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Grève des urgentistes : malgré quelques avancées au Samu de Grenoble, la mobilisation se poursuit

Grève des urgentistes : malgré quelques avancées au Samu de Grenoble, la mobilisation se poursuit

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FOCUS – La trêve estivale n’a pas eu d’effet sur la détermination des urgentistes isérois qui poursuivent leur mobilisation. S’ils estiment avoir obtenu quelques avancées, les services d’urgence de Grenoble, Voiron, Bourgoin-Jallieu et de La Mure maintiennent leur mouvement de grève. Les revendications restent inchangées : plus de lits, de personnel, une revalorisation des salaires et l’amélioration des conditions de travail. 

 

 

Mobilisation des urgentistes du 2 juillet. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Mobilisation des urgen­tistes du 2 juillet. © Joël Kermabon – Place Gre’net

La trêve esti­vale n’a en rien entamé la déter­mi­na­tion des urgen­tistes en colère mobi­li­sés depuis la mi-juin pour l’a­mé­lio­ra­tion de leurs condi­tions de tra­vail. À tra­vers toute la France, plus de 210 ser­vices d’ac­cueil et de trai­te­ment des urgences (SAU) sont en grève et le mou­ve­ment ne cesse de s’étendre.

 

En Isère, mal­gré des conces­sions du CHU de Grenoble (Chuga) au Samu 38, les urgences de Grenoble, Voiron, Bourgoin-Jallieu et de La Mure conti­nuent à main­te­nir la pres­sion. Le tout sans que le fonc­tion­ne­ment des ser­vices soit tou­te­fois affecté, l’ac­cueil des patients et les secours d’ur­gence res­tant, bien sûr, entiè­re­ment assurés.

 

Leurs reven­di­ca­tions ? Elles res­tent inchan­gées. À savoir, plus de lits, plus de per­son­nel et la reva­lo­ri­sa­tion des salaires. Sans oublier la recon­nais­sance et l’a­mé­lio­ra­tion de condi­tions de tra­vail jugées dif­fi­ciles, notam­ment à tra­vers un départ anti­cipé à la retraite.

 

 

Une prime de 90 euros pour les urgentistes contractuels et sept postes supplémentaires

 

« Il y a eu des avan­cées. Notamment sur cer­taines reven­di­ca­tions des assis­tants de régu­la­tion médi­cale (ARM) du Samu 38 », explique Marie Rofidal, elle-même ARM du Samu 38. En effet, un accord avec le CHU a per­mis aux ARM contrac­tuels d’ob­te­nir une prime de 90 euros bruts. Une manière de leur accor­der un avan­tage qu’a­vaient déjà les titu­laires, afin de rendre le poste plus attrac­tif. De quoi évi­ter aussi un trop impor­tant turn over en inci­tant les gens à ne pas quit­ter leur emploi.

 

Marie Rofidal, assistante de régulation médicale au Samu 38. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Marie Rofidal, assis­tante de régu­la­tion médi­cale au Samu 38. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Nous, nous sommes contents. Ça n’est pas rien sur un salaire d’ARM ! Mais nous sommes là dans les limites de ce qu’un CHU peut faire loca­le­ment en matière de rému­né­ra­tions », regrette-elle. De fait, pré­cise l’ur­gen­tiste, pour les titu­laires, « les hôpi­taux n’ont aucun pou­voir de déci­sion, c’est sta­tu­taire, donc natio­nal ».

 

Les avan­cées annon­cées ne s’ar­rêtent tou­te­fois pas là. « Nous avons obtenu au total sept postes, c’est énorme ! », se réjouit l’ur­gen­tiste. Comment seront-ils finan­cés ? « Par l’ar­rêt du paie­ment des heures sup­plé­men­taires des ren­forts lors des pics d’ac­ti­vité », pré­cise Marie Rofidal. L’idée est cohé­rente, assure cette der­nière. « Au lieu de payer plus cher des heures à des agents en poste, on uti­lise cet argent pour rému­né­rer des agents pérennes. »

 

 

Des patients souvent plus de six heures sur des brancards

 

Voilà pour le Samu. Qu’en est-il des urgences ? « Des efforts ont été faits, en par­ti­cu­lier pour ren­for­cer le plan­ning médi­cal en deman­dant de l’aide aux ser­vices », rap­porte Marie Rofidal. Concrètement ? Les méde­cins des ser­vices vien­dront à la res­cousse des méde­cins urgen­tistes. « Un plus indé­niable pour l’é­quipe », estime l’as­sis­tante de régulation.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Autant de pro­grès notables qui n’ont pour autant « pas amé­lioré les pro­blèmes de lits avals et de fer­me­tures de lits dans les ser­vices », appuie Marie Rofidal.  « Les patients ne peuvent pas être hos­pi­ta­li­sés et “squattent” d’une cer­taine façon les urgences », déplore-t-elle. Ce « mal­gré les efforts sur le papier », pour­suit l’ARM.

 

« La ten­dance est tel­le­ment à la fer­me­ture que les besoins ne sont pas com­pen­sés », déplore-t-elle. « On a régu­liè­re­ment des patients, sou­vent âgés donc fra­giles, qui passent plus de six heures sur des bran­cards ! »

 

Une situa­tion qui a empiré dans le cou­rant de l’été, la satu­ra­tion du ser­vice des urgences n’al­lant qu’en s’accentuant. Et pour cause, en capa­cité de gérer envi­ron 160 entrées par jour, le per­son­nel a dû régu­liè­re­ment faire face à 180, voire 200 admis­sions dans une même jour­née. Pas mieux à Voiron où les urgences sont éga­le­ment satu­rées, tan­dis qu’au Smur de Bourgoin-Jallieu il manque tou­jours cruel­le­ment une équipe.

 

 

Des pics d’activité « énormes » au Samu et aux urgences lors des périodes caniculaires

 

Et bien sûr, les période cani­cu­laires n’ont fait qu’empirer les choses. « Nous avons enre­gis­tré des pics d’ac­ti­vité énormes, aussi bien au Samu qu’aux urgences », témoigne Marie Rofidal. Qui regrette l’ab­sence de tout ren­fort lié à la cani­cule, ce qui a accru encore un peu plus l’ef­fet de satu­ra­tion. Globalement, sur l’en­semble du mois de juillet, 300 per­sonnes ont dû attendre dans les cou­loirs des urgences une place d’hospitalisation.

 

Opération de sensibilisation du public lors de la mobilisation du 2 juillet. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Opération de sen­si­bi­li­sa­tion du public lors de la mobi­li­sa­tion du 2 juillet 2019. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

L’impact sur les patients des grèves ponc­tuelles menées depuis juin ? Il est nul, assure Marie Rofidal. « Que nous soyons en grève ou pas, le ser­vice tourne tou­jours exac­te­ment de la même façon », assure-t-elle. « La seule dif­fé­rence c’est que l’ad­mi­nis­tra­tion est contrainte de nous remettre en main propre des assi­gna­tions. De plus, ça nous per­met de pou­voir éta­blir des chiffres sur le pour­cen­tage de gré­vistes par­ti­ci­pant aux mou­ve­ment ». Le tout en par­faite coor­di­na­tion avec les syn­di­cats en charge de dépo­ser les pré­avis de grève.

 

Malgré de substantielles avancées au Samu de Grenoble, la mobilisation des urgentistes isèrois ne faiblit pas et leurs revendications restent inchangées © Joël Kermabon - Place' Gre'net

© Joël Kermabon – Place” Gre’net

Quid de la réponse aux trois prin­ci­pales reven­di­ca­tions des urgen­tistes ? « On nous fait le coup du ping-pong local-natio­nal. “Voyez ça avec votre direc­tion d’é­ta­blis­se­ment ou voyez avec le minis­tère”, nous dit-on. On ne sait jamais vrai­ment qui s’oc­cupe de quoi ! » Or, pour Marie Rofidal, ces reven­di­ca­tions sont par­fai­te­ment justifiées.

 

« C’est tel­le­ment simple, ça saute aux yeux ! C’est pour ça que le mou­ve­ment prend tant d’am­pleur, même au cours de l’été ! », souligne-t-elle.

 

 

Une mobilisation régionale avant une assemblée générale et une grande journée d’action

 

Toujours est-il que les urgen­tistes de Grenoble se féli­citent de l’o­reille que leur prête la direc­tion du CHU. « Comparé à d’autres centres hos­pi­ta­liers, il n’y a pas de déni des reven­di­ca­tions », recon­naît Marie Rofidal. Même si « sub­sistent les pro­blèmes d’ou­ver­tures de lits, de moyens struc­tu­rels, notam­ment en matière d’emploi qui ne peuvent lui être impu­tés ».

 

© Collectif Inter urgences Grenoble

© Collectif Inter urgences Grenoble

L’assistante de régu­la­tion rap­pelle par ailleurs que « l’hô­pi­tal est déclaré offi­ciel­le­ment en ten­sion depuis plus de trente jours ». Les causes ? Elles sont mul­tiples et extrê­me­ment dif­fi­ciles à cer­ner, selon elle.

 

« C’est très com­pli­qué de poin­ter exac­te­ment du doigt le nombre de lits fer­més, ceux qui sont néces­saires. Sont-ils fer­més le matin ou bien à cause du manque de per­son­nel ou d’autres pro­blé­ma­tiques ? »

 

En tout cas, affirme Marie Rofidal, « la direc­tion du CHU est bien consciente que c’est sur ces chiffres-là que nous nous bat­tons. »

 

Les suites du mou­ve­ment ? Une mobi­li­sa­tion régio­nale des urgen­tistes pré­vue le 9 sep­tembre. En ligne de mire ? L’Agence régio­nale de santé (ARS), l’or­ga­nisme garant de l’ap­pli­ca­tion des poli­tiques de santé au niveau régio­nal. Suivra, le 10 sep­tembre, une assem­blée géné­rale de l’en­semble des ser­vices en grève, à l’ap­pel du col­lec­tif Inter urgence, et l’or­ga­ni­sa­tion d’une grande jour­née natio­nale d’action.

 

Joël Kermabon

 

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