Le Déclic de Claix démarre sa nouvelle saison avec des spectacles triés sur le volet

sep article



FOCUS – La salle de spectacle Le Déclic vient de lancer sa nouvelle saison 2019 – 2020, avec une panoplie de spectacles tout public mais aussi plus pointus. Marie-Noëlle Strecker, adjointe au maire de Claix, nous a détaillé la programmation. 

 

 

Le Déclic, salle de spectacle de Claix, vient de lancer sa nouvelle saison 2019-2020, avec une panoplie de spectacles tout public mais aussi plus pointus.

A gauche, Christophe Revil, le maire de Claix. A droite, Marie-Noëlle Strecker, adjointe au maire de Claix. DR

« Même si la salle est un peu excen­trée et qu’au début les trans­ports en com­mun nous fai­saient peur, Le Déclic est aujourd’­hui une salle très bien fré­quen­tée » assure Marie-Noëlle Strecker, adjointe au maire de Claix. Il faut dire que Le Déclic attire par sa sin­gu­la­rité.

 

À la dif­fé­rence des autres salles de Grenoble et de l’agglomération, l’équipe fait en effet le choix d’une pro­gram­ma­tion par­ti­cu­liè­re­ment peu four­nie. « On sou­haite miser sur la qua­lité plu­tôt que sur la quan­tité. Au départ, on avait fait beau­coup de spec­tacles. Aujourd’hui, on a réduit le nombre mais on met beau­coup plus d’argent. » La struc­ture a ainsi accueilli un peu plus de 1 500 spec­ta­teurs la sai­son der­nière. Un chiffre on ne peut plus hono­rable si l’on songe que la ville de Claix compte 8 000 habi­tants.

 

Ainsi, pour cette nou­velle année, le lieu garde le même cré­neau que les années pré­cé­dentes et pro­met « une pro­gram­ma­tion acces­sible, hété­ro­clite et inter­gé­né­ra­tio­nelle ». Objectif affi­ché : « bien cibler notre popu­la­tion et accueillir toutes les caté­go­ries. Tout le monde est repré­senté par un spec­tacle qui lui est propre ».

 

 

Anne Roumanoff,Raphaël Personnaz… Le Déclic accueillent des grands noms

 

Chaque année, les pro­po­si­tions oscil­lent entre décou­vertes de talents mais aussi têtes d’affiches. Notons par exemple la venue de l’humoriste Anne Roumanoff, le 21 novembre, pour son spec­tacle Tout va bien ! « Au menu : les réseaux sociaux, Emmanuel Macron, le poli­ti­que­ment cor­rect, les femmes divor­cées, les sites de ren­contres, le culte de l’apparence… » Autant de thèmes actuels qui prouvent l’engagement des artistes. 

 

Raphaël Personnaz, « Vous n’aurez pas ma haine » DR

En témoigne éga­le­ment la pré­sence, le 9 novembre, de Raphaël Personnaz, avec Vous n’aurez pas ma haine. « Un spec­tacle en pro­fond rap­port avec l’actualité. Dans celui-ci, Antoine raconte qu’il a perdu sa femme, Hélène, le 13 novembre au Bataclan. Il nous raconte com­ment, mal­gré tout, la vie doit conti­nuer ».

 

 

La part belle à l’environnement

 

Nombreuses sont les autres thé­ma­tiques abor­dées dans les spec­tacles. Mais celle qui pré­do­mine, « le fil conduc­teur de cette sai­son » est l’environnement. Un sujet sen­sible, traité sous dif­fé­rentes formes. Notons par exemple la pro­jec­tion de Après-demain de Cyril Dion et Laure Noualhat, le 9 avril 2020.

 

« Cyril Dion est l’un des réa­li­sa­teurs du film Demain et est aussi le cofon­da­teur, avec Pierre Rabhi, du mou­ve­ment Colibris et de la revue Kaizen. Cette fois-ci, il pro­pose un film sur la capa­cité des micro-ini­tia­tives à avoir un impact sur l’environnement. » Toujours sur ce sujet, Le Déclic pro­pose la pièce de théâtre Quitter la terre de Joël Maillard, le 13 février 2020. « Dans cette pièce, le réa­li­sa­teur a ima­giné un futur plus ou moins proche dans lequel les col­lec­ti­vi­tés humaines sont à satu­ra­tion éco­lo­gique et démo­gra­phique. » 


Pour avoir un impact direct sur le public, rien de tel qu’une confé­rence. D’où la ques­tion posée en ce début de sai­son par Franck Giazzi, géo­graphe et maître de confé­rences à l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine : « La dégra­da­tion de l’environnement est-elle un indi­ca­teur de l’effondrement de notre modèle de civi­li­sa­tion ? » L’art enfin peut en dire beau­coup sur l’écologie. Ainsi, l’exposition pho­to­gra­phique Yamal de Julie Nedelec Andrade, visible jus­qu’au ven­dredi 11 octobre pro­chain, pro­po­sera « un repor­tage autour du plan d’extraction de gaz natu­rel nommé Yamal ».

 

 

Des spectacles qui éveillent la curiosité

 

Comme tous les ans, le Déclic pro­pose son célèbre spec­tacle de men­ta­lisme. Cette fois-ci, Kevin Micoud ambi­tionne de faire vivre au public une expé­rience par­ti­ci­pa­tive autour des mys­tères de l’être humain, le 7 mars 2020. Dans Expérimentale, il met en avant les expé­riences basées sur les exploits réa­li­sables par l’esprit : « lec­tures de pen­sées, pré­dic­tion, influence, hyp­nose… »

 

D’autres pro­po­si­tions poussent aussi à la réflexion. QCM par la Compagnie Confidences éta­blit « un ques­tion­naire à choix mul­tiples qui nous confronte à la com­pa­rai­son des pro­po­si­tions, à leurs ana­lyses puis à une prise de déci­sion ».

 

Le pro­jet Lumière est aussi un exemple de recherche inté­res­sante sur l’être humain. Cette créa­tion choi­sit d’associer une com­pa­gnie de théâtre à des cher­cheurs du CNRS « afin de mener un tra­vail de média­tion scien­ti­fique sur l’histoire de la lumière. Ils sou­haitent par­ler de la manière dont le savoir se construit dans le temps et l’influence du contexte his­to­rique sur l’évolution des connais­sances ». 

 

 

Des musiques éclectiques 

 

Côté musique, le choix de la pro­gram­ma­tion se tourne vers l’éclectisme, entre Les nuits du piano qui accueille­ront l’artiste clas­sique Jean-Baptiste Fonlupt le 13 décembre et, le len­de­main, le Quartet Horellou. « Ce quar­tet s’inscrit dans la conti­nuité de la grande musique de jazz. Ils rendent hom­mage aux grands noms du hard-bop tels que les saxo­pho­nistes Clifford Jordan et Jackie McLean ou le bat­teur Roy Haynes : un jazz qui évoque, sans esprit de revi­ta­li­ser la grande époque de l’esthétique Blue Note. » 

 

Nos oreilles se ravi­ve­ront éga­le­ment d’écouter le conte musi­cal L’anthropiquocène, le 4 avril 2020. « La nar­ra­tion est assu­rée par un conteur et des images pro­je­tées sous forme d’une mise en abîme. Les trois per­son­nages prin­ci­paux apportent leur propre com­men­taire sur ce qu’ils viennent de vivre. La musique est mixte : élec­troa­cous­tique, ins­tru­men­tale et vocale et d’influences mul­tiples. » 

 

Notons enfin un concert “piano-élec­tro­nique” mené par Vanessa Wagner, le 4 octobre 2019. « Ce sont des com­po­si­tions aériennes des grands noms du mini­ma­lisme, tels que Arvo part, Silvestrov, Feldman, John Cage… » Une créa­tion mine de rien assez poin­tue, s’affirmant ainsi comme une excep­tion de la pro­gram­ma­tion. « J’aime bien la créa­tion, les cultures poin­tues. Mais les spec­tacles trop poin­tus ne sont pas adap­tés aux 8 000 habi­tants de Claix », recon­naît Marie-Noëlle Strecker.

 

Alice Colmart

 

commentez lire les commentaires
2578 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.