Notes et rattrapages du bac 2019 : des jurys de Grenoble veulent porter plainte

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FOCUS – Personnels grévistes de l’Éducation nationale, lycéens et parents d’élèves se sont rassemblés ce mercredi 10 juillet 2019 devant le rectorat. Ils dénoncent l’irrégularité de la notation du bac décidée par le ministre Jean-Michel Blanquer, suite aux rétentions de notes. Les jurys veulent porter plainte devant le tribunal administratif et poursuivre la mobilisation après la période estivale.

 

 

Rassemblement contre la nota­tion du bac 2019 devant le rec­to­rat de Grenoble, 10 juillet 2019. © Pauline Defélix

Dans le cadre du mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion contre la loi Blanquer, une réten­tion de copies du bac­ca­lau­réat a per­turbé l’an­nonce des résul­tats de l’exa­men. Grenoble est la qua­trième aca­dé­mie en France à avoir mené cette opé­ra­tion, avec envi­ron 40 000 copies rete­nues. Devant l’ab­sence de notes, le minis­tère a opté pour un rem­pla­ce­ment par les notes du contrôle continu.

 

Conséquence : des résul­tats non repré­sen­ta­tifs pour les élèves. Un ras­sem­ble­ment orga­nisé par l’Union syn­di­cale soli­daires Isère a ainsi réuni parents, profs et élèves devant le rec­to­rat mer­credi 10 juillet à 17h30.

 

 

Parents, profs et élèves protestent

 

La déci­sion de Jean-Michel Blanquer a mis le bac sens des­sus-des­sous, selon les ensei­gnants pré­sents. Yann Di Bartoloméo, membre de l’Union natio­nale lycéenne, témoigne : « Il y avait des élèves qui ne savaient pas s’ils avaient ou non le bac, et qui décou­vraient une note dif­fé­rente de celle annon­cée une fois qu’ils se ren­daient aux rat­tra­pages. On ne pou­vait pas se fier aux infor­ma­tions don­nées ! ». Mardi 9 juillet, der­nier jour des rat­tra­pages, cer­tains élèves ne savaient tou­jours pas s’ils allaient ou non être convo­qués, ajoute-t-il.

 

Bac 2019 : des enseignants de l'académie de Grenoble veulent porter plainte devant le tribunal administratif et poursuivre la mobilisation après l'été.

Rassemblement contre la nota­tion du bac 2019 devant le rec­to­rat de Grenoble, 10 juillet 2019. © Pauline Defélix

 

Jacob Lamblin, membre de Fédération des conseils de parents d’élèves, explique que la FCPE a éga­le­ment appelé les parents d’élèves à être pré­sents au ras­sem­ble­ment ce mer­credi soir, sans avoir néces­sai­re­ment sou­tenu la réten­tion des notes. La fédé­ra­tion est en désac­cord avec ce mode de nota­tion qu’elle qua­li­fie d’inégale et d’injuste pour les familles. Elle pointe éga­le­ment l’at­ti­tude du minis­tère, qui fait selon elle la sourde oreille. Le parent d’é­lève consi­dère qu’il aurait suffi de déca­ler l’annonce des résul­tats pour évi­ter cette situa­tion. « On encou­rage les élèves à faire des recours », déclare-t-il.

 

 

Accusations d’irrégularités contre le ministère

 

Benjamin Moisset, membre de Sud Éducation, relate le dérou­le­ment des jurys du lycée Aristide-Bergès où il était pré­sent : « Il était impos­sible de connaître si la note était rete­nue ou pas. On a fait voter des motions par les jurys. Aujourd’hui, tous les jurys de Bergès ont refusé. »

 

Rassemblement contre la nota­tion du bac 2019 devant le rec­to­rat de Grenoble, 10 juillet 2019. © Pauline Defélix

 

Le syn­di­ca­liste pré­cise avoir pris les pro­cès-ver­baux en photo. « On a des preuves par les pho­tos que les PV ont été trans­formé par les chefs d’établissements et des centres d’examens », affirme-t-il. L’enseignant sou­tient en effet qu’il y a des ten­ta­tives de fal­si­fi­ca­tions de pro­cès-ver­baux, afin d’enlever les preuves d’illé­ga­lité.

 

 

Projet de plainte devant le tribunal administratif

 

« On a invité les jurys à se plaindre avec les syn­di­cats », lance encore Benjamin Moisset. Les accu­sa­tions dépo­sées relèvent d’i­né­ga­li­tés externes comme internes. Les per­son­nels gré­vistes envi­sagent donc de por­ter plainte pour incom­pé­tence de l’auteur, détour­ne­ment de pro­cé­dure, atteinte au pou­voir de sou­ve­rai­neté du jury (en vertu du code de l’Éducation) et atteinte au droit de grève. En effet, le ministre de l’Éducation natio­nale a déclaré, le 9 juillet 2019, que des sanc­tions seraient pré­vues pour les pro­fes­seurs gré­vistes. « Cette crise a révélé un ministre qui ne res­pecte pas le droit », ajoute le membre de Sud Éducation.

 

Rassemblement contre la nota­tion du bac 2019 devant le rec­to­rat de Grenoble, 10 juillet 2019. © Pauline Defélix

 

Les per­son­nels de l’Éducation natio­nale ont éga­le­ment décidé de pour­suivre la mobi­li­sa­tion après la période esti­vale. Ils pro­jettent ainsi de par­ti­ci­per à une inter­syn­di­cale fin août. Puis à une assem­blée géné­rale le mer­credi 11 sep­tembre à 14 heures devant la Bourse du tra­vail de Grenoble.

 

Pauline Defélix

 

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Commentaires 1
  1. Je sou­tiens votre pro­jet je n’est pas eut mon bac a 1 points et je trouve des note aber­rante com­pa­rée au tra­vaille four­nie j’es­père vrai­ment qu’il reco­ri­ge­ront le bac­ca­lau­réat

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