Campagne estivale des espaces naturels sensibles : l’Isère promeut la biodiversité pour tous

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REPORTAGE – La campagne estivale des Espaces naturels sensibles (ENS) est bel et bien lancée en Isère. Au programme, 170 animations et événements gratuits à découvrir sur une trentaine de sites naturels, jusqu’au 22 septembre prochain. Visite guidée au bois de la Bâtie, dans les environs de Meylan, en compagnie d’une vingtaine d’animateurs et de Fabien Mulyk, vice-président du Département de l’Isère, chargé des ENS et de l’environnement.

 

 

Affichage à l'entrée du Bois de la Bâtie. Espaces Naturels Sensibles 2019.

Affichage à l’en­trée du Bois de la Bâtie. © Antoine Beau – Placegrenet.fr

Nous étions pré­ve­nus. À l’entrée de l’Espace natu­rel sen­sible du bois de la Bâtie, dans les envi­rons de Meylan, un pan­neau aver­tit les visi­teurs : « Accès décon­seillé en cas de vents vio­lents ».

 

En ce jour de mai, la météo est clé­mente. Mais la nature porte les marques du temps agité des semaines pré­cé­dentes. En témoignent un arbre allongé et ses racines hors du sol, aux abords du sen­tier qui pénètre dans le bois.

 

Nous sommes à dix minutes du centre-ville, et pour­tant déjà en pleine nature. Fabien Mulyk, chargé des ENS pour le Département, résume l’es­prit de ces espaces natu­rels : « Il s’agit de prendre conscience de la bio­di­ver­sité, sans la sacra­li­ser. »

 

Le bois de la Bâtie s’étend sur 110 hec­tares, avec un sen­tier amé­nagé qui longe l’étang du même nom. La masse d’eau a pro­fité de l’évolution plus ou moins natu­relle de l’Isère – ou de son « repro­fi­lage », comme nous l’explique l’équipe d’animateurs –, pour se nicher dans un de ses anciens méandres.

 

 

Les bienfaits du sureau noir et de la bardane

 

Nous nous arrê­tons aux abords d’un majes­tueux peu­plier pour une pre­mière ani­ma­tion et une com­pa­rai­son des dif­fé­rents tra­cés de l’Isère. Un peu plus loin, un petit maré­cage révèle l’abondance pas­sée des zones humides, très cou­rantes en France au Moyen-Âge.

 

Première animation proposée à l'ENS du Bois De La Batie. Espaces Naturels Sensibles 2019

Première ani­ma­tion pro­po­sée à l’ENS du Bois De La Bâtie. © Antoine Beau – Placegrenet.fr

Surprise : des iris des marais y ont poussé. Ce serait, paraît-il, la véri­table ori­gine de la fleur de lys des rois de France. Après avoir tra­versé un ver­ger, sublimé par une éclair­cie, l’équipe nous pré­sente les bien­faits du sureau noir et de la bar­dane, l’un pour soi­gner l’état grip­pal, l’autre uti­li­sée encore aujourd’hui comme sham­pooing.

 

Il faut conti­nuer la balade pour appré­cier la richesse de la bio­di­ver­sité. Cette fois-ci en silence, pour écou­ter les oiseaux, nom­breux dans les parages. Une cin­quan­taine se sont ins­tal­lés dans les envi­rons.

 

Clou de la visite, alors que le guide leur pré­sente la dif­fé­rence entre le héron cen­dré et le héron pour­pré, les visi­teurs assistent à un spec­tacle peu ordi­naire : une canne s’est fait attra­per la patte par un bro­chet. Oui, nous sommes bien à deux minutes de la sor­tie 24 – 1 de l’A41, dans le sens Grenoble-Chambéry. Difficile de faire plus simple d’ac­cès.

 

 

L’an dernier, 14 000 visiteurs ont participé aux animations sur les ENS isérois

 

La suc­cès des espaces natu­rels sen­sibles isé­rois ne se dément pas. Le Département estime ainsi à 14 000 le nombre de visi­teurs qui ont par­ti­cipé aux ani­ma­tions dis­pen­sées gra­tui­te­ment sur l’ensemble des sites ENS en 2018.

 

Quelques 20 000 élèves se sont par ailleurs ren­dus sur les lieux cette même année et 4 000 per­sonnes n’ayant pas ou peu accès à la nature ont pu pro­fi­ter de cette cam­pagne.

 

Fabien Mulyk et l'équipe d'animation des ENS présente lors du lancement 2019 © Antoine Beau - placegrenet.fr

Fabien Mulyk et l’é­quipe d’a­ni­ma­tion des ENS pré­sente lors du lan­ce­ment 2019. © Antoine Beau – placegrenet.fr

 

N’y a‑t-il pas un risque de sur-fré­quen­ta­tion ? Pour Fabien Mulyk, il s’agit d’« amé­na­ger pour cana­li­ser le public et pré­ser­ver d’autres zones ». Et la nature est une thé­ra­pie effi­cace dont il serait dom­mage de se pri­ver.

 

 

« Une bouffée d’oxygène »

 

Antoine Bariffaud, ani­ma­teur nature sur le sec­teur de Vienne, a l’habitude de s’occuper des visites dans leur dimen­sion sociale. Il conduit sur place des per­sonnes en situa­tion pré­caire, des enfants ou des per­sonnes âgés en balade.

 

Le verger du Bois de la Batie. Espaces Naturels Sensibles 2019

Le ver­ger du Bois de la Bâtie. © Antoine Beau – placegrenet.fr

« On obtient des résul­tats très inté­res­sants. », assure-t-il. Vécue comme une véri­table « bouf­fée d’oxygène », la ren­contre avec le vivant est sou­vent source d’une « très forte émo­tion », confirme Nathalie de Yparraguirre, coor­di­na­trice au sein du ser­vice patri­moine du Département.

 

Kenan, 9 ans, en a déjà appris beau­coup. Venu avec sa classe d’Ulis de l’école de Goncelin, il n’a déjà plus besoin des expli­ca­tions des ani­ma­teurs. « Les cas­tors ont rongé tout l’arbre, et ce qui reste, on appelle ça un crayon. Mais on ne peut pas voir ces ani­maux le jour, seule­ment la nuit », explique-t-il. Avant de repar­tir les yeux et la tête pleine de nature.

 

Antoine Beau

 

 

Le pro­gramme des ani­ma­tions est à retrou­ver sur le site d’Isère Tourisme.

 

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