Université Grenoble Alpes : la nouvelle année « c’est party » ou c’est mal parti ?

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REPORTAGE – La nouvelle année scolaire est officiellement lancée sur le campus de Saint-Martin-d’Hères. Des milliers d’étudiants se sont retrouvés jeudi 12 septembre pour la quatrième édition d” « UGA c’est party ! » Au programme : jeux, sports, concerts… Une fête à laquelle n’ont pas souhaité se joindre certains étudiants, très critiques envers la politique de l’université grenobloise.

 

 

Jeudi 12 septembre, l'événement UGA c'est party ! a rassemblé des milliers d'étudiants. Cependant, certains n'ont pas souhaité se mêler à la fête…Les courses sont chaque année un succès. Les participants découvrent le campus et obtiennent un T-shirt gratuit au couleur de l'événement.

Les courses sont chaque année un suc­cès. Les par­ti­ci­pants découvrent le cam­pus et obtiennent un T‑shirt gra­tuit au cou­leur de l’é­vé­ne­ment. © Jules Peyron – Place Gre’net

Le désor­mais tra­di­tion­nel ren­dez-vous « UGA c’est party ! » se tenait sur le cam­pus, ce jeudi 12 sep­tembre. Depuis sa nais­sance il y a quatre ans, l’Université Grenoble Alpes (UGA) orga­nise en effet une jour­née entière de fête pour ses 48 000 étu­diants. « Le but c’est que les gens se ren­contrent, notam­ment les 9 000 nou­veaux arri­vants », explique Joris Benelle, direc­teur géné­ral des ser­vices à l’u­ni­ver­sité.

 

Durant toute l’a­près-midi, des mil­liers d’é­tu­diants se pressent ainsi sur la place cen­trale du cam­pus pour par­ti­ci­per aux nom­breuses acti­vi­tés. Ils testent des sports, prennent place dans un baby-foot géant, font du saut à l’élastique… Mais l’é­vé­ne­ment est vic­time de son suc­cès. Il faut par­fois faire plus d’une demi-heure de queue avant de se prê­ter au jeu.

 

 

De l’argent gaspillé ?

 

Jeudi 12 septembre, l'événement "UGA c'est party !" a rassemblé des milliers d'étudiants. Cependant, certains n'ont pas souhaité se mêler à la fête…Pour pouvoir profiter des nombreuses activités sur la place centrale du campus, il fallait s'armer de patience. "UGA c'est party" a été victime de son succès.

Pour pou­voir pro­fi­ter des nom­breuses acti­vi­tés sur la place cen­trale du cam­pus, il fal­lait s’ar­mer de patience. © Jules Peyron – Place Gre’net

« On attend entre 12 000 et 15 000 per­sonnes », lance un Joris Benelle tout sou­rire, ven­tant les qua­li­tés d’un évé­ne­ment « qui fait l’u­na­ni­mité ».

 

Vraiment ? À 300 mètres de la place cen­trale, devant la BU droit lettres, on trouve des étu­diants moins enthou­siastes. « UGA c’est mal parti », peut-on ainsi lire sur l’une de leurs ban­de­roles.

 

« C’est le bud­get dédié à la CVEC [contri­bu­tion de vie étu­diante et de cam­pus de 91 euros, que chaque étu­diant doit payer à chaque ren­trée depuis 2018, ndlr] qui sert à finan­cer cet évé­ne­ment », déplore Kim, ancien étu­diant de l’Université.

 

Sur la ques­tion du coût, Joris Benelle se veut ras­su­rant : « Pour un évé­ne­ment comme celui-là, nous sommes aux alen­tours des 50 000 euros, finan­cés presque exclu­si­ve­ment grâce au mécé­nat. » Pas de quoi faire chan­ger Kim d’a­vis : « Les mécènes pour­raient mettre leur argent autre part. 50 000 euros, ça fait beau­coup de cafés gra­tuits pour les étu­diants… »

 

Du côté de l'événement "UGA c'est mal parti", on cuisine, on discute et on critique la politique de l'université.

Du côté de l’é­vé­ne­ment « UGA c’est mal parti », on cui­sine, on dis­cute et on cri­tique la poli­tique de l’u­ni­ver­sité.

 

 

Les partenaires en renfort d’UGA c’est party !

 

Les par­te­naires de l’é­vé­ne­ment sont, il est vrai, nom­breux. On y trouve des acteurs pri­vés comme Orange, le Crédit agri­cole Sud Rhône-Alpes, la Mutuelle géné­rale de l’Éducation natio­nale (MGEN), mais aussi des col­lec­ti­vi­tés publiques, comme la Région ou le Département.

 

« Des par­te­naires qui n’ont rien à faire à l’u­ni­ver­sité », tranche Kim, tout en cui­si­nant des gnoc­chis. La cui­sine, c’est le cœur du petit évé­ne­ment « UGA c’est mal parti ». Elle marque aussi le lan­ce­ment d’une nou­velle année pour la Tambrouille, can­tine végan à prix libre créée en 2016 à Saint-Martin-d’Hères. « Un pro­jet qui est cohé­rent avec notre logique de réap­pro­pria­tion de l’es­pace sur le cam­pus, à l’en­contre de la logique néo­li­bé­rale de pri­va­ti­sa­tion que mène l’u­ni­ver­sité », ana­lyse Salomé, étu­diante à Science-Po.

 

Du côté de l'événement "UGA c'est mal parti", on cuisine, on discute et on critique la politique de l'université.

Du côté de l’é­vé­ne­ment « UGA c’est mal parti », on cui­sine, on dis­cute et on cri­tique la poli­tique de l’u­ni­ver­sité. © Jules Peyron – Place Gre’net

À côté des mar­mites de la Tambrouille, les Gilets jaunes sont aussi venus tenir un petit stand. Ici, pas de saut à l’élastique. Quelques dizaines de per­sonnes gra­vitent autour de ce contre-évé­ne­ment, bien loin des mil­liers d’é­tu­diants que brasse « UGA c’est party ! », à proxi­mité.

 

 

L’année commence en musique

 

Le groupe pop Papooz a fait le show et le public grenoblois n'a pas oublié de se déhancher.

Le groupe pop Papooz s’est pro­duit lors de la soi­rée. © Jules Peyron – Place Gre’net

Le soleil décline et les concerts peuvent com­men­cer. Devant la biblio­thèque uni­ver­si­taire, du rap avec une sono pour les dis­si­dents, mais sans scène. Ce n’est pas d’ici que résonne la musique qu’on entend sur tout le cam­pus mais bien de la grande scène de « UGA c’est party ! » qui a mis les petits plats dans les grands avec quatre concerts.

 

Les artistes s’y enchaî­ne­ront entre 18 h 30 et jus­qu’à 00 h 30 devant un public conquis. La pop du groupe Papooz et l’élec­tro­beat­box de Saro met­tront notam­ment le feu en deuxième par­tie de soi­rée.

 

Plusieurs milliers d'étudiants sont venus à UGA c'est party ! profiter des concerts gratuits sur le campus.

Plusieurs mil­liers d’é­tu­diants sont venus pro­fi­ter des concerts gra­tuits sur le cam­pus. © Jules Peyron – Place Gre’net

 

Deux lieux, deux ambiances, deux visions de l’u­ni­ver­sité. La ren­trée uni­ver­si­taire 2019 – 2020 a été lan­cée en musique sui­vant deux tem­pos bien dif­fé­rents, ce jeudi. De quoi s’at­tendre à quelques fausses notes pour cette nou­velle année uni­ver­si­taire ?

 

Jules Peyron

 

Musée de Grenoble et ses artistes du XIXe siècle
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