Fête nationale : une centaine de gilets jaunes ont pris la Bastille… à Grenoble

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REPORTAGE VIDÉO – Après les sans-culottes, ce sont les gilets jaunes qui ont pris la Bastille ce dimanche 14 juillet, toute la journée. Une centaine de militants et sympathisants ont ainsi conflué au parking du glacis dans une ambiance festive et conviviale. L’occasion de montrer qu’ « à Grenoble on est peut-être pacifiques mais on est là ! » explique Fabienne, gilet jaune de la première heure.

 

 

Les Gilets jaunes font coucou à une caméra de Google Maps, 14 juillet, la Bastille de Grenoble - Nina Soudre - Place Grenet.fr

Les Gilets jaunes font cou­cou à une caméra de Google Maps, 14 juillet, depuis la Bastille de Grenoble. © Nina Soudre – Place Grenet.fr

 

C’est à la Bastille que les gilets jaunes ont donné ren­dez-vous aux Grenoblois hier toute la jour­née. Coïncidence ? Sûrement pas ! L’histoire de la fête natio­nale ne pou­vait que faire écho à leurs luttes des der­niers mois. Dans une ambiance déten­due et convi­viale, les mani­fes­tants du samedi ont ainsi occupé le par­king du gla­cis avant de déployer un gilet jaune géant à l’arrivée du télé­phé­rique.

 

 

 

Pas de vacances pour les gilets jaunes

 

Malgré les vacances sco­laires et l’épuisement d’une par­tie des mani­fes­tants, les gilets jaunes de la région gre­no­bloise ont sou­haité mon­trer hier qu’ « à Grenoble, on est peut-être paci­fiques mais on est là ! ».

 

Pour ce faire, nul besoin de dégra­da­tions ou de rodéo urbain, seule­ment des voix pour enton­ner des « on est là ! », des mains pour faire cou­cou à la caméra de Google Maps (voir photo) et des bras pour étendre un gilet jaune géant. Un évé­ne­ment qui « sort de l’ordinaire et qui fait se ren­con­trer les gens », se réjouit Kevin, jeune ani­ma­teur de Grenoble.

 

Même s’ils n’étaient qu’une cen­taine, leur pré­sence n’est pas pas­sée inaper­çue. Et, en dépit de quelques regards répro­ba­teurs, la jour­née s’est dérou­lée sans accroc et a per­mis de faire pas­ser des mes­sages.

 

 

Du côté du par­king où cer­tains s’étaient ins­tal­lés, l’heure était plu­tôt à la pétanque et au pique-nique sur les sons de DJ Monette Wouah wouah, l’am­bian­ceuse des GJ. Gilets jaunes et Grenoblois ont même par­tagé le dan­ce­floor du télé­phé­rique avant le feu d’artifice.

 

 

Une date symbolique

 

"Les Gilets jaunes prennent la Bastille", 14 juillet 2019 - Nina Soudre - Placegrenet.fr

« Les Gilets jaunes prennent la Bastille », 14 juillet 2019. © Nina Soudre – Placegrenet.fr

Il n’y a pas qu’à Grenoble que les GJ ont décidé de fêter la Révolution. Dans plu­sieurs grandes villes de France, l’anniversaire a effec­ti­ve­ment donné lieu à plu­sieurs ras­sem­ble­ments plus ou moins vin­di­ca­tifs.

 

Pour Fabienne et Pascale, gilets jaunes de la région depuis le début du mou­ve­ment, l’occasion était trop belle pour ne pas dénon­cer ce qu’elles consi­dèrent comme une « démo­cra­tie de monarques », dans laquelle « les pri­vi­lèges sont en train de reve­nir de plus belle ».

 

Après les nom­breuses vio­lences poli­cières dénon­cées sur les réseaux sociaux, les gilets jaunes entendent aussi mon­trer qu’ils ne ces­se­ront pas le mou­ve­ment. Une ques­tion les taraude tout de même : « Est-ce que les gens vont reve­nir dans la rue après la répres­sion ? »

 

Huit mani­fes­tants devraient effec­ti­ve­ment être jugés à Grenoble au cours du mois de sep­tembre.

 

Nina Soudre

 

 

La bilan du mouvement vu par les gilets jaunes

 

En neuf mois de mobi­li­sa­tion, dif­fi­cile de faire le bilan d’un mou­ve­ment com­po­site dont l’image a for­te­ment évo­lué au fil des « actes ».

 

Kevin et Adrien, deux jeunes gilets jaunes arri­vés dans le mou­ve­ment en décembre, se sont quand même sou­mis à l’exercice. S’ils ont attendu plu­sieurs semaines pour rejoindre le mou­ve­ment, c’est par peur de ses affi­ni­tés d’extrême-droite.

 

Une partie des gilets jaunes réunis à la Bastille pour le 14 juillet © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Une par­tie des gilets jaunes réunis à la Bastille pour le 14 juillet © Nina Soudre – Placegrenet.fr

« On a un peu hésité, puis on s’est rendu compte que c’était pas ça (…) Pour un mou­ve­ment qui vient du peuple, c’est nor­mal qu’il y ait des gens de tous les bords », expliquent-ils.

 

Pour eux, « ça a per­mis à des gens non poli­ti­sés de venir se ren­sei­gner et mani­fes­ter (…), de prendre les déci­sions ensemble au lieu de lais­ser faire d’autres per­sonnes ».

 

 

Pour ce qui est de la ren­trée, rien n’est cer­tain. « On espère qu’il y aura un renou­veau mais c’est tou­jours impré­vi­sible (…) Le gou­ver­ne­ment n’a quand même pas tant reculé que ça », concluent les deux jeunes mili­tants.

 

Musée de Grenoble et ses artistes du XIXe siècle
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