Le Département présente un sondage sur les mobilités en Isère… et appelle la Région à piloter les transports

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FOCUS – À l’occasion d’une réunion avec les présidents des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) de l’Isère, Jean-Pierre Barbier a présenté les résultats d’un sondage sur les questions de mobilité et de transports en commun. Avant d’appeler la Région à prendre en charge le pilotage des transports sur le département d’ici trois ans.

 

 

Des isé­rois plus satis­faits de l’offre en trans­ports en com­mun sur leur zone d’ha­bi­ta­tion que leurs propres maires ? C’est l’un des élé­ments qui res­sort du son­dage réa­lisé sur demande du Département de l’Isère auprès de 1 000 habi­tants et de 271 maires du dépar­te­ment. Objectif ? Mesurer les habi­tudes des Isérois en matière de mobi­lité et leur degré de satis­fac­tion vis-à-vis des trans­ports en com­mun.

 

Le président du Département de l'Isère Jean-Pierre Barbier © Jules Peyron - Place Gre'net

Le pré­sident du Département de l’Isère Jean-Pierre Barbier © Jules Peyron – Place Gre’net

 

C’est lors d’une confé­rence des pré­si­dents des éta­blis­se­ments publics de coopé­ra­tion inter­com­mu­nale (EPCI) que Jean-Pierre Barbier a pré­senté l’é­tude, réa­li­sée par l’ins­ti­tut de son­dage MV2. L’occasion pour le pré­sident du Département de faire le point sur la situa­tion en Isère. Avant d’ex­pri­mer son sou­hait de voir la Région Auvergne-Rhône-Alpes s’emparer du pilo­tage des mobi­li­tés dans le dépar­te­ment.

 

 

Les maires de l’Isère insatisfaits des transports en commun

 

Les chiffres-clés du son­dage ? Plus de la moi­tié des habi­tants de l’Isère se disent satis­faits de leur offre de trans­ports en com­mun, avec tou­te­fois des dis­pa­ri­tés selon les ter­ri­toires. Alors que 76 % des métro­po­li­tains (zone 1) affichent leur satis­fac­tion, le chiffre tombe ainsi à 60 % pour les habi­tants des zones rurales (zone 3), et même à 56 % pour ceux du Pays voi­ron­nais, du Grésivaudan, de la Capi et de Vienne-Condrieu (zone 2).

 

Un bus Tougo, ligne de transports du Grésivaudan © Le Grésivaudan

Un bus Tougo, ligne de trans­ports du Grésivaudan © Le Grésivaudan

 

Dans tous les cas, les maires sont loin de par­ta­ger l’o­pi­nion de leur admi­nis­trés : ils ne sont en moyenne que 43 % à juger l’offre de trans­ports satis­fai­sante sur leur ter­ri­toire. La satis­fac­tion des métro­po­li­tains n’est guère conta­gieuse auprès de leurs élus : 29 % des 17 maires de la Métropole inter­ro­gés dans le cadre de l’é­tude se disent « plu­tôt pas » satis­faits… et 24 % se déclarent même « pas du tout » satis­faits.

 

Reste à savoir l’u­sage que les habi­tants font des trans­ports en com­mun. Leur uti­li­sa­tion pour se rendre au tra­vail demeure en effet lar­ge­ment mino­ri­taire. Seuls 23 % des métro­po­li­tains et 17 % de rési­dents de la zone 3 prennent les trans­ports en com­mun pour se rendre au tra­vail. Un chiffre qui tombe à 12 % dans les zones rurales. Pourtant, en zones 2 et 3, l’é­tude montre que ce mode de trans­port a été testé… mais fina­le­ment non retenu par les actifs.

 

 

La voiture, moyen de transport prédominant

 

Comment se déplacent les Isérois ? 88 % des ménages inter­ro­gés déclarent pos­sé­der une ou plu­sieurs voi­tures, et les uti­li­ser au moins une fois par mois. Les modes doux de dépla­ce­ment ne sont pour­tant pas rayés de la carte : la moi­tié des habi­tants du dépar­te­ment pos­sèdent éga­le­ment un vélo, là encore uti­lisé au moins une fois par mois. La voi­ture reste tou­te­fois pré­do­mi­nante, et cela dans toutes les classes d’âge.

 

Un tramway de la ligne B dans Grenoble © Léa Raymond - Place Gre'net

Un tram­way de la ligne B dans Grenoble © Léa Raymond – Place Gre’net

 

Quid des trans­ports en com­mun ? Si 40 % des métro­po­li­tains disent prendre le tram et le bus au moins une fois par mois, les chiffres tombent en-des­sous de 30 % pour le bus dans les zones 2 et 3, et (sans sur­prise) en des­sous de 20 % pour le tram. L’âge joue, cette fois, un rôle impor­tant : près de 40 % des 18 – 29 ans sont des uti­li­sa­teurs régu­liers des bus et trams. Un chiffre qui oscille autour des 10 % pour les autres tranches d’âge.

 

Quels sont les freins à l’u­ti­li­sa­tion des trans­ports en com­mun, en par­ti­cu­lier pour les actifs ? Les ques­tions de rapi­dité et de proxi­mité des arrêts pèsent pour beau­coup, bien plus que celles des horaires ou des tarifs. Mais les « rai­sons per­son­nelles » ont aussi leur rôle à jouer : 20 % des per­sonnes inter­ro­gées expliquent ainsi appré­cier le sen­ti­ment d’au­to­no­mie que leur confère l’u­sage de leur véhi­cule.

 

 

La Région aux manettes des transports isérois d’ici 2022 ?

 

Autant de résul­tats qui démontrent des marges de pro­gres­sion impor­tantes pour le recours aux trans­ports en com­mun en Isère, en par­ti­cu­lier pour les dépla­ce­ment pro­fes­sion­nels. Face aux demandes de sim­pli­fi­ca­tion for­mu­lées par les habi­tants, par exemple la mise en place d’un titre unique sur l’en­semble de l’Isère, le Conseil dépar­te­men­tal en appelle à la Région pour pilo­ter les mobi­li­tés sur son ter­ri­toire.

 

La vice présidente de la Région en charge des Transports Martine Guibert aux côté de Jean-Pierre Barbier et du vice-président aux Transports du Département Jean-Claude Peyrin © Florent Mathieu - Place Gre'net

La vice-pré­si­dente de la Région en charge des Transports Martine Guibert aux côté de Jean-Pierre Barbier et du vice-pré­sident aux Transports du Département Jean-Claude Peyrin © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Un sou­hait qui va dans le sens des direc­tives ins­ti­tu­tion­nelles. Le Département rap­pelle ainsi que la Région sera en charge des trans­ports au 1er juillet 2021 sur les ter­ri­toires des inter­com­mu­na­li­tés n’ayant pas inté­gré cette com­pé­tence. De la même manière, le Département lui-même ces­sera fin 2022 de gérer la com­pé­tence des trans­ports inter­ur­bains et sco­laires, qui pas­sera dès lors sous ges­tion régio­nale.

 

C’est pour­quoi, pour le Département, la Région est « la plus à même d’assurer l’équité ter­ri­to­riale et les connexions inter­dé­par­te­men­tales, d’organiser l’intermodalité com­plète, notam­ment avec les TER et de réa­li­ser des éco­no­mies d’échelle per­met­tant (…) d’investir dans de nou­velles infra­struc­tures ». « Il reste désor­mais moins de trois ans pour pré­pa­rer la tran­si­tion afin qu’elle se passe dans les meilleures condi­tions pos­sibles », conclut Jean-Pierre Barbier.

 

Florent Mathieu

 

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