Parking gratuit au CHU : la demande des gilets jaunes a fait flop au conseil municipal de Grenoble

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EN BREF – Depuis le 2 mars, les gilets jaunes de l’Isère mènent régulièrement des actions sur le parking de l’hôpital couple enfant du CHU de Grenoble pour en demander la gratuité. Après la publication d’un communiqué, ils ont également lancé une pétition en ligne. Le groupe d’opposition municipale Ensemble à gauche s’est emparé de cette revendication via un vœu soumis, sans succès, au conseil municipal de Grenoble ce lundi 25 mars.

 

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

Opération « par­king gra­tuit » des gilets jaunes le 2 mars der­nier. © Joël Kermabon – Place Gre’net

C’est bien la pre­mière fois depuis bien­tôt vingt semaines que les gilets jaunes de l’Isère consentent à s’emparer d’un outil de com­mu­ni­ca­tion autre que leur page Facebook. Ils ont en effet réitéré, ce lundi 25 mars, leur demande de gra­tuité du par­king du pôle couple enfant du CHU de Grenoble par voie de com­mu­ni­qué. Un lieu où ils mènent des opé­ra­tions “par­king gra­tuit” quasi quo­ti­diennes depuis le 2 mars der­nier. Le tout  « sans aucune dégra­da­tion », pré­cisent-ils.

 

Réagissant au repor­tage de Place Gre’net, le CHU s’é­tait fendu d’un rec­ti­fi­ca­tif. Les gilets jaunes ne manquent pas de rebon­dir des­sus dans leur com­mu­ni­qué. En com­plé­ment, ces der­niers ont éga­le­ment lancé une péti­tion* en ligne à l’a­dresse du CHU Grenoble-Alpes (Chuga).

 

L’objectif ? Obtenir que les parents d’enfants hos­pi­ta­li­sés puissent béné­fi­cier de la gra­tuité de sta­tion­ne­ment. De fait, les gilets jaunes n’ont pas seule­ment assuré la gra­tuité du par­king durant leurs opé­ra­tions. Ils ont éga­le­ment, rap­portent-ils, éta­bli des contacts avec les visi­teurs dont « la majo­rité se plaignent des tarifs de ce par­king ».

 

 

Une politique de stationnement pour un accès sans discrimination sociale

 

Lundi, deux heures avant le conseil muni­ci­pal, l’exécutif a annoncé que la ques­tion orale du groupe Ensemble à gauche sur la posi­tion du maire, pré­sident du conseil de sur­veillance de l’hô­pi­tal, au sujet du sta­tion­ne­ment gra­tuit au CHU était sup­pri­mée. Une ques­tion « envoyée au maire dans les délais puis vali­dée par l’en­voi ven­dredi soir du ser­vice de la Vie ins­ti­tu­tion­nelle à tous les groupes poli­tiques comme il se doit », assure pour­tant le groupe.

 

Pourquoi ce refus ? Le sujet ne serait pas dans le champ des com­pé­tences de la com­mune. Le groupe d’op­po­si­tion Ensemble à gauche mené par Guy Tuscher s’en est quant même emparé. Comment ? Par l’in­ter­mé­diaire d’un vœu sou­mis aux votes du conseil muni­ci­pal de Grenoble, ce lundi 25 mars, repre­nant tout ou par­tie de la reven­di­ca­tion des gilets jaunes.

 

Objectif : deman­der au direc­toire et au conseil de sur­veillance du Chuga d’in­ter­ve­nir. Notamment « [en menant] rapi­de­ment les études néces­saires afin de réa­li­ser la gra­tuité du sta­tion­ne­ment en par­king ». Ceci pour les per­son­nels, usa­gers, visi­teurs ou patients de l’é­ta­blis­se­ment aux­quels il fau­drait de sur­croît « pou­voir garan­tir un nombre de places suf­fi­sant ».

 

Conseil municipal du 24 septembre 2018 consacré notamment au rapport de la chambre régionale des comptes sur la ville de Grenoble. © Joël Kermabon

Guy Tuscher durant le conseil muni­ci­pal du 24 sep­tembre 2018, notam­ment consa­cré au rap­port de la chambre régio­nale des comptes sur la Ville de Grenoble. © Joël Kermabon

 

Pour Guy Tuscher qui por­tait le vœu devant ses col­lègues conseillers muni­ci­paux, le pro­blème est d’im­por­tance. Le CHU, le plus gros employeur de la métro­pole, « a besoin d’une poli­tique de sta­tion­ne­ment qui per­mette l’ac­cès de tous sans aucune dis­cri­mi­na­tion sociale », estime-t-il. Une poli­tique que les « tarifs pro­hi­bi­tifs » actuels mettent à mal et que « les exo­né­ra­tions actuelles sont très loin de com­pen­ser ».

 

 

« Vous vous adressez au mauvais interlocuteur ! »

 

Sauf que, pour argu­menté qu’il soit, ce vœu est tombé à côté de la plaque. C’est du moins ce que s’est atta­ché à démon­trer Alan Confession, conseiller muni­ci­pal de la majo­rité qui don­nait la réplique. « Ce vœu sort du champ de com­pé­tences de notre conseil puis­qu’il ne doit pas se trai­ter au niveau gre­no­blois mais bien, au mini­mum, à celui de la Métropole et au-delà », a expli­qué l’élu, repre­nant les argu­ments avan­cés la veille. Celui-ci n’a d’ailleurs pas man­qué, petit tacle au pas­sage, de signa­ler que le CHU était implanté sur le ter­ri­toire de la com­mune de La Tronche.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Par ailleurs, a‑t-il sou­li­gné, si Éric Piolle est bien pré­sident du conseil de sur­veillance du CHU c’est au titre de la Métropole. « Vous vous adres­sez donc au mau­vais inter­lo­cu­teur, contrai­re­ment aux gilets jaunes qui ont orga­nisé leurs actions devant le CHU. » Pour Alan Confesson, il appar­tient aux ins­tances diri­geantes de l’é­ta­blis­se­ment public et à elles seules de répondre aux inter­pel­la­tions des gilets jaunes.

 

Suite à quoi le conseil muni­ci­pal a fina­le­ment rejeté le vœu d’Ensemble à gauche au grand dam de Guy Tuscher. Les seules voix s’é­tant expri­mées pour étant celles de son propre groupe et celles du Rassemblement de gauche et de pro­grès. L’occasion pour Patrice Voir d’ex­pli­quer le vote de son groupe en rap­pe­lant le com­bat des com­mu­nistes sous l’ère Carignon pour que jus­te­ment ce par­king… ne soit pas payant

 

Joël Kermabon

 

 

  • * À l’heure où nous rédi­geons cet article, la péti­tion a recueilli 345 signa­tures.
Musée de Grenoble et ses artistes du XIXe siècle
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Commentaires 1
  1. nor­ma­le­ment, je ne suis pas pour ce type d’ac­tion. Mais de mon expé­rience il y a une semaine : appel aux pom­piers – ça sert à rien, on perds 1 heure au télé­phone avec l’at­tente et des cou­pures d’ap­pel. On emmène en urgence notre enfant au CHU (vers 18:00 du soir), en voi­ture privé, bien sur. On en sort 4h plus tard – prix du par­king 6.40€. Conclusion : je paie mes impôts pour le ser­vice PUBLIC des pom­piers qui est com­plè­te­ment inef­fi­cace, je paie ensuite pour le trans­port d’un enfant malade en voi­ture pri­vée (heu­reu­se­ment que je l’ai!) et on me taxe davan­tage pour le par­king ?!

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