Un bus plutôt qu’un tram entre Grenoble et Montbonnot : le Grésivaudan et le SMTC main dans la main

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FOCUS – Alors que vient de s’ouvrir la concertation préalable, le Grésivaudan et le Syndicat mixte des transports en commun (SMTC) ont présenté ensemble leur projet de mise en service d’un bus à haut niveau de service (BHNS) entre Grenoble et Montbonnot, préféré au tram. Mais aussi la création d’un pôle d’échange multimodal à la Tronche, le tout d’ici 2023.

 

 

Yann Mongaburu, président du SMTC (à gauche) et Francis Gimbert, président de la communauté de communes du Grésivaudan (à droite) © Thomas Courtade

Yann Mongaburu, pré­sident du SMTC et Francis Gimbert, pré­sident de la com­mu­nauté de com­munes du Grésivaudan. © Thomas Courtade – Place Gre’net

Depuis le 16 sep­tembre et jus­qu’au 31 octobre pro­chain, la concer­ta­tion préa­lable doit per­mettre à cha­cun de don­ner son opi­nion sur les modes de trans­port en com­mun de demain dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise.

 

Un des axes majeurs, entre Grenoble et Montbonnot, fait débat. Pour rap­pel l’as­so­cia­tion pour le déve­lop­pe­ment des trans­ports en com­mun, voies cyclables et pié­tonnes dans la région gre­no­bloise (ADTC) défend le choix d’une nou­velle ligne de tram­way pour relier les deux villes.

 

Mais le SMTC et le Grésivaudan ont d’ores et déjà tran­ché en faveur du bus à haut niveau de ser­vice (BHNS).

 

 

Une ligne aux mul­tiples objec­tifs

 

Il est de noto­riété publique que la ligne de bus C1 qui relie Grenoble et Meylan est l’ob­jet de fortes per­tur­ba­tions, dues notam­ment à la conges­tion auto­mo­bile. Le pro­jet de BHNS entend pal­lier ce pro­blème de dif­fé­rentes manières. La ligne C1+ com­por­tera tout d’a­bord de nou­velles voies réser­vées.

 

Bus de la ligne Chrono C1. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Bus de la ligne Chrono C1. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Et, pour per­mettre l’ac­cueil de nou­veaux voya­geurs, elle verra son « ampli­tude horaire allon­gée et sa fré­quence ren­for­cée ». Le SMTC et le Grésivaudan misent éga­le­ment sur des bus plus « confor­tables » et plus éco­lo­giques avec des moto­ri­sa­tions « faible émis­sion » à l’élec­trique ou au bio­gaz.

 

Autre aspect qui tient à cœur à Francis Gimbert : « garan­tir la fia­bi­lité du temps de par­cours entre Grenoble et Meylan ». Actuellement, le tra­jet s’ef­fec­tue en qua­rante-cinq minutes. L’objectif affi­ché est clair et ambi­tieux : pas­ser à vingt-huit minutes de temps de par­cours.

 

 

« Combiner les mobilités à la Tronche »

 

Autre annonce : la créa­tion d’un pôle d’é­changes mul­ti­mo­dal, bap­tisé Charmeyran, à la Tronche. Coût estimé : 3 mil­lions d’eu­ros.

 

Illustration du futur pôle d'échanges multimodal à la Tronche © SMTC / Le Grésivaudan

Illustration du futur pôle d’é­changes mul­ti­mo­dal à la Tronche © SMTC – Le Grésivaudan

Le but est de faci­li­ter les cor­res­pon­dances. Que ce soit pour les accès à pied, à vélo ou en voi­ture. Cela devrait évi­ter que « cer­tains renoncent à emprun­ter les trans­ports col­lec­tifs ». À cet effet, sont pré­vus des aires de dépose-reprise pour le covoi­tu­rage ou encore des par­kings-relais (dont un à Grand Sablon). En outre, Francis Gimbert sou­ligne la « très forte demande d’a­mé­na­ge­ments de pistes cyclables ».

 

 

Le bus pour tout de suite, le tram pour plus tard ?

 

Interrogé par nos soins sur la posi­tion « pro-tram­way » de l’ADTC, Yann Mongaburu assure            « écou­ter avec atten­tion les pro­po­si­tions » de l’as­so­cia­tion. S’il recon­naît que le poten­tiel de voya­geurs est très élevé (et qu’il pour­rait donc jus­ti­fier une ligne tram­way), le pré­sident du SMTC veut se pro­je­ter à court terme. D’ici trois ans, le BHNS sera opé­ra­tion­nel avec à la clé « un dou­ble­ment de capa­cité sur la ligne ». Tandis qu’une nou­velle ligne de tram­way « c’est dix ans de tra­vaux ! »

 

Bientôt une ligne de tram­way F entre Grenoble et Montbonnot ? Il fau­dra patien­ter …

Yann Mongaburu n’é­carte tou­te­fois pas la pos­si­bi­lité d’une arri­vée du tram­way à long terme, grâce à « l’in­fra­struc­ture évo­lu­tive ». Autre argu­ment de taille avancé par le pré­sident de la com­mu­nau­tés de com­munes du Grésivaudan : le coût. « Le tram­way c’est quatre à six fois plus cher », rap­pelle ainsi Francis Gimbert. Un tel pro­jet n’est pas à l’heure actuelle « dans nos moyens ». Et le pré­sident du SMTC de conclure : « On se doit d’ap­por­ter des solu­tions à tout le sec­teur péri-urbain et ce, dès demain. »

 

Thomas Courtade

 

MC2 - La morsure de l
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Commentaires 8
  1. Le tarif zone A+B est com­plè­te­ment pro­hi­bi­tif entre Monbonnot et La Tronche. Le ticket indi­vi­duel Aller-Retour dépasse les 9€ et l’a­bon­ne­ment annuel est à plus de 800€. Il n’y a pas un (très grand) pro­blème là ?

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    • @utilisateur
      C’ est exac­te­ment ce je dis. Complètement inef­fi­cace et trop cher par rap­port au ser­vices ren­dus. Il faut cas­ser le mono­pole du SMTC – cette [modéré pour pro­pos inju­rieux] héri­tée des temps de F Mitterand

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      • Tiens, depuis quand le SMTC s’oc­cupe de la des­serte de Montbonnot et de la val­lée du Grésivaudan ?
        Vous affi­chez une fois de plus votre crasse igno­rance sur le sujet. D’où des pro­po­si­tions un peu sim­plettes…

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  2. il faut cas­ser et pri­va­ti­ser le SMTC. Il faut créer un sys­tème où les entre­prises pri­vées de trans­port sont en concur­rence per­ma­nente pour des­ser­vir les lignes défi­nies par la métro. Leur contrat doit être renou­velé (ou non) tous les ans en fonc­tion de leur per­for­mance et le retour des usa­gers. Ca nous lais­se­rait plus de la place pour le trans­port privé. Tout le monde le com­prends : le trans­port public et le trans­port privé, ce n’est que l’af­faire de moyens. Ceux qui veulent/peuvent se per­mettre le dépla­ce­ment rapide et confor­table dans leur 4×4, le feront tou­jours 🙂

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    • Votre réponse est admi­rable pour démon­trer que vous êtes à des années-lumières de la moindre par­celle de com­pré­hen­sion des dépla­ce­ments en milieu urbain et qu’en plus vous êtes un être égoïste. En fait, à vous tout seul, vous rem­pla­cez un cli­ma­ti­seur : vous nous pom­pez l’air d’un côté et vous bras­sez du vent de l’autre. C’est tou­jours ça mais cela ne va pas plus loin.

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  3. Que pro­po­sez-vous, à la place ? Savez-vous que le SMTC ne com­prend pas d’a­gents et que ce sont ceux de la Metro qui ont la double cas­quette Métro-SMTC (bel exemple de « syner­gie » ins­pi­rée du sec­teur privé)? Cordialement

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  4. il faut cas­ser et pri­va­ti­ser le SMTC . Cette struc­ture est inef­fi­cace, [modéré du fait de pro­pos dif­fa­ma­toires] et pro­pose des ser­vices médiocres qui coutent TROP cher

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    • Ce qui est inef­fi­cace, c’est le trans­port indi­vi­duel en voi­ture tel que vous le pra­ti­quez en pas­sant par le centre de Grenoble en tran­sit avec votre 4×4 seul.
      Si aujourd’­hui il y a bien un sys­tème de trans­port qui est inef­fi­cace en milieu urbain, c’est bien l’u­sage de la voi­ture dont les coûts pour la col­lec­ti­vité sont tout sim­ple­ment mons­trueux. Il suf­fit de regar­der la somme d’argent consa­crée aux infra­struc­tures rou­tières vs celles des autres modes de trans­port dans le PDU 2030 pour s’en rendre compte. Sans comp­ter les pol­lu­tions, les effets sur la santé, les acci­dents de la route etc. A cause de cette inef­fi­ca­cité, je pro­pose de pri­va­ti­ser l’en­semble des routes et de mettre des péages et autres vignettes en fonc­tion du poids du véhi­cule, de sa sur­face et volume, du nombre de pas­sa­gers et du kilo­mé­trage. Vous, le chantre de la pri­va­ti­sa­tion, cela devrait vous agréer, non ?

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