Cinquième course de la Résistance le 8 mai avec le Grésivaudan à l’honneur

sep article

Notre indépendance c

FOCUS – Organisée par le Département, la course de la Résistance associe sport et Histoire. Après le Trièves en 2018, elle s’arrête le 8 mai prochain dans le Grésivaudan, où quatre lieux emblématiques seront mis en lumière : le Monument du Maquisard au col du Lautaret, les maquis de Theys et des Sept Laux, Domène avec l’action de « Mimi » Mingat-Lerme et le centre de séjour surveillé de Fort-Barraux.

 

 

Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capi­tu­lait sans condi­tions. La course de la Résistance, qui va fêter sa cin­quième édi­tion, rap­pelle le sens his­to­rique de cette date. « Le but est que le 8 mai soit appro­prié par tous les publics, au-delà du devoir mémo­riel, et que les gens se réin­ter­rogent de savoir pour­quoi le 8 mai est un jour férié », explique Jean-Pierre Barbier, pré­sident du Conseil dépar­te­men­tal de l’Isère qui orga­nise cet évé­ne­ment avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère. « Nous avons voulu com­bi­ner des actions cultu­relle-mémo­rielle et spor­tive pour tou­cher un public plus large. »

 

Le 8 km de la course de la Résistance 2018. © Aurélien Breysse

Le 8 km de la course de la Résistance 2018. © Aurélien Breysse

 

Après Grenoble en 2015 et 2016, les Chambaran en 2017, où le nombre record de 2 100 par­ti­ci­pants avait été enre­gis­tré, et le Trièves l’an der­nier, l’épreuve fait une halte cette année dans le Grésivaudan, l’un des prin­ci­paux maquis isé­rois, avec comme point névral­gique Allevard-les-Bains.

 

 

Parcours cyclos, trail, courses et randonnées

 

Au pro­gramme : quatre par­cours cyclo tou­ris­tiques de 40 à 120 km, un trail de 30 km, une course de 8 km, une course des enfants et deux ran­don­nées pédestres : “famille” de 8 km et “expert” de 14 km.

 

Le Monument du maquisard au col du Lautaret. © Association nationale des anciens des maquis du Grésivaudan

Le Monument du maqui­sard au col du Lautaret. © Association natio­nale des anciens des maquis du Grésivaudan

Pour Martine Kohly, élue de ce ter­ri­toire, cette édi­tion a « une saveur par­ti­cu­lière ». La vice-pré­si­dente du Département char­gée du sport, de la jeu­nesse et du devoir de mémoire se dit « très fière de l’ampleur que [cet évé­ne­ment, ndlr] prend chaque année ».

 

Environ 600 per­sonnes étaient ins­crites début avril, plus que l’an­née der­nière à la même époque. Martine Kohly espère qu’elles seront au moins 2 500 le 8 mai. Une fré­quen­ta­tion qui dépen­dra tou­te­fois de la météo. Quoi qu’il en soit, 150 béné­voles seront de la par­tie.

 

Cet évé­ne­ment, qui s’inscrit cette année dans le cadre de l’opération “Paysage > Paysages”, met­tra en lumière quatre lieux emblé­ma­tiques de la Résistance dans le Grésivaudan.

 

D’abord le Monument du maqui­sard, sym­bole de la mémoire des maquis du Grésivaudan et lieu de départ du trail de 30 km, au col du Lautaret. Un monu­ment inau­guré en 1946 en pré­sence d’Albert Reynier “Vauban”, chef du sec­teur VI de l’Armée secrète de l’Isère.

 

L’occasion d’é­vo­quer le sou­ve­nir de la com­pa­gnie Stéphane, sur­nom du sol­dat de mon­tagne Étienne Poitau qui l’a fon­dée en novembre 1943. Ce groupe mobile, spé­cia­liste de la “gué­rilla” en mon­tagne, a par­ti­cipé, après la Libération de l’Isère à la cam­pagne de Maurienne durant l’hiver 1944 – 1945.

 

 

Le rôle de « Mimi » Mingat pour protéger des juifs

 

Autres lieux tra­ver­sés : les maquis de Theys et des Sept Laux sur les pas de la com­pa­gnie Bernard. Fondée en février en 1943 par Georges Manusset « Bernard », elle a rejoint Belledonne en août 1943. Après une dénon­cia­tion, elle a migré aux Sept Laux en mars 1944. Cette com­pa­gnie a notam­ment défendu les hôpi­taux de cam­pagne ins­tal­lés dans le sec­teur. Elle a ensuite par­ti­cipé à la Libération de Vizille puis a conti­nué jusqu’à la fron­tière entre les Hautes-Alpes et l’Italie.

 

Anne-Marie ''Mimi'' Mingat-Lerme. © Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère

Anne-Marie  »Mimi » Mingat-Lerme. © Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère

À Domène, la Résistance civile sera mise à l’honneur avec pour sym­bole Anne-Marie, dite “Mimi” Mingat-Lerme, dis­pa­rue en décembre 2017. Secrétaire de mai­rie, elle a pro­duit de faux papiers grâce à des tam­pons offi­ciels de la pré­fec­ture.

 

Outre ces actes admi­nis­tra­tifs, elle a aussi accueilli dans sa mai­son des familles juives fuyant les dépor­ta­tions. Notamment une juive de douze ans, Félicia Przedborski, qu’elle a sau­vée en la fai­sant pas­ser pour sa cou­sine pari­sienne. “Mimi” Mingat-Lerme a éga­le­ment été agent de liai­son pour les maquis. En 1983, elle a reçu le titre de “Juste parmi les nations”.

 

 

Fort-Barraux, symbole de la collaboration vichyste

 

Le der­nier de ces lieux emblé­ma­tiques est le centre de séjour sur­veillé de Fort-Barraux. Un sym­bole de la col­la­bo­ra­tion et de la répres­sion vichystes. Dès juillet 1940, Fort-Barraux est dédié à l’internement des “indé­si­rables fran­çais” : des pri­son­niers poli­tiques, notam­ment des com­mu­nistes, des repris de jus­tice et des sou­te­neurs jusqu’en 1942.

 

À par­tir de là, à la suite des pre­mières rafles dans la région des juifs étran­gers, cer­tains sont inter­nés dans ce centre avec femmes et enfants. Quelques-uns seront libé­rés, d’autres trans­fé­rés à Drancy et 117 d’entre eux dépor­tés à Auschwitz. « Ce sont des périodes sombres de notre Histoire qu’il faut savoir regar­der en face, ne pas avoir peur de l’Histoire, et tirer les consé­quences de tout cela », affirme Jean-Pierre Barbier.

 

Alice Buffet, responsable du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, Jean-Pierre Barbier, Martine Kohly et Yannis Ameziane, de la direction de l'éducation, de la jeunesse et du sport du Département, lors de la présentation de la course de la Résistance le 8 avril. © Laurent Genin

Alice Buffet, res­pon­sable du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, Jean-Pierre Barbier, Martine Kohly et Yannis Ameziane, de la direc­tion de l’é­du­ca­tion, de la jeu­nesse et du sport du Département, lors de la pré­sen­ta­tion de la course de la Résistance le 8 avril. © Laurent Genin

 

Alors que le course de la Résistance a lieu une quin­zaine de jours avant les élec­tions euro­péennes, le pré­sident du Département en pro­fite pour glis­ser un mes­sage « plu­tôt uni­ver­sel, au-delà des prises de posi­tion de poli­tique poli­ti­cienne : « N’oubliez pas, dit-il, pour­quoi a été fait l’Europe et n’oubliez pas non plus que depuis main­te­nant plus de soixante-dix ans l’Europe est en paix, en paix entre les pays euro­péens ». C’est quand même quelque chose d’essentiel. »

 

Laurent Genin

 

 

PROGRAMME DE LA JOURNÉE

 

Sport

- Parcours cyclo tou­ris­tiques : départs libres de 7 h 30 à 9 h 30 de la salle la Pléiade, à Allevard.

- Randonnées pédestres : départ à 8 h 45 de la ran­don­née « expert » 14 km, 750 m de déni­velé posi­tif et à 10 h 15 de la ran­don­née « famille » 8 km, 300 m de déni­velé posi­tif devant la salle la Pléiade, à Allevard.

- Trail 30 km : départ à 9 h 30 au Monument du Maquisard au col du Lautaret en Belledonne. 31,5 km avec 1 170 m de déni­velé posi­tif en solo ou en relais-duo.

- Course de 8 km : départ à 10 heures devant la salle la Pléiade, à Allevard. Dénivelé posi­tif de 300 m.

- Course des enfants : départs entre 11 h 30 et midi, place de la Résistance, à Allevard. Distances de 500 m à 1,5 km en fonc­tion de l’âge de l’enfant.

 

Mémoire

- 9 heures : céré­mo­nie com­mé­mo­ra­tive inter­com­mu­nale du 8 mai 1945 au Monument aux morts, à Allevard.

- 9 h 15 : céré­mo­nie com­mé­mo­ra­tive du 8 mai 1945 devant le Monument du maqui­sard, au col du Lautaret en Belledonne.

 

Animations

- Village d’animations de 10 à 16 heures, à Allevard.

- Spectacle de théâtre d’improvisation par la Ligue Impro 38 autour de la Résistance, du trail et du pay­sage à 14 h 30.

- Présence de « sket­chers » [des­si­na­teurs] sur les par­cours et les stands pour « cro­quer » l’événement autour de ces thé­ma­tiques. Possibilité pour le public de réa­li­ser ses propres cro­quis.

 

Plus d’informations, tarifs des épreuves et ins­crip­tions sur le site de la course de la Résistance.

 

commentez lire les commentaires
1341 visites | 1 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 1
  1. A plus de 70 ans je par­ti­ci­pe­rai avec hon­neur et fierté à cette course de la mémoire.

    Ce sera pour hono­rer mon ^patro­nyme et toute famille pater­nelle d’o­ri­gine juive, et par­ti­cu­liè­re­ment mon grand-oncle Fernand Weill, arrêté par la milice à l’hôtel Rostang le 20 mai 1944, trans­porté à Grenoble, puis à Drancy, puis fina­le­ment à Auschwitz le 30 juin 1994 par le convoi 76. Il fut assas­siné le jour de son arri­vée le 05 juillet 1944.
    Fernand Weill était résis­tant. Il appar­te­nait aux FFC et fai­sait par­tie du réseau Frédéric, ce qui fut offi­cia­lisé en novembre 1947 par un docu­ment signé par le géné­ral de Jussieu-Pontcarral.

    J’ai mar­ché jus­qu’à Jérusalem pour hono­rer sa mémoire
    Voir « Le mar­chant de bon­heur » par André Weill aux Ed. Le mer­cure dau­phi­nois – 2008

    sep article