La grande région grenobloise aura bientôt un syndicat unique des transports en commun

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EN BREF – Demain, une seule et unique autorité organisatrice des mobilités présidera aux transports en commun dans la grande région grenobloise. La Région, le Grésivaudan, le Voironnais et le syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération grenobloise viennent ainsi de signer une charte qui en pose les jalons. Mais avec encore beaucoup d’interrogations.

 

 

Les transports en commun gratuits les jours de pollution

© Patricia Cerinsek

Il n’est pas encore là mais com­mence à prendre forme… Le Grésivaudan, le Pays voi­ron­nais puis le syn­di­cat mixte des trans­ports en com­mun de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise (SMTC) viennent tour à tour d’a­dop­ter la charte pré­si­dant au futur réseau unique de trans­ports en com­mun de la grande région gre­no­bloise.

 

Ce réseau, qui se sub­sti­tuera aux dif­fé­rentes auto­ri­tés orga­ni­sa­trices de trans­ports sur le ter­ri­toire, a pour objec­tif de « gagner en effi­ca­cité et lisi­bi­lité » et d”« enri­chir l’offre de ser­vices ».

 

Début avril, ce sera au tour de la Métropole de Grenoble de vali­der le docu­ment. Mais tous ne l’ont pas voté sans réti­cence. Au Pays voi­ron­nais mardi 26 mars, les “pour” (29) l’ont d’une courte tête emporté sur les abs­ten­tions (28). Et les inter­ro­ga­tions, comme les inquié­tudes, sont légion.

 

 

Une charte qui ne fait pas l’unanimité

 

Au Grésivaudan – où les élus avaient déjà voté pour une auto­rité orga­ni­sa­trice des mobi­li­tés unique en jan­vier 2018 – la déli­bé­ra­tion a tout autant fait débat sur les bancs de la droite. La charte a fina­le­ment été votée par 37 voix pour, 16 contre et 14 abs­ten­tions. Au SMTC, jeudi, le repré­sen­tant du Département de l’Isère Jean-Claude Peyrin (Les Républicains) a, de même, quelque peu freiné les ardeurs.

 

Bus expérimentation VFD © Florent Mathieu - Place Gre'net

Bus expé­ri­men­ta­tion VFD © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Ce n’est pas tant le fond qui gêne aux entour­nures que la forme. Soit l’a­dop­tion en vitesse accé­lé­rée – avant le 1er avril – de la charte. Objectif : lan­cer à toute ber­zingue ce pro­jet de réseau uni­fié, dans les car­tons depuis des années.

 

 

Le nouveau syndicat unique sur les rails en 2019 ?

 

Car pour le vice-pré­sident du Département de l’Isère, il y a encore beau­coup à faire. Réaliser un inven­taire du réseau exis­tant, essen­tiel­le­ment maillé par les offres du SMTC (Grenoble), TouGo (Grésivaudan), du Pays voi­ron­nais et de TransIsère (Département). Définir l’offre de ser­vice, en amé­lio­rer la lisi­bi­lité et en sim­pli­fier l’ac­cès. Se pen­cher sur le fer­ro­viaire aussi.

 

© Veronique Serre

Jean-Claude Peyrin. © Véronique Serre

« D’ailleurs, quel pro­jet met-on dans le fer­ro­viaire ? s’est inter­rogé Jean-Claude Peyrin. On ne sait pas encore… » Il reste à étu­dier les moda­li­tés de finan­ce­ment de ce syn­di­cat en arbi­trant entre les recettes fis­cales, la contri­bu­tion des entre­prises au tra­vers du ver­se­ment trans­port, la tari­fi­ca­tion… Et ce à l’aulne de la dette du SMTC, cara­bi­née : 626 mil­lions d’eu­ros pour 138 mil­lions d’eu­ros de recettes.

 

Une fois ces bases posées, il s’a­gira de défi­nir les moda­li­tés juri­diques de ce mariage hété­ro­clite quand cer­tains par­te­naires, comme le Trièves, n’ont pas la com­pé­tence trans­ports. Quand d’autres, et notam­ment en zones rurales, ne sont pas encore connus. Tout juste sait-on que ce syn­di­cat, sou­tenu par la Région Auvergne Rhône-Alpes, sera ouvert à tous les éta­blis­se­ments publics de coopé­ra­tion inter­com­mu­nale (EPCI).

 

Puis, il fau­dra arrê­ter la gou­ver­nance de ce futur grand syn­di­cat, actuel­le­ment pré­sidé par l’ex-éco­lo­giste devenu hamo­niste Yann Mongaburu. Adopter de nou­veaux sta­tuts, trans­fé­rer des lignes de trans­port et des mar­chés publics, mutua­li­ser du per­son­nel, la billet­tique aussi… « La vali­da­tion de l’en­semble de ces étapes n’est pas réa­liste à l’é­chelle d’une année, a pointé Jean-Claude Peyrin pour jus­ti­fier son amen­de­ment récla­mant la sup­pres­sion de l’en­ga­ge­ment calen­daire.

 

 

« Nous ne sommes pas prêts »

 

« Vouloir pré­ci­pi­ter les étapes et se conten­ter du cercle res­treint des auto­ri­tés orga­ni­sa­trices de mobi­lité exis­tantes nous condui­rait à l’é­chec. Nous ne sommes pas prêts. Autant les inten­tions, nous les par­ta­geons, autant créer ces échéances tem­po­relles n’est pas sou­hai­table. On va construire une coquille vide ! »

 

Ce n’est pas l’a­vis de la majo­rité du conseil syn­di­cal du SMTC, qui a rejeté l’a­men­de­ment et voté la charte (à 13 pour, 2 contre). « La charte n’est pas le pro­jet, ce n’est qu’un enga­ge­ment », a rap­pelé Yann Mongaburu. « L’enjeu est d’ap­por­ter de nou­veaux ser­vices à des publics qui aujourd’­hui dépendent de la voi­ture indi­vi­duelle parce qu’il n’y a pas d’offre de ser­vices pour leur per­mettre de faire autre­ment. »

 

Patricia Cerinsek

 

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Commentaires 3
  1. SMTC repré­sente tout ce que la France de F Mitterrand nous a laissé : la rigi­dité , les fonc­tion­naires, la dette publique, l’ab­sence de la concur­rence, les dépenses absurdes pour les lignes de trams (sui­vies par la construc­tion des HLM pour rem­plir les tram …). A quand la dis­so­lu­tion du SMTC et la créa­tion des entre­prises de trans­port pri­vées ?

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    • Encore un expert en matière de trans­port en com­mun !
      C’est vrai qu’il est vache­ment plus intel­li­gent de construire d’a­bord le bâti et ensuite de se sou­cier des dépla­ce­ments des per­sonnes qui vont y habi­ter. Comme disent mes enfants, « il y a du niveau ici ! »
      Quant aux dépenses absurdes pour les lignes de tram, vous pou­vez me rap­pe­ler com­bien de per­sonnes sont trans­por­tées chaque jour par ces lignes de tram ?
      Enfin, je ne vous ferais par l’af­front de vous rap­pe­ler la dif­fé­rence entre le STMC et l’ex­ploi­tant du réseau de trans­ports, ni de dire que les entre­prises de trans­port pri­vées existent et encore moins de vous rap­pe­ler com­ment se nomme l’ex­ploi­tant du réseau TAG.

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  2. MOUHAHAHAHAHHA !
    Mongaburu a arrêté de faire suer tout le monde ou bien tout le monde est en pré-cam­pagne élec­to­rale ?

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