L'artiste aérienne, Mélissa Von Vépy met en scène Noir M1. © CCN2

La 5e édi­tion du Grand ras­sem­ble­ment ambi­tionne de « faire appa­raître l’art où on ne l’at­tend pas » à Grenoble

La 5e édi­tion du Grand ras­sem­ble­ment ambi­tionne de « faire appa­raître l’art où on ne l’at­tend pas » à Grenoble

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FOCUS – La cin­quième édi­tion du Grand ras­sem­ble­ment ima­gi­née par le Centre cho­ré­gra­phique natio­nal de Grenoble va se dérou­ler les 15 et 16 juin pro­chains. Cette « mani­fes­ta­tion artis­tique tout-ter­rain » inves­tit cette année le centre-ville de Grenoble et s’installe au Théâtre muni­ci­pal, place Saint-André et alen­tours. Ateliers, spec­tacles, film, per­for­mances vont habi­ter la ville pour faire en sorte que « l’i­nat­tendu prenne le pas sur le banal ».

Présentation de la 5e édition du Grand rassemblement. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Présentation de la 5e édi­tion du Grand ras­sem­ble­ment. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Faire appa­raître l’art où on ne l’at­tend pas ». Telle est bien la marque de fabrique de la cin­quième édi­tion du Grand ras­sem­ble­ment (GR5), appe­lée à se dérou­ler les 15 et 16 juin en dif­fé­rents lieux de Grenoble.

Un évé­ne­ment déli­bé­ré­ment hors normes, fruit de l’i­ma­gi­na­tion du Centre cho­ré­gra­phique natio­nal de Grenoble (CCN2), cocons­truit avec le Théâtre muni­ci­pal de Grenoble en par­te­na­riat avec d’autres membres de la Trilogie.

En effet et sans sur­prise, ne retrouve-t-on pas éga­le­ment au géné­rique, aux côtés de la Cinémathèque de Grenoble, le Magasin des hori­zons et Le Pacifique ? Toujours est-il que, comme chaque année depuis cinq ans, l’évé­ne­ment pro­met, le temps d’un week-end, l’in­so­lite, l’é­ton­nant, l’i­nat­tendu, le détour­ne­ment des usages… Bref, « tout ce qui pour­rait ame­ner les habi­tants à regar­der leur ville autre­ment », résume l’organisation.

Des espaces cultu­rels et publics inves­tis par les artistes et les habitants

À cet effet, cette nou­velle édi­tion du Grand ras­sem­ble­ment, qui se targue d’être une « mani­fes­ta­tion artis­tique tout-ter­rain », ne compte pas déro­ger à la règle. C’est ainsi qu’il convie le public à des « tra­ver­sées inso­lites » à tra­vers une pro­gram­ma­tion « joyeu­se­ment éclec­tique » mêlant ate­liers, spec­tacles, film et autres per­for­mances. Le tout avec le désir de « ras­sem­bler des gens et des choses qui, d’or­di­naire, ne sont pas cen­sées se ren­con­trer ».

Rachid Ouramdane © Géraldine Aresteanu

Rachid Ouramdane. © Géraldine Aresteanu

Les ter­rains de jeu où vont conver­ger « les vrais ama­teurs d’art et d’autres qui le sont moins » ? À chaque édi­tion, son site. L’idée ? « Concevoir des spec­tacles sur mesure, faire débor­der l’art hors des pla­teaux cultu­rels ». Cette année, le Grand ras­sem­ble­ment inves­tit le théâtre muni­ci­pal, la ciné­ma­thèque de Grenoble mais aussi la place Saint-André, le Jardin de ville et la place d’Agier.

Pour autant, ce n’est pas là que le simple choix de lieux dif­fé­rents. C’est aussi la volonté de redon­ner du sens à la notion d’u­sa­ger des lieux cultu­rels. En d’autres termes ? Un besoin de mani­fes­ta­tion col­lec­tives « où les espaces cultu­rels et publics seraient inves­tis par les artistes et les habi­tants ». C’est d’ailleurs tout ce qui a fondé le concept des Grands ras­sem­ble­ments dont Rachid Ouramdane, codi­rec­teur du CCN2, nous aide à cer­ner les contours.

Espace ima­gi­naire, tra­ver­sées, conte, say­nètes, gira­tions et le Baltimore des sixties

À tout sei­gneur, tout hon­neur, c’est Yoann Bourgeois, l’autre codi­rec­teur du CCN2, qui va don­ner le coup d’en­voi d’une volée de pro­po­si­tions artis­tiques s’en­chaî­nant tout au long de l’a­près-midi du samedi 15 juin. Ainsi va-t-on pas­ser de l’es­pace ima­gi­naire et oni­rique d’Ophélie, son der­nier numéro, à la sla­ck­line de Nathan Paulin, un funam­bule de l’ex­trême, ten­due entre deux immeubles de la place Saint-André. Son spec­tacle, Traversée(s), sera repris au cré­pus­cule « pour deux fois plus de sen­sa­tions », fait miroi­ter l’organisation.

Nathan Paulin, un funambule de l’extrême. © Emmanuel Blanchet

Nathan Paulin, un funam­bule de l’extrême. © Emmanuel Blanchet

Il sera ensuite temps de décou­vrir Le secret des oiseaux, une pièce de Rachid Ouramdane don­née dans le hall du théâtre muni­ci­pal. Un conte pour enfant, au cours duquel la “der­viche” Lora Juodkaite ten­tera de faire vivre le vent nais­sant de sa gira­tion et de se méta­mor­pho­ser en cerf-volant. De quoi don­ner le ton avant de pas­ser aux autres pro­po­si­tions concoc­tées par les équipes du GR5.

Ainsi, sui­vront les say­nètes du col­lec­tif de cirque Petit Travers, les évo­lu­tions aériennes de Mélissa Von Vépy, avant que ne soit pro­je­tée en plein air la comé­die musi­cale Hairspray évo­quant le Baltimore des six­ties. Éclectisme joyeux avez-vous dit ?

Une plage en Chartreuse, un car­na­val, de la réa­lité vir­tuelle et des quar­tiers libres

Le len­de­main, dimanche 16 juin, embar­que­ment dès l’aube place Saint-André vers Une plage en Chartreuse, « un voyage à tra­vers des lieux ima­gi­naires ». Un tra­vail cho­ré­gra­phique de Catherine Contour, au cours duquel se déploient danses, écoutes, marches, gestes sonores, pro­jec­tions, col­la­tions, sieste, échanges et rêveries…

La jour­née sera ponc­tuée de bien d’autres sur­prises ou motifs d’é­ton­ne­ment. Citons notam­ment le Carnaval de Vania Vaneau fait de déam­bu­la­tions, marches, immo­bi­li­tés, peu­plées de figures, fan­tômes, divi­ni­tés ou monstres d’une autre temporalité.

Fugue VR , une expérience qui invite à découvrir en réalité virtuelle un spectacle de Yoann Bourgeois. © CCN2

Fugue VR , une expé­rience qui invite à décou­vrir en réa­lité vir­tuelle un spec­tacle de Yoann Bourgeois. © CCN2

Ou encore Fugue VR, une expé­rience qui invite à décou­vrir en réa­lité vir­tuelle le spec­tacle Fugue tram­po­line de Yoann Bourgeois. Sans oublier Quartiers libres, une cho­ré­gra­phie de l’ar­tiste ivoi­rienne Nadia Beugré. La dan­seuse pro­pose pour l’oc­ca­sion une ver­sion de son spec­tacle adapté à la rue. Un espace d’ex­pres­sion « où le public a quar­tier libre pour suivre et accom­pa­gner la cho­ré­graphe dans ses dépla­ce­ments », indique le programme.

Le tout assorti de nom­breux ate­liers pour petits et grands, dis­sé­mi­nés tout au long de la jour­née. Danse, mini-concert par­ti­ci­pa­tif autour des musiques du monde, yoga, ini­tia­tion à la sla­ck­line, fabri­ca­tion de cerf-volants… Autant d’ac­ti­vi­tés à pra­ti­quer en famille dans le cadre du Jardin de ville et au café de la Table ronde.

Joël Kermabon

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