Les communistes isérois très mobilisés contre la fermeture des centres de finances publiques

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FOCUS – C’était l’une des mesures de l’exécutif en réponse à la crise de Gilets jaunes. Les futures « Maisons France services » vont regrouper les différents services publics. Notamment Pôle Emploi, la caisse d’allocations familiales, l’Assurance maladie, mais aussi les services des finances publiques. Conséquence : la CGT prévoit la fermeture de 23 trésoreries de proximité en Isère ces prochaines années. Des fermetures que les communistes isérois, particulièrement mobilisés sur le sujet, veulent à tout prix éviter.

 

 

Renzo Sulli et Christophe Ferrari lors d'une visite de chantier, rue général Mangin, dans le cadre du développement du réseau Chronovélo, le 25 novembre 2019. © Manon Heckmann - Placegrenet.fr

Au centre, Renzo Sulli, maire d’Echirolles, le 25 novembre 2019. © Manon Heckmann – Placegrenet.fr

« On ne postulera pas. » Renzo Sulli, le maire d’Échirolles ne souhaite pas que sa ville se porte candidate pour obtenir une « Maison France service ». Cette mesure est, pour lui, « un transfert sur l’économie ». Autre argument avancé : le coût de prise en charge de ces établissements pour les collectivités locales. Car l’État propose « seulement 30 000 euros la première année, et après on se débrouille… Autant dire qu’avec ça on pourra tout juste payer le chauffage ».

 

 

Regroupement des services publics

 

Emmanuel Macron a en effet annoncé, le 25 avril dernier, le déploiement de 2 000 maisons regroupant les services publics d’ici la fin de son quinquennat. Et, en septembre dernier, le gouvernement a lancé un appel à candidatures aux villes désirant accueillir une « Maison France Service » (MFR).

 

L’objectif ? Proposer aux Français un socle de services commun. Et donc la possibilité, selon le ministère de la Cohésion des Territoires, d’effectuer des démarches, notamment auprès de « la Caisse d’allocations familiales, des finances publiques, la Caisse nationale d’assurance maladie, Pôle emploi et La Poste ». On devrait y retrouver une dizaine de services publics, en plus d’opérateurs privés.

 

 

Le centre des finances publiques d’Échirolles amené à disparaître

 

L’édile communiste déplore la fermeture du centre des finances publiques de sa ville. Un vœu a d’ailleurs été voté en conseil municipal, le 23 septembre dernier, pour demander le maintien de la trésorerie. Renzo Sulli rappelle, à ce titre, que le centre situé à Échirolles est « le deuxième du département et le troisième en terme d’activité, notamment sur l’étalement de l’impôt ».

 

Des militants communistes distribuent des tracts à Echirolles pour alerter de la fermeture du centre des finances publiques. © CGT Isère

Des militants communistes distribuent des tracts à Echirolles pour alerter de la fermeture du centre des finances publiques. © CGT Isère

Les communistes isérois sont d’ailleurs particulièrement mobilisés sur le sujet. Ils ont déjà organisé plusieurs distributions de tracts à Échirolles pour interpeller la population et une pétition circule.

 

Car, Jérémie Giono, le secrétaire du parti en Isère, l’assure, « quand les usagers se mobilisent, on peut gagner… » Et celui-ci de prendre pour exemple, le maintien de deux bureaux de poste menacés de fermeture à Grenoble.

 

 

Passage au tout numérique ?

 

Au total, ce sont donc 23 centres des finances publiques qui vont fermer en Isère. Des fermetures qui seront « progressives, entre 2021 et 2026 », selon Agnès Martin, déléguée CGT Finances publiques de Grenoble.

 

Le centre des finances publiques d'Echirolles devrait fermer dans les prochaines années. © Thomas Courtade - Place Gre'net

Le centre des finances publiques d’Echirolles devrait fermer dans les prochaines années. © Thomas Courtade – Place Gre’net

Avec à la clé, 347 emplois menacés. Une situation inacceptable pour les agents des finances publiques qui se sont mis en grève à plusieurs reprises.

 

Ceux-ci dénoncent le plan Darmanin, qui vise à « réduire les points d’accueil physiques, pour passer au tout numérique ». Pour la déléguée CGT, c’est la fin du « conseil, du renseignement technique… L’objectif c’est zéro numéraire ».

 

Les finances publiques sont « une des dernières administrations ouvertes en permanence ». Or, Agnès Martin l’assure, les gens demandent « ce lien humain ». Car, que ce soit pour gérer les délais de paiement ou l’étalement de l’impôt, Internet risque de « ne pas tout régler ». Autre difficulté à prévoir : les paiements en numéraire, « encore courants ».

 

À noter enfin : les recettes de plusieurs structures transitent via le centre des finances publiques : centres de loisirs, cantines, activités périscolaires… Selon Jérémie Giono, il existe ainsi un « enjeu de sécurité autour de ces transports de fonds » avec l’application du plan Darmanin. Les agents restent donc mobilisés. Nombreux étaient présents dans les cortèges grenoblois en ce mois de décembre. Et « ce n’est que le début de la mobilisation ! », nous assure-t-on.

 

Thomas Courtade

 

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