Le Collectif pour la gratuité des transports publics de Grenoble veut relancer le débat en vue des municipales

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FOCUS – Le Collectif pour la gratuité des transports en commun de Grenoble compte parmi les initiateurs d’un appel lancé au niveau national. Son objectif ? Imposer la gratuité comme élément clé des campagnes des prochaines élections municipales. À Grenoble, les militants comptent bien maintenir la pression, sans se faire d’illusions sur la volonté du SMTC de se convertir au tout-gratuit.

 

 

Une « urgence cli­ma­tique, sani­taire et sociale ». Dans un appel natio­nal lancé début sep­tembre, les par­ti­sans de la gra­tuité des trans­ports publics dépeignent les enjeux que recouvrent, selon eux, la mesure tant deman­dée. Signé par plus de 150 per­son­na­li­tés, l’ap­pel a été lancé à l’i­ni­tia­tive de plu­sieurs col­lec­tifs consti­tués sur l’en­semble du ter­ri­toire fran­çais. Parmi eux, le Collectif pour la gra­tuité des trans­ports publics dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise.

 

Des membres du Collectif pour la gratuité des transports publics de l'agglomération grenobloise présentent l'appel national © Florent Mathieu - Place Gre'net

Des membres du Collectif pour la gra­tuité des trans­ports publics de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise pré­sentent l’ap­pel natio­nal. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Par nature moti­vés, les par­ti­sans de la gra­tuité sont gon­flés à bloc après les 2e Rencontres inter­na­tio­nales du trans­port gra­tuit, qui se sont tenues à Chateauroux les 10 et 11 sep­tembre. Aucun doute pour les membres du col­lec­tif gre­no­blois : « Ça bouge en France ». « Depuis deux ans, on sent que les lignes sont en train de bou­ger. Beaucoup de villes se posent aujourd’­hui la ques­tion de la gra­tuité », se réjouit ainsi Michel Szempruch.

 

 

Des signataires locaux… dont le président de la Sémitag

 

S’il répond à une dyna­mique, l’ap­pel ne sur­vient pas par hasard. Le but ? « Lancer le débat, bien sûr avec la pers­pec­tive des élec­tions muni­ci­pales de mars 2020 », recon­naît Bruno Cialdella, autre membre du col­lec­tif. Le pro­pos est donc émi­nem­ment poli­tique, comme le sou­lignent les pro­fils des per­sonnes autour de la table, membres des syn­di­cats CGT, Ensemble, ou encore du PCF.

 

Jean-Paul Trovero, président de la SemiTag et signataire de l'appel, aux côtés du président du SMTC Yann Mongaburu © Florent Mathieu - Place Gre'net

Jean-Paul Trovero, pré­sident de la Sémitag et signa­taire de l’ap­pel, aux côtés du pré­sident du SMTC Yann Mongaburu © Florent Mathieu – Place Gre’net

Quant aux “par­rains” de l’ap­pel, leur appar­te­nance poli­tique est éga­le­ment très mar­quée, depuis la porte-parole de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud au NPA Olivier Besancenot, en pas­sant par la dépu­tée insou­mise Clémentine Autain et, au niveau local, le secré­taire dépar­te­men­tal du PCF Isère Jérémie Giono. Sans oublier Jean-Paul Trovéro, maire PCF de Fontaine… et acces­soi­re­ment pré­sident de la Sémitag.

 

Si le col­lec­tif insiste sur l’en­jeu éco­lo­gique et cli­ma­tique de la gra­tuité des trans­ports en com­mun, et fait volon­tiers remar­quer que des muni­ci­pa­li­tés de droite s’emparent elles aussi de la ques­tion, l’i­déo­lo­gie se veut pré­sente et radi­cale.

 

Les par­ti­sans de la gra­tuité plaident en effet pour une poli­tique de « rup­ture ». Et moquent « le vide sidé­ral de la poli­tique du gou­ver­ne­ment en matière envi­ron­ne­men­tale », mal­gré les « dis­cours enflam­més » d’Emmanuel Macron. Une poli­ti­sa­tion du débat, au risque de rebu­ter une par­tie des inter­lo­cu­teurs poten­tiels ?

 

 

Maintenir la pression sur la municipalité grenobloise

 

Face à la « volonté de cer­tains élus qui veulent par prin­cipe que les trans­ports publics soient payants », Michel Szempruch assume le carac­tère idéo­lo­gique du dis­cours. « C’est un pro­jet de société que l’on défend », résume-t-il. Et de pré­ci­ser : « On pense que la mobi­lité doit faire par­tie des droits, et être prise en charge par la com­mu­nauté. »

 

Rassemblement du collectif pour la gratuité des transports devant la mairie de Grenoble en octobre 2018 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Rassemblement du col­lec­tif pour la gra­tuité des trans­ports devant la mai­rie de Grenoble en octobre 2018 © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Prise en charge, par exemple, par la Ville de Grenoble ou la Métro ? Alors que la gra­tuité pour les moins de 25 ans figu­raient dans les enga­ge­ments de cam­pagne de l’é­quipe Piolle en 2014, celle-ci n’a fina­le­ment jamais vu le jour. Quant aux conclu­sions de l’é­tude sur la fai­sa­bi­lité de la gra­tuité menée par le SMTC, elles devraient être ren­dues publiques à la mi-novembre. Soit plus de six mois après l’é­chéance ini­tia­le­ment pré­vue.

 

Dans ce contexte, le col­lec­tif n’a pas man­qué de faire remar­quer que le SMTC… inves­tis­sait dans le rem­pla­ce­ment de son maté­riel de com­pos­tage. Difficile dès lors de pen­ser que la gra­tuité se pro­file à l’ho­ri­zon… « Si les gens prennent à bras le corps cette ques­tion, ça bas­cu­lera ! », affirme pour­tant Bruno Cialdella. Le col­lec­tif entend donc bien conti­nuer à main­te­nir la pres­sion sur la muni­ci­pa­lité. Et à faire de la gra­tuité « une ques­tion-clé des pro­chaines élec­tions ».

 

Florent Mathieu

 

Festival du film France Nature Environnement
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Commentaires 7
  1. « On pense que la mobi­lité doit faire par­tie des droits, et être prise en charge par la com­mu­nauté. » – c’est révol­tant que les com­mu­nistes d’ul­tra gauche sont cités dans le contexte d’un débat sur les trans­ports. « Mobilité c’est un droit ? ». Oui, le droit de se dépla­cer à pieds. Tout le reste est payant. Il n’y a rien dans cette vie qui serait gra­tos, il y a tou­jours quel­qu’un qui paie pour la fête – et il faut le rap­pe­ler à ces mes­sieurs-dames.

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    • C’est vrai que lorsque vous pas­sez en tran­sit dans le centre de Grenoble seul au volant de votre 4×4, c’est payant…
      Marrant cette faculté de voir tou­jours la pous­sière dans l’oeil du voi­sin est jamais la poutre dans le sien.

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  2. Ping : Conférence de Presse du 20 septembre 2019 – Collectif pour la gratuité des transports publics dans l’agglomération grenobloise

  3. Bonjour, en cas de gra­tuité, les 30 mil­lions annuels de manque à gagner vous les pre­nez où ? Aux entre­prises, qui cotisent déjà pas mal avec le ver­se­ment trans­ports ? 30 mil­lions, c’est quand même 1km de tram, 10 rames de tram­way, des dizaines de bus… cor­dia­le­ment

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  4. A Dunkerque, le niveau d’offre n’é­tait et n’est pas aussi impor­tant qu’à Grenoble, où la fré­quen­ta­tion est impor­tante et donc la marge de pro­gres­sion plus faible ! Ainsi, la gra­tuité des TC risque d’en­traî­ner une dégra­da­tion de l’offre et des inves­tis­se­ments ! Voir à ce sujet l’a­vis très argu­menté de la Fnaut. Par ailleurs, les per­sonnes aux reve­nus modestes sont déjà lar­ge­ment exo­né­rées !

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  5. Le pro­blème, c’est que l’an­tenne locale de la FNAUT, à savoir l’ADTC, est bien intro­duite auprès des élus locaux. Sachant que la FNAUT milite farou­che­ment contre la gra­tuité des trans­ports (avec des argu­ments tota­le­ment fal­la­cieux d’ailleurs), ce col­lec­tif n’a aucune chance.

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