Faible mobilisation des enseignants devant le rectorat de Grenoble pour dénoncer les conditions de travail

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EN BREF – À l’appel d’organisations syndicales de l’enseignement, une trentaine de personnes se sont rassemblées devant le rectorat de Grenoble, ce mercredi 6 novembre. En cause, le malaise des directeurs et directrices d’école et des enseignants du fait de leurs conditions de travail. Mais aussi la fin programmée des CHSCT qui aggravera, selon les syndicats, la prise en charge des personnels en souffrance.

 

 

Des enseignants se sont rassemblées devant le rectorat de Grenoble ce mercredi 6 novembre 2019 pour dénoncer leur malaise face aux conditions de travail.Peu d'enseignants s'étaient mobilisés pour manifester devant le rectorat© Joël Kermabon - Place Gre'net

Peu d’en­sei­gnants s’é­taient mobi­li­sés pour mani­fes­ter devant le rec­to­rat. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Un effet de la pluie bat­tante ? Toujours est-il que seuls une tren­taine d’en­sei­gnants se sont ras­sem­blés sur le coup de midi devant le rec­to­rat de Grenoble, ce mer­credi 6 novembre.

 

Un ras­sem­ble­ment orga­nisé par une inter­syn­di­cale* des per­son­nels de l’é­du­ca­tion, dans le cadre d’une jour­née de mobi­li­sa­tion s’é­ten­dant à tout l’Hexagone. L’objectif ? Dénoncer le malaise des AESH, direc­teurs, ensei­gnants, psy­cho­logues et autres inter­ve­nants au sein de l’é­cole, du fait de leurs condi­tions de tra­vail.

 

La date de ce ras­sem­ble­ment n’a d’ailleurs pas été choi­sie au hasard : dans le même temps, se tenait un comité d’hy­giène et de sécu­rité (CHSCT) excep­tion­nel au minis­tère de l’Éducation natio­nale. Ce afin de faire un point en urgence sur la situa­tion dans les écoles, en écho au sui­cide de Christine Renon, direc­trice d’é­cole à Pantin (région pari­sienne) en sep­tembre der­nier.

 

 

« Il y a au sein de l’Éducation nationale une réelle souffrance des enseignants »

 

Hasard du calen­drier ? Ce même jour, sortent les résul­tats d’une enquête décla­ra­tive sur le métier et les condi­tions de tra­vail réa­li­sée par le Snes-FSU du 28 sep­tembre au 31 octobre. Les prin­ci­paux chiffres sont élo­quents. En voici un : 73 % des per­son­nels du second degré inter­ro­gés ont estimé que leur tra­vail a dégradé leur santé au cours des der­niers mois.

 

Des enseignants se sont rassemblées devant le rectorat de Grenoble ce mercredi 6 novembre 2019 pour dénoncer leur malaise face aux conditions de travail.© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

 

« Il y a au sein de l’Éducation natio­nale une réelle souf­france des ensei­gnants. Cela fait des années que nous aler­tons notre hié­rar­chie de ce mal-être gran­dis­sant », explique Martine Thebault-Jarry, secré­taire dépar­te­men­tale du Snudi Force ouvrière de l’Isère. « Il y a une colère des col­lègues pour dire “plus jamais ça !” mais encore faut-il que le gou­ver­ne­ment entende nos reven­di­ca­tions ! », enchaîne Catherine Blanc-Lanaute du Snuipp-FSU.

 

 

Les syndicats dénoncent la suppression programmée des CHSCT

 

Que demandent les mani­fes­tants ? Une réelle amé­lio­ra­tion des condi­tions de tra­vail « de tous les per­son­nels qui font vivre les écoles, les éta­blis­se­ments et les ser­vices », asso­ciée à une meilleure recon­nais­sance de leur pro­fes­sion­na­lisme. De même que des mesures pour garan­tir la santé, la sécu­rité et le bien-être au tra­vail, ou encore le déve­lop­pe­ment des ser­vices de méde­cine de pré­ven­tion.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Les per­son­nels réclament éga­le­ment « une orga­ni­sa­tion moins ver­ti­cale et moins injonc­tive » et « un tra­vail plus col­lec­tif » basé sur « des rythmes plus res­pec­tueux de la qua­lité de vie au tra­vail ».

 

Sans oublier « les moyens utiles indis­pen­sables au bon fonc­tion­ne­ment de l’Éducation natio­nale ainsi que les créa­tions d’emplois ».

 

Enfin, les orga­ni­sa­tions syn­di­cales dénoncent la sup­pres­sion pro­gram­mée des CHSCT qui aggra­vera, estiment-elles, « la prise en charge de celles et ceux qui sont en souf­france ».

 

 

« Une grosse partie administrative qui mange le temps pédagogique »

 

« Nous avons aussi des pro­po­si­tions pour faire en sorte de déga­ger du temps pour les per­son­nels de direc­tion qui, bien sou­vent, ont la charge d’une classe », sou­ligne Paul Mauray, secré­taire dépar­te­men­tal des ensei­gnants Unsa. Le pro­blème ? « Une grosse par­tie admi­nis­tra­tive qui mange le temps péda­go­gique au détri­ment des élèves », explique-t-il. Pour l’en­sei­gnant, la créa­tion de secré­ta­riats serait ainsi une bonne idée.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

« Certaines écoles ont plus d’é­lèves que cer­tains col­lèges mais n’ont pas de ser­vice de vie sco­laire », regrette Paul Mauray.

« Pour com­pen­ser tout ça, nos col­lègues prennent sur leur temps per­son­nel… Ce qui est arrivé à notre col­lègue de Pantin tra­duit en par­tie ce malaise », ajoute-t-il.

 

« Nous, ce qu’on demande, c’est qu’on réunisse au minis­tère et dans les dépar­te­ments les direc­teurs et délé­gués des per­son­nels. Ensuite, à l’ad­mi­nis­tra­tion et au ministre de voir com­ment amé­lio­rer la situa­tion », pro­pose Paul Mauray.

 

Joël Kermabon

 

 

* Les orga­ni­sa­tions syn­di­cales : FSU 38, Unsa-Éducation, SGEN-CFDT, FERC-CGT et Sud édu­ca­tion

 

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