Rencontres de Youth for climate France à Grenoble : le mouvement veut « démanteler le système »

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FOCUS – Après le succès mitigé des récentes marches pour le climat en France, le mouvement Youth for climate France cherche à rebondir. Les rencontres qui viennent de se tenir à Grenoble, du 26 octobre au 2 novembre, ont permis d’ouvrir quelques nouvelles pistes et de poser les bases d’une charte fondatrice.

 

 

Rencontres de Youth for climate à Grenoble, du 26 octobre au 2 novembre 2019. © Théophile Pouillot Chévara de l'équipe photographie de Youth For Climate

Rencontres de Youth for cli­mate à Grenoble, du 26 octobre au 2 novembre 2019. © Théophile Pouillot Chévara de l’é­quipe pho­to­gra­phie de Youth For Climate

Après Nancy et Bordeaux, les ren­contres de Youth for cli­mate France se sont tenues à Grenoble durant plu­sieurs jours. L’occasion pour les jeunes mili­tants de réflé­chir sur le sens de leur lutte et la stra­té­gie à mener, alors que le mou­ve­ment existe depuis quelques mois.

 

« On s’est enfin mis d’ac­cord sur ce qu’on est, ce qu’on veut et ce qu’on veut faire à tra­vers la rédac­tion d’une charte », retient Emma, la mine réjouie, ce samedi 2 novembre, alors qu’elle s’ap­prête à quit­ter Grenoble pour rejoindre l’Allemagne.

 

Car la jeune étu­diante de 18 ans, ori­gi­naire de Toulon, a fait près de 1 000 km, en train bien sûr, depuis l’Allemagne où elle pour­suit ses études. Ce afin de par­ti­ci­per aux assises de Grenoble.

 

Une illus­tra­tion parmi d’autres qui en dit long sur la déter­mi­na­tion des mili­tants de Youth for cli­mate pour « sau­ver la pla­nète ».

 

 

« Cela n’a pas de sens d’étudier si notre avenir est compromis »

 

Initié par les lycéens, Youth for cli­mate entend pro­tes­ter contre l’i­nac­tion des élus et déci­deurs face au réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Ce mou­ve­ment inter­na­tio­nal s’est essen­tiel­le­ment fait connaître à tra­vers l’or­ga­ni­sa­tion de « grèves de l’é­cole ». Des actions reve­nant à sécher les cours pour mar­cher dans la rue et mon­trer sa colère face au manque de volonté poli­tique.

 

Marche du mouvement international Youth For Climate, devant la mairie de Grenoble, vendredi 15 mars 2019. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Marche du mou­ve­ment inter­na­tio­nal Youth for Climate devant la mai­rie de Grenoble, ven­dredi 15 mars 2019. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

« Cela n’a pas de sens d’é­tu­dier si notre ave­nir est com­pro­mis », jus­ti­fie Thomas Kuntz, mili­tant gre­no­blois de 17 ans. Ce der­nier a donc décidé de consa­crer une année de césure à la cause envi­ron­ne­men­tale.

 

 

Youth for climate à la recherche d’un nouveau souffle

 

Venus du Mans, de Mâcon, de Saint-Quentin-en-Yvelines et de tous les coins de l’Hexagone, 80 mili­tants de Youth for cli­mate France se sont réunis à Grenoble du 26 octobre au 2 novembre. Enjeu de ces temps d’é­change ? S’entendre sur les valeurs, les prin­cipes du mou­ve­ment et envi­sa­ger de nou­veaux moyens d’ac­tion afin de lui don­ner un nou­veau souffle. Le tout consi­gné dans une charte.

Marche du mouvement international Youth For Climate, devant la mairie de Grenoble, vendredi 15 mars 2019. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Marche du mou­ve­ment inter­na­tio­nal Youth For Climate, devant la mai­rie de Grenoble, ven­dredi 15 mars 2019. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Un nou­veau souffle, alors que le mou­ve­ment n’a même pas un an ? Force est de consta­ter que les marches ne font déjà plus recettes.

 

Réunissant 200 000 jeunes en France, la pre­mière marche des jeunes avait en effet fait le plein le 15 mars. Mais on ne peut pas en dire autant des « grèves de l’é­cole » orga­ni­sées en mai et sep­tembre, tout au moins en France.

 

ll ne faut tou­te­fois pas jeter le bébé avec l’eau du bain, remarque Enzo Vasseur, qui rap­pelle que « ces marches ont un rôle péda­go­gique essen­tiel, mais aussi un effet d’en­traî­ne­ment inci­tant d’autres jeunes à [les] rejoindre et per­mettent d’é­chan­ger des idées ». 

 

 

 

 

Vers une diversification des actions

 

Validée par l’en­semble des par­ti­ci­pants, « la charte de Grenoble » ne sera pas ren­due publique avant que l’en­semble des groupes locaux en aient pris connais­sance et aient fait part de leur retour.

 

Quelques militants de Youth for climate, lors des assises de Grenoble, samedi 2 novembre 2019 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Quelques mili­tants de Youth for cli­mate aux assises de Grenoble, 2 novembre 2019. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Un groupe de mili­tants qui répon­dait aux ques­tions de jour­na­listes, ce samedi 2 novembre, a tou­te­fois levé le voile sur quelques évo­lu­tions qui s’an­noncent.

 

Le mou­ve­ment Youth for cli­mate devrait ainsi diver­si­fier ses actions, quitte à employer des tac­tiques de déso­béis­sance civile, afin de « com­battre et déman­te­ler le sys­tème actuel ».

 

Au vue de l’in­ca­pa­cité des déci­deurs à prendre la mesure de l’am­pleur du péril cli­ma­tique, il semble éga­le­ment néces­saire aux jeunes de mettre, sans tar­der, les mains dans le cam­bouis pour « construire des alter­na­tives »… et sau­ver la pla­nète.

 

Séverine Cattiaux

 

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Commentaires 3
  1. Ça serait inté­res­sant de deman­der cha­cun de ces gran­deurs « com­bien d’arbres t’as planté dans ta vie ?». Je connais la réponse

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  2. « Cela n’a pas de sens d’étudier si notre ave­nir est com­pro­mis », jus­ti­fie Thomas Kuntz, mili­tant gre­no­blois de 17 ans. Ce der­nier a donc décidé de consa­crer une année de césure à la cause envi­ron­ne­men­tale.

    Hey bah … [modéré : pro­pos insul­tants] .. si ce gosse veut modi­fier son ave­nir, il devrait plus étu­dier pour pou­voir mieux le chan­ger, l’a­mé­lio­rer trou­ver des solu­tions.

    Faire grave et finir idiot des alpes va abso­lu­ment rien aider . et dire que cer­tains veulent mettre le droit de vote à 16 ans …

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  3. On a déjà vu ce que signi­fiait « com­battre et déman­te­ler le sys­tème actuel » avec la ban­de­role de lycéens qui appe­lait à « cra­mer un … » lors de la mani­fes­ta­tion du 20 sep­tembre.

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