Schizophrène meurtrier d’un étudiant à Grenoble : pourvoi en cassation rejeté pour le psychiatre Lekhraj Gujadhur

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FIL INFO – C’est une première judiciaire appelée à faire jurisprudence. La Cour de cassation a rejeté, ce mardi 22 octobre, le pourvoi du médecin psychiatre Lekhraj Gujadhur. L’un de ses patients, schizophrène soigné au CHS de Saint-Égrève, avait poignardé à mort le jeune Luc Meunier au cours d’une sortie. La haute juridiction confirme ainsi la faute caractérisée du psychiatre qui avait laissé sortir un patient réputé dangereux.

 

 

Lekhraj Gujadhur, psychiatre à la retraite et Jean-Yves Balestas, son avocat. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Lekhraj Gujadhur, psy­chiatre à la retraite, et Jean-Yves Balestas, son avo­cat. © Joël Kermabon – Place Gre’net

La Cour de cas­sa­tion, la plus haute juri­dic­tion de France, a rejeté ce mardi 22 octobre le pour­voi du méde­cin psy­chiatre Lekhraj Gujadhur. Le 12 novembre 2008, Jean-Pierre Guillaud, un patient schi­zo­phrène dont le pra­ti­cien avait la charge au CHS de Saint-Égrève, poi­gnar­dait à mort, en pleine rue, Luc Meunier, un étu­diant de 26 ans.

 

L’auteur des faits avait pro­fité d’une auto­ri­sa­tion de sor­tie limi­tée à l’en­ceinte du parc du centre hos­pi­ta­lier pour s’en échap­per, en proie à des hal­lu­ci­na­tions « qui lui deman­daient de tuer ».

 

Condamné en pre­mière ins­tance à dix-huit mois d’emprisonnement avec sur­sis pour homi­cide invo­lon­taire, le psy­chiatre avait inter­jeté appel. Mais rien n’y a fait puisque la chambre cor­rec­tion­nelle de la cour d’ap­pel de Grenoble a confirmé ce juge­ment le 15 mai 2018.

 

Ne res­tait plus au méde­cin psy­chiatre qu’à se pour­voir en cas­sa­tion, avec le résul­tat que l’on sait. L’enjeu ? La res­pon­sa­bi­lité pénale d’un psy­chiatre suite aux agis­se­ments d’un patient sou­mis à ses soins, la jus­tice lui repro­chant d’a­voir sous-esti­mée sa dan­ge­ro­sité.

 

 

Une première judiciaire appelée à faire jurisprudence

 

« La Cour de cas­sa­tion confirme ainsi une pre­mière judi­ciaire », déclare Hervé Gerbi, l’a­vo­cat de la famille de Luc Meunier. « L’arrêt de la cour d’appel de Grenoble du 15 mai 2018 est main­te­nant défi­ni­tif et appelé à faire incon­tes­ta­ble­ment juris­pru­dence », pour­suit l’a­vo­cat. De fait, estime-t-il, « cet arrêt met fin à la contro­verse d’un cer­tain nombre de psy­chiatres et répond à celle-ci en des termes clairs ».

 

De gauche à droite : Maria Claros, une proche de la famille Meunier, Odile Meunier, Me Hervé Gerbi et Sylvaine Meunier. A l'arrière-plan un autre proche. © Joël Kermabon - Place Gre'net

De gauche à droite : Maria Claros, une proche de la famille Meunier, Odile Meunier, Me Hervé Gerbi et Sylvaine Meunier. A l’ar­rière-plan, une autre proche. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Qu’énoncent les atten­dus de la juri­dic­tion ? Que « le psy­chiatre n’avait pas accom­pli les dili­gences nor­males, compte tenu de la nature de ses mis­sions, fonc­tions et com­pé­tences ainsi que du pou­voir et des moyens dont il dis­po­sait ». La cour a consi­déré que le Dr Gujadhur avait ainsi « com­mis une faute carac­té­ri­sée en auto­ri­sant les sor­ties d’un patient réputé dan­ge­reux ».

 

Enfin, sou­ligne Hervé Gerbi, « la cour de cas­sa­tion a reconnu le lien de cau­sa­lité entre cette faute carac­té­ri­sée et le décès de Luc Meunier ». Ce dont l’a­vo­cat, pen­sant à ses clients, ne manque pas de se féli­ci­ter. « La famille Meunier est désor­mais libé­rée du poids de ce com­bat judi­ciaire de 11 ans et peut enfin faire tota­le­ment son deuil », conclut-il.

 

Joël Kermabon

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
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Commentaires 1
  1. Ce n’est pas la pre­mière fois que l’on accuse un méde­cin psy­chiatre d’a­voir failli
    à sa mis­sion.
    La psy­chiatre Danièle Cavarelli avait condam­née par le tri­bu­nal de Gap,car un
    de ses patients Joël Gaillard,avait tué G Trabuc 87 ans à coups de hache …
    Curieusement, le tri­bu­nal ne condamne jamais les juges qui libèrent un assas­sin
    qui réci­dive et jamais une déci­sion d’un poli­tique qui peut conduire à une tue­rie de masse.
    https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2012/12/18/un-an-de-prison-avec-sursis-pour-la-psychiatre-du-meurtrier

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