Personnes à la rue : de la compassion mais pas de solutions du côté de Grenoble-Alpes Métropole

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EN BREF – Après plusieurs semaines d’interpellation acharnées des élus territoriaux, les associations de soutien aux personnes à la rue ont été reçues ce mercredi 24 juillet à Grenoble-Alpes Métropole. Plus d’une heure d’entretien avec Françoise Cloteau, vice-présidente déléguée à l’hébergement et aux gens du voyage… mais les militants déplorent l’absence de réponses concrètes.

 

 

Françoise Cloteau, vice-présidente de la Métro déléguée à l'hébergement et aux gens du voyage. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Françoise Cloteau, vice-pré­si­dente de la Métro délé­guée à l’hé­ber­ge­ment et aux gens du voyage. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Ce n’est pas un cri de joie qu’ont lâché les mili­tantes d’associations d’aide aux per­sonnes à la rue*, après avoir été reçues hier en délé­ga­tion par Françoise Cloteau. Elles atten­daient pour­tant depuis plu­sieurs semaines ce ren­dez-vous avec l’é­lue délé­guée à l’hébergement et aux gens du voyage à Grenoble-Alpes Métropole. Notamment suite aux expul­sions esti­vales et aux éva­cua­tions des camps de migrants.

 

 

De l’écoute, de la compréhension mais peu d’avancées

 

La ren­contre était cour­toise et empreinte de com­pas­sion. Toutefois, les repré­sen­tantes res­tent ainsi dubi­ta­tives en rai­son de l’absence de solu­tions concrètes pro­po­sées par la métro­pole. D’autant plus que plu­sieurs familles récem­ment héber­gées par la ville et la pré­fec­ture seraient de nou­veau à la rue.

 

Rassemblement de familles à la rue et d'associations devant la Métro, 24 juillet 2019 © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Rassemblement de familles à la rue et d’as­so­cia­tions devant la Métro, 24 juillet 2019. © Nina Soudre – Placegrenet.fr

 

« Comme d’habitude, on com­prend notre constat. On nous dit qu’on a rai­son mais que la métro­pole n’a pas les moyens d’intervenir et que l’État l’empêche d’aller sur ces pré­ro­ga­tives », regrette Martine François, membre du réseau édu­ca­tion sans fron­tières de l’Isère. Et celle-ci d’en conclure amè­re­ment qu’il n’y a, à ce jour, « aucune solu­tion envi­sa­gée [ni] envi­sa­geable ».

 

 

Les associations rejettent désormais les solutions « temporaires »

 

Une grande par­tie des per­sonnes logées dans le gym­nase de la Houille Blanche béné­fi­cie­raient en réa­lité d’une solu­tion d’hébergement jugée « pérenne » par les auto­ri­tés… et ban­cale par les asso­cia­tions.

 

Les réfugiés devant le gymnase de la Houille Blanche, 1er juillet 2019 - © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Les réfu­giés devant le gym­nase de la Houille Blanche, 1er juillet 2019. © Nina Soudre – Placegrenet.fr

En effet, ces der­nières dénoncent régu­liè­re­ment les retour­ne­ments de situa­tion que connaissent les per­sonnes à la rue.

 

Il devient ainsi de plus en plus dif­fi­cile pour elles de croire à la péren­nité des solu­tions pro­po­sées… quand la situa­tion d’hébergement change de jour en jour, sans infor­ma­tions préa­lables de la part des auto­ri­tés.

 

Les mili­tants ont, de leur côté, sug­géré des solu­tions à la Métro. Par exemple, l’occupation des immeubles devant être démo­lis l’an pro­chain, en atten­dant une alter­na­tive plus durable pour les familles. Le refus de la Métro leur semble d’autant plus amer que 16 000 loge­ments vacants ont été réfé­ren­cés par l’association Un toit pour tous.

 

 

« L’important c’est que les gens soient ensemble »

 

Ce que dénon­çaient éga­le­ment les asso­cia­tions pré­sentes rue Malakoff, c’est l’absence de solu­tions per­met­tant de ne pas iso­ler les per­sonnes à la rue. « Si on laisse les gens sépa­rés, ils ne diront jamais leurs aspi­ra­tions », déplore ainsi Martine François. « Quitte à ce que ce soit des gym­nases, l’important c’est que les gens soient ensemble, pro­té­gés, enten­dus et recon­nus par leurs aspi­ra­tions », estime-t-elle.

 

Plusieurs dizaines de personnes se sont mobilisées à proximité de la gare ce vendredi 28 juin au matin, cours Berriat, pour "exiger" une "immédiate mise à l'abri"

Plusieurs dizaines de per­sonnes s’é­taient mobi­li­sées cours Berriat à proxi­mité de la gare, le 28 juin, pour « exi­ger » une « immé­diate mise à l’a­bri ». © Nina Soudre

Les asso­cia­tions assurent par ailleurs que plu­sieurs familles accep­te­raient de s’éloigner de Grenoble si un loge­ment était dis­po­nible à la péri­phé­rie de l’agglomération.

 

Quelques solu­tions existent donc mais n’ar­rivent pas aux oreilles des per­sonnes concer­nées. Soit en rai­son de leur iso­le­ment, soit parce qu’on pense qu’elles veulent res­ter en ville.

 

La situa­tion reste ainsi irré­so­lue, tan­dis que de nom­breuses familles dorment encore dehors, dans des parcs muni­ci­paux entre autres. Et que plu­sieurs enfants sont hos­pi­ta­li­sés chaque jour pour cause de déshy­dra­ta­tion.

 

Nina Soudre

 

 

  • * Le Dal38, RESF38, la Cisem, le CIIP
Musée de Grenoble et ses artistes du XIXe siècle
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Commentaires 1
  1. Quelques pré­ci­sions sur les loge­ments vacants dans l’ag­glo­mé­ra­tion, à lire ici : https://www.anah.fr/actualites/detail/actualite/a‑grenoble-un-plan-de-lutte-contre-la-vacance/
    « Un Toit Pour Tous » a consa­cré un « 12−14 » (https://www.untoitpourtous.org/les-12 – 14/) le 11 juin der­nier à la ques­tion sui­vante « Comment pro­duire du loge­ment abor­dable ? », et il en res­sort que c’est fort com­plexe de rendre dis­po­nibles à la loca­tion la plu­part des loge­ments réper­to­riés comme vacants par les ser­vices fis­caux.

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