Personnes malades à la rue : 20 lits d’accueil médicalisés installés à la Villeneuve

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FIL INFO – Vingt lits d’accueil médicalisés destinés aux personnes malades à la rue ont intégré temporairement la résidence pour personnes âgées Le Lac. Un projet en germe depuis le Plan municipal de santé de 2015 et qui a pu être entièrement financé suite à un appel à projet lancé en 2017 avec l’Agence régional de santé.

 

 

Vingt lits d’accueil médicalisés pour les personnes malades à la rue ont intégré temporairement la résidence pour personnes âgées Le Lac, à la Villeneuve.Marginal en train de dormir à coté du cinéma Pathée à Chavant SDF sans abri sans domicile fixe © Eléonore Bayrou

Sans-abri en train de dor­mir à coté du cinéma Pathé  Chavant à Grenoble. © Eléonore Bayrou

En cette période de mobi­li­sa­tion pour les per­sonnes à la rue, vingt lits d’accueil médi­ca­li­sés (Lam) ont été ins­tal­lés au sein de la Résidence du Lac, dans le quar­tier de l’Arlequin. Une déci­sion murie depuis l’élaboration du Plan muni­ci­pal de santé de 2015 et approu­vée lors du conseil muni­ci­pal du 8 juillet 2019.

 

Pour l’adjointe à la Santé, Mondane Jactat, ce pro­jet anti­cipe la crois­sance de l’urbanisation qui s’accélère en Europe. Elle devrait atteindre 80 % de la popu­la­tion d’ici dix ans.

 

 

Un lieu pour des personnes gravement malades et sans domicile fixe

 

Le dis­po­si­tif médico-social des lits d’accueil médi­ca­li­sés doit accueillir des per­sonnes majeures, sans domi­cile fixe et atteintes de patho­lo­gies lourdes et chro­niques, irré­ver­sibles ou han­di­ca­pantes. Une prise en charge qui man­quait à Grenoble. En effet, jus­qu’a­lors aucune autre struc­ture ne pou­vait s’occuper de ces malades en perte d’autonomie.

 

Quant à la durée du séjour, elle devrait s’adapter à la situa­tion sani­taire et sociale des per­sonnes et per­mettre la construc­tion de leur « pro­jet de vie ».

 

 

Plus qu’un lit, un lieu d’accueil et d’accompagnement

 

Au-delà de la dis­pense de soins médi­caux et para­mé­di­caux, les lits d’accueil médi­ca­li­sés doivent aussi four­nir aux per­sonnes accueillies une « édu­ca­tion à la santé » et une « édu­ca­tion thé­ra­peu­tique ». En somme, les accom­pa­gner dans leur prise en charge à l’a­ve­nir.

 

Vingt lits d’accueil médicalisés pour les personnes malades à la rue ont intégré temporairement la résidence pour personnes âgées Le Lac, à la Villeneuve.Mondane Jactat, porteuse de la délibération. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Mondane Jactat, adjointe à la santé. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Les soi­gnants auront éga­le­ment la res­pon­sa­bi­lité d’aider les malades à faire valoir leurs droits. Tout en construi­sant avec eux un « pro­jet de vie » stable. Pour Mondane Jactat, adjointe à la santé, « Grenoble (…) conti­nue sur sa lan­cée en liant envi­ron­ne­ment, jus­tice sociale et santé au cœur de ses poli­tiques publiques pour récon­ci­lier le « vivre en ville » et le « bien-vivre » »

 

 

Une dynamique partenariale entre les acteurs du territoire

 

Réunis pour la der­nière fois de l’été, les conseillers muni­ci­paux ont donc adopté la charte défi­nis­sant les objec­tifs et les enga­ge­ments des par­te­naires du pro­jet. CHU, CCAS, per­son­nels de santé, asso­cia­tions et Ville de Grenoble, tous sont ras­sem­blés au sein d’un « groupe de tra­vail par­te­na­rial d’orientation » chargé de faire évo­luer le dis­po­si­tif.

 

Le Samu 38 au CHU Grenoble-Alpes. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Le Samu 38 au CHU Grenoble-Alpes., notam­ment à l’o­ri­gine du pro­jet. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Certains de ces acteurs ter­ri­to­riaux, comme Médecins du Monde, le CHU ou le 115, sont à l’o­ri­gine du pro­jet. En effet, ils avaient alerté la muni­ci­pa­lité, dès 2015, sur la néces­sité d’avoir un lieu d’accueil et d’accompagnement pour les SDF. Ils forment désor­mais, avec d’autres acteurs civils et ins­ti­tu­tion­nels, un comité de pilo­tage dont le rôle est d’aiguiller le CCAS dans la ges­tion des vingt lits d’accueil médi­ca­li­sés gre­no­blois.

 

À par­tir de 2022, les lits de la rési­dence du Lac s’installeront dans les locaux de l’actuel Ehpad des Delphinelles-Teisseire. Cette der­nière aura, d’ici-là, démé­nagé dans le quar­tier Flaubert.

 

Nina Soudre

 

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Commentaires 4
  1. Pourquoi à la Villeneuve, pour­quoi pas au centre ville ? Villeneuve est il un lieu ou tout etre en détresse doit être ins­tallé ? Apres les popu­la­tions fra­giles, les migrants serbes, alba­nais, etc. les SDF malades !
    Quelle drôle concep­tion de ges­tion des habi­tants sur Grenoble.

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    • vous avez peut être un lieu à pro­po­ser au centre ville ?
      Où sont donc ins­tal­lés les « les migrants serbes, alba­nais, etc. » ?

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      • Bien sur, il y a plu­sieurs lieux dans le centre et les migrants sont ins­tal­lés dans des gym­nases (comme le Lac), par exemple.

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        • Vous ne don­nez tou­jours pas d’a­dresse de lieux au centre ville où pour­rait s’ins­tal­ler un foyer abri pour SDF malades.
          Il n’y a pas de gym­nase au Lac, les migrants qui étaient cours Berriat et que ni la pré­fec­ture ni le conseil dépar­te­men­tal n’ont logés, ne sont pas à La Villeneuve.

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