sont uniquement composés d'un tissu en coton et de cire d'abeille. © Cirophane

Ces films alimentaires durables sont uniquement composés d’un tissu en coton et de cire d’abeille. © Cirophane

Le principe de ce film alimentaire est très simple : un tissu de coton imprégné de cire d’abeille.

 

Cette matière collante fait adhérer le tissu sur votre pomme coupée, un sandwich, un bol, un plat, etc. Et le conserve ainsi en le protégeant des agressions extérieures.

 

Avantage écologique de taille : plus on l’utilise, plus il adhère ! « Son utilisation prolongée va assouplir le tissu et augmenter l’adhérence », explique Geoffrey Lugli. Une fois sale, il se rince à l’eau froide et au savon, et peut être réutilisé pendant plus d’un an.

 

 

Trouver la bonne méthode

 

Ce qui n’était au départ qu’une initiative personnelle est vite devenue une activité à temps plein, après un tâtonnement sur le process de fabrication. « Nous avons finalement réussi à créer notre propre machine qui utilise uniquement de la cire d’abeille et du coton, grâce à la bonne combinaison entre le dosage de la cire et la température », se félicite le fondateur.

 

La conception de ce type de produit entraine un prix plutôt élevé : 16,50€ le pack de trois. © Cirophane

La conception de ce type de produit entraine un prix plutôt élevé : 16,50€ le pack de trois. © Cirophane

 

Mais ça, c’est leur secret de fabrication ! En effet, l’équilibre est complexe à trouver et nombre d’entreprises utilisent un mélange de cire d’abeille, de cires végétales et d’huile pour fabriquer ces bee’s wrap aujourd’hui très à la mode. « Les cires végétales finissent par assécher le tissu qui dure donc moins longtemps, et cela peut poser des problèmes d’allergies, notamment à la cire de pin », affirme Geoffrey Lugli.

 

 

Une expansion fulgurante

 

Une chose est sure, la demande était forte sur le bassin grenoblois ! En un peu moins d’un an d’existence, l’entreprise a connu une croissance de 25 % ces six derniers mois et prévoit même 250 % en 2020. « Nous avons actuellement un réseau de distribution dans une soixantaine de magasins, comme Biocoop notamment, et nous avons une augmentation de presque dix par semaine », assure Geoffrey Lugli. L’objectif : passer à 150 en 2020.

 

Ces emballages sont lavables à l'eau froide et réutilisables pendant plus d'un an. © Cirophane

Ces emballages sont lavables à l’eau froide et réutilisables pendant plus d’un an. © Cirophane

Cependant, la conception du produit impose un prix assez élevé : 16,50 le trio de cirophane de tailles différentes. Cela peut s’avérer rentable pour des ménages utilisant beaucoup de cellophane.

 

« Par contre, si les gens en utilisent peu et préfèrent les tupperwares par exemple, ça ne sera pas très intéressant pour eux », reconnaît le fondateur.

 

Mais pour les entreprises, ce n’est pas la même affaire. Ainsi, la Coopérative laitière du Beaufortin, qui produit du Beaufort en Savoie, a réduit de 75 % sa consommation de plastique en passant par Cirophane.

 

 

Une démarche éthique, mais plus vraiment locale

 

« Au début, nous n’utilisions que de la cire d’abeille de la région, mais avec l’expansion de notre activité nous en faisons aujourd’hui venir de toute la France, et demain peut-être d’Italie et d’Espagne », explique Geoffrey Lugli. Pour le coton, il était jusqu’ici certifié Oeko-Tex mais la première commande de bio vient d’arriver, en direct de Turquie.

 

« Malheureusement il n’existe pas de production de coton bio en Europe, nous nous sommes donc tournés vers ce pays en raison de sa tradition textile », précise Geoffrey Lugli, qui développe aussi des visuels avec l’entreprise turque.

 

Actuellement, l’entreprise emploie une personne à temps plein, car les tissus sont fabriqués à la main, et espère embaucher une à deux personnes l’an prochain. « Nous allons aussi sous-traiter prochainement le pliage et la mise en packaging à un Esat, qui permet d’œuvrer pour la réinsertion sociale et professionnelle de personnes en situation de handicap », se réjouit le fondateur.

 

Anissa Duport-Levanti

 

 

commentez lire les commentaires
3051 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.