La Ville de Grenoble se mobilise avec un plan d’actions contre les discriminations

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FOCUS – Suite à la rédaction d’un livre blanc par des associations et la fin de la Quinzaine contre le racisme et les discriminations, la Ville de Grenoble a présenté un plan d’actions sur trois ans. L’occasion pour le maire Eric Piolle de rappeler ce qui a déjà été fait dans le domaine et de signer une charte d’engagement contre le sida.

 

 

Emmanuel Carroz, Adjoint à l'égalité des droits et à la vie associative, et les associations participantes au Livre Blanc à l'Hôtel de Ville, le 27 mars 2019 © Charles Thiebaud -placegrenet.fr

Emmanuel Carroz, adjoint à l’é­ga­lité des droits et à la vie asso­cia­tive, et les asso­cia­tions par­ti­ci­pantes au Livre blanc à l’Hôtel de Ville, le 27 mars 2019. © Charles Thiebaud ‑placegrenet.fr

 

De nom­breux repré­sen­tants d’as­so­cia­tions avaient fait le dépla­ce­ment, le mer­credi 27 mars der­nier, pour la pré­sen­ta­tion du plan d’ac­tions de lutte contre les dis­cri­mi­na­tions de la Ville de Grenoble. Et pour cause. Ce plan s’ins­pire très lar­ge­ment du livre blanc de l’é­ga­lité des genres et des sexua­li­tés, rédigé par ces mêmes asso­cia­tions et remis à la Ville le 14 février 2019. Vingt-quatre struc­tures ont ainsi conçu ce « recueil de la parole asso­cia­tive » qui énu­mère qua­torze objec­tifs et trente-quatre pistes d’ac­tions.

 

Ce plan d’ac­tions de lutte contre les dis­cri­mi­na­tions s’é­tend sur trois ans, de 2019 à 2022. Car si cer­taines mesures peuvent s’ap­pli­quer dans l’im­mé­diat, d’autres demandent en effet plus de temps.

 

 

« Les civils viennent nous bousculer »

 

« La démarche pro­po­sée autour de la réa­li­sa­tion d’un livre blanc sur les genres et les sexua­li­tés s’ins­crit dans une logique de tran­si­tion démo­cra­tique, a expli­qué Eric Piolle. Ce for­mat libre a per­mis à cha­cun de s’ex­pri­mer et de se faire entendre. Les civils viennent nous bous­cu­ler. »

 

Exemple de contenu du livre blanc

 

Objectif : aider les per­sonnes vic­times de vio­lences

 

Actions : informer/former (mul­ti­plier les cam­pagnes de sen­si­bi­li­sa­tion, favo­ri­ser la dénon­cia­tion des harceleurs/harcèlements) et loger (mettre à dis­po­si­tion des loge­ments d’ur­gence)

 

Avant d’en venir aux « pistes de tra­vail » envi­sa­gées, le maire a tenu à rap­pe­ler les enga­ge­ments de la Ville, pris en amont du livre blanc. Avec un objec­tif, « agir en trans­ver­sa­lité sur les ques­tions de genre » : déve­lop­pe­ment des pra­tiques spor­tives au fémi­nin, réa­li­sa­tion d’un guide sur l’é­ga­lité au tra­vail, ou encore ren­for­ce­ment des actions et mes­sages autour de la place des femmes dans l’es­pace public. Un der­nier élé­ment « extrê­me­ment impor­tant » aux yeux d’Eric Piolle.

 

 

La Ville s’engage en réponse au livre blanc

 

En réponse à cer­taines pro­po­si­tions du livre blanc, la Ville de Grenoble s’en­gage à pré­sent dans plu­sieurs « actions nou­velles et sym­bo­liques », réa­li­sables à échelle muni­ci­pale, avec « quatre champs d’ac­tion forts ». En l’oc­cur­rence : « faire évo­luer l’ad­mi­nis­tra­tion », « pro­duire de la connais­sance et de la lisi­bi­lité sur les ques­tions de genre et de sexua­lité », « mettre à l’a­bri des per­sonnes vul­né­rables et agir contre la pré­ca­rité liée au genre ». Enfin, « tra­vailler sur les sté­réo­types de genre dès le plus jeune âge ».

 

Anne Monnet Hoel de COREVIH Arc Alpin, Emmanuel Carroz, Adjoint à l'égalité, et Eric Piolle, Maire de Grenoble © Charles Thiebaud -placegrenet.fr

Anne Monnet Hoel de Corevih Arc Alpin, Emmanuel Carroz, adjoint à l’é­ga­lité, et Eric Piolle, maire de Grenoble. © Charles Thiebaud ‑placegrenet.fr

À chaque dimen­sion, des mesures concrètes. Ainsi, la Ville s’en­gage par exemple à créer un nou­vel espace asso­cia­tif pour  les asso­cia­tions LGBTi, qui sera inau­guré en mai 2019. Elle met­tra éga­le­ment à dis­po­si­tion un appar­te­ment en centre-ville pour héber­ger les femmes vic­times de vio­lence d’ici la fin de l’an­née.

 

Pour réa­li­ser ce plan d’ac­tions, la Ville de Grenoble entend mettre en place un comité de pilo­tage com­posé d’é­lus et d’ex­perts. « Il y aura quatre élus, deux hommes et deux femmes. On va s’as­so­cier avec des expertes et des experts uni­ver­si­taires », détaille Emmanuel Carroz.

 

« Dès le mois pro­chain [avril, ndlr], on com­mence à tra­vailler avec les ser­vices de la Ville. Il faut qu’on accé­lère la machine », affirme, bien décidé, l’ad­joint à l’é­ga­lité des droits et à la vie asso­cia­tive. « Nous, on veut libé­rer. L’État est sou­vent contraint, mais nous, au niveau Ville de Grenoble, si on peut don­ner de la sou­plesse et de l’air, on le fera. » Et celui-ci de citer l’exemple des pré­noms. « On ne refu­sera aucun chan­ge­ment de pré­nom », déclare-t-il.

 

 

« Notre règlement intérieur du conseil municipal a été réécrit en écriture inclusive »

 

Emmanuel Carroz met par ailleurs l’ac­cent sur la com­mu­ni­ca­tion. L’écriture inclu­sive, plus pré­ci­sé­ment. « Les Anglais n’ont pas ce pro­blème, les Allemands ont fait ce tra­vail, les pays nor­diques aussi… À nous de le faire. Notre règle­ment inté­rieur du conseil muni­ci­pal a été réécrit l’année der­nière en écri­ture inclu­sive. Et je crois que le conseil muni­ci­pal fonc­tionne quand même », plai­sante-t-il.

 

Emmanuel Carroz, Adjoint à l'égalité des droits et à la vie associative, et Eric Piolle, maire de Grenoble.La Ville de Grenoble vient de présenter son plan d'actions de lutte contre les discriminations, suite à la rédaction d'un livre blanc par 24 associations. © Charles Thiebaud -placegrenet.fr

Emmanuel Carroz, adjoint à l’é­ga­lité des droits et à la vie asso­cia­tive, et Eric Piolle, maire de Grenoble. © Charles Thiebaud ‑placegrenet.fr

« Il faut que les gens com­mencent à se poser des ques­tions », pour­suit Emmanuel Carroz, plus sérieux, en évo­quant la « culture à faire ». Revenant sur une polé­mique née en France suite aux dési­gna­tions de « Parent 1″ et « Parent 2 » dans les for­mu­laires sco­laires, l’ad­joint s’en est alors pris à Valérie Pécresse du parti Les Républicains. « Quand on voit la pré­si­dente d’Île de France qui dit « Mais moi, je refuse d’être le parent 2 », ben, Valérie, écris-toi en parent 1 ! »

 

Charles Thiebaud

 

 

La VILLE DE GRENOBLE, SIGNATAIRE D’UNE CHARTE POUR DES ALPES SANS SIDA

 

Après la pré­sen­ta­tion du plan d’ac­tion, Eric Piolle, maire de Grenoble et Emmanuel Carroz , adjoint à l’é­ga­lité des droits et à la vie asso­cia­tive, ont signé une charte d’en­ga­ge­ment contre le sida. Un docu­ment qui engage la Ville à sou­te­nir la cam­pagne du Corevih Arc alpin Vers des Alpes sans Sida en 2030.

 

Eric Piolle, Maire de Grenoble, signe la Charte d'engagement des Elu.e.s de la République, le 28 mars 2019 © Charles Thiebaud -placegrenet.fr

Eric Piolle, maire de Grenoble, signe la Charte d’en­ga­ge­ment des Elu.e.s de la République, le 28 mars 2019. © Charles Thiebaud – placegrenet.fr

« On sait aujourd’hui com­ment en finir avec l’épidémie VIH », a assuré Anne Monnet Hoel, repré­sen­tante de l’as­so­cia­tion Corevih, qui ras­semble dif­fé­rents acteurs comme les centres hos­pi­ta­liers, la Ville de Grenoble, les asso­cia­tions…

 

« Les nou­velles tech­niques de pré­ven­tion sont diverses et fonc­tionnent. Même sans vac­cin, on peut arri­ver à en finir avec le VIH, en France, dans le monde, et dans l’arc alpin. On a la vision : Les Alpes sans sida en 2030. On s’est mis ensemble et on a mis en place des axes d’actions. Là où il y a des villes qui s’engagent, comme à Londres, San Francisco, New-York, Sidney,  Melbourne… c’est les endroits où on arrive à en finir avec le VIH. »

 

Charte "Vers des Alpes sans sida en 2030"

Charte « Vers des Alpes sans sida en 2030 »

 

 

MC2 - La morsure de l
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Commentaires 7
  1. Monsieur Piolle,est un grand huma­niste ‚ce n’est pas le genre d’Hypocrite
    qui se drape de bons sen­ti­ments, tout en se pro­té­geant de la mixité sociale.
    Toutes les per­sonnes mobi­li­sées contre les dis­cri­mi­na­tions, vivent le
    quo­ti­dien dans les quar­tiers où demeurent les habi­tants dis­cri­mi­nés.
    J’admire cet idéal huma­niste de notre per­son­nel poli­tique gre­no­blois, qui sacri­fie
    son quotidien,en habi­tant l’Arlequin,Teisseire et Mistral …

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  2. Les com­men­taires sont d’un niveau digne d’une cour de mater­nelle…

    Perso, ça ne me dérange pas d’être “parent 2” : je reste pair 😀

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  3. -Que des blancs sur la photo pour lut­ter contre les dis­cri­mi­na­tion.
    ‑Promotion de la déla­tion
    ‑écri­ture inclu­sive (qui est extre­me­ment dif­fi­cile à apprendre pour les etran­gers.)
    ‑Lavage de cer­veau des enfants avec la théo­rie du genre.
    ‑Parent 1 – parent2

    Vivement 2020 en atten­dant je pense que mettre ses enfants dans le privé est la plus sage des solu­tions.

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  4. Il n’a pas d’autres choses à faire dans cette ville, ce Monsieur Piolle ?! Entre la catas­trophe éco­no­mique, la pol­lu­tion, la cri­mi­na­lité qui gan­grène Grenoble, lui il ne trouve rien de plus impor­tant que la « dis­cri­mi­na­tion » !!!

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  5. Il faut se poser des ques­tions nous dit cet adjoint à l’é­ga­lité de tout et de la néga­tion des dif­fé­rences. S’est-il au moins posé celle de savoir com­ment lui même est né et com­ment ? D’une Mère et d’un Père, ou d’un parent 1 et d’un parent 2 ?
    Formule dont je m’é­tonne que son « livre blanc » (pour­quoi blanc ?) ne dénonce pas le carac­tère clai­re­ment dis­cri­mi­na­toire, ni ne pro­pose la solu­tion qu’il aime tant : l’é­cri­ture inclu­sive. Parent.e 1 et parent.e 2, là ça aurait enfin de la gueule, non ?

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  6. Quelques remarques pre­mier avril :
    – Monsieur PIOLLE avec un T Shirt en anglais, c’est aussi dis­cri­mi­nant envers les non anglo­phone que contre la loi TOUBON,
    – un Livre Blanc est extrê­me­ment raciste comme terme, la cou­leur n’as rien à voir avec l’in­ten­tion, et le « Blanc » domi­nant dans la société montre ici encore sa mani­pu­la­tion ! vive les livres de toutes les cou­leurs !

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  7. La dis­cri­mi­na­tion est une forme de vio­lence ‚il faut se mobi­li­ser contre
    toutes les formes de vio­lence.
    Je ne com­prends pas que Grenoble qui se mobilise,depuis plus de cin­quante ans
    contre toute forme de vio­lence devient une ville où la vio­lence est en pro­gres­sion
    per­ma­nente …

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