Expulsion des locaux du CCAS : la Ville de Grenoble regrette la “politisation” de l’occupation

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FIL INFO — Suite à l’évacuation musclée des anciens locaux du Crédit Agricole, désormais propriété de la Ville de Grenoble pour son CCAS, l’adjoint en charge de l’Action sociale annonce que toutes les personnes sans abris, dont plusieurs familles, sont actuellement hébergées. Et déplore la « politisation » de l’occupation. Une politisation que le Dal revendique en retour, tout en dénonçant la violence de l’opération policière.

 

 

Au lendemain de l’évacuation musclée des futurs locaux du CCAS de Grenoble occupés par le collectif Droit au logement Isère (Dal 38), la Ville annonce que « 100 % des personnes » sans-abris présentes sur les lieux sont actuellement hébergées. « 26 personnes sont d’ores et déjà ré-hébergées alors que le Dal et le Front contre les expulsions en avaient signalé 17 », écrit ainsi l’adjoint en charge de l’action sociale Alain Denoyelle dans un communiqué.

 

Évacuation des familles avenue Marcelin-Berthelot, en direction du gymnase de la Houille blanche. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Évacuation des familles avenue Marcelin-Berthelot, en direction du gymnase de la Houille blanche. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Le mercredi 10 avril, un membre du cabinet en personne s’était chargé de mener les familles au gymnase de la Houille Blanche. Un hébergement prévu pour une dizaine de jours, à la faveur des vacances scolaires, expliquait-il aux militants. « Associations, services de l’État et CCAS travaillent actuellement à proposer à chacun.e des solutions adaptées », ajoute l’élu, qui précise que le même cas s’est présenté pour des évacuations précédentes, telle celle du camp de l’Estacade.

 

 

« Politisation » de l’occupation

 

Alain Denoyelle n’avait pas caché son agacement contre le Dal et son occupation des anciens locaux du Crédit Agricole, rachetés par la Ville de Grenoble. Une « politisation » de l’ouverture du bâtiment que l’adjoint dit regretter de nouveau. « Contrairement à ce qui a été dit, il ne s’agit pas d’un “bâtiment vide”, comme notre agglomération en compte tant, mais d’un bien public en cours de travaux », écrit-il encore.

 

Expulsion des anciens locaux du crédit Agricole et futurs locaux du CCAS  occupés par le Dal 38 mercredi 10 avril 2019 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Expulsion des anciens locaux du crédit Agricole occupés par le Dal 38 mercredi 10 avril 2019. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Mais le Dal 38 ne semble pas prêt à renoncer à la « politisation » de son action. Et le collectif d’émettre à son tour un communiqué pour dénoncer la violence de l’expulsion, au cours de laquelle une dame âgée a fait un malaise tandis qu’une petite fille prenait de plein fouet le nuage de gaz lacrymogène. Autre motif de colère : aucun élu n’est venu à la rencontre des militants et des sans-abris durant cette occupation qui se voulait initialement « symbolique ».

 

« Malgré nos appels répétés à la préfecture, à la Métro, et à toutes les communes de l’agglomération, aucun représentant de l’État ni aucun élu local n’est venu à notre rencontre », assènent les membres du Dal. Qui maintiennent leurs revendications principales, en exigeant des collectivités qu’elles adoptent des arrêtés anti-expulsions sans solutions de relogement, et procèdent aux réquisitions des bâtiments vides pour les sans-abris.

 

FM

 

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