Neuf nichoirs à moineaux soulcies installés dans le Trièves pour sauver cette espèce menacée d’extinction en Isère

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FIL INFO – Opération « sauvetage de moineaux soulcies » dans le Trièves, une espèce de passereaux vivant dans les trous des vieux murs, en déclin en Isère. La LPO et le Syndicat des énergies du département de l’Isère se sont ainsi unis, le 8 mars dernier, pour installer neuf nichoirs sur des poteaux électriques de Saint-Jean‑d’Hérans.

 

 

Les moi­neaux soul­cies du Trièves ont de « nou­veaux toits » depuis le ven­dredi 8 mars. La Ligue pro­tec­trice des oiseaux (LPO) Isère et le Syndicat des éner­gies du dépar­te­ment de l’Isère (Sédi) se sont en effet unis pour la pose de nichoirs sur la com­mune de Saint-Jean‑d’Hérans. Une néces­sité pour une espèce clas­sée « en dan­ger cri­tique d’ex­tinc­tion » sur le dépar­te­ment, où il res­te­rait seule­ment une ving­taine de couples.

 

La LPO et le Sédi se sont unis pour poser neuf nichoirs à moineaux soulcies dans le Trièves afin d'aider cette population à reprendre des couleurs en Isère.Neuf nichoirs à destination du moineau soulcie ont été installés à Saint-Jean d'Hérans, dans le Trièves. © LPO Isère - Facebook

Neuf nichoirs à des­ti­na­tion des moi­neaux soul­cies ont été ins­tal­lés à Saint-Jean-d’Hérans, dans le Trièves. © LPO Isère – Facebook

 

La rai­son d’une telle raré­fac­tion ? « Le moi­neau soul­cie nichait sur­tout dans les trous de mur de vieux bâti­ments, res­tau­rés pour l’habitat humain », explique la LPO. Victime indi­recte des pro­grammes de réha­bi­li­ta­tion, le pas­se­reau a trouvé un refuge dans « quelques poteaux élec­triques pré­sen­tant des tubes creux hori­zon­taux ». Soit une forme idoine aux habi­tudes de cette espèce, qui peut éga­le­ment nicher dans les trous des vieux arbres ou des falaises.

 

 

La saison de la reproduction débute en avril

 

En col­la­bo­ra­tion avec Enedis, la LPO et la Sédi ont donc choisi d’u­nir leurs forces et leurs com­pé­tences pour pro­cé­der à la pose de nichoirs sur cer­tains poteaux élec­triques. Saint-Jean‑d’Hérans accueille ainsi neuf nichoirs, en atten­dant de nou­velles ins­tal­la­tions sur d’autres com­munes du Trièves. Il y avait urgence : la sai­son de repro­duc­tion des moi­neaux soul­cies débute en avril. Et la LPO compte bien obser­ver l’ef­fet de ces nou­veaux habi­tats sur la popu­la­tion.

 

Un moineau soulcie © LPO Isère

Un moi­neau soul­cie © LPO Isère

Nommé « moi­neau du rocher » en anglais ou en alle­mand, le moi­neau soul­cie res­semble for­te­ment à la femelle du moi­neau domes­tique, bien connu de ceux qui pos­sèdent un jar­din.

 

Toutefois, il pré­sente un aspect plus rayé et une queue plus courte, et se dis­tingue éga­le­ment par des sour­cils crème épais et longs, ainsi que par une bande médiane de la même cou­leur au-des­sus de la tête. Et, ultime coquet­te­rie, il arbore une petite tache jaune au-des­sous de sa gorge.

 

FM

 

 

 

CINQUANTE-SEPT ESPÈCES D’OISEAUX RECENSÉES EN ISÈRE

 

Comme chaque année, la LPO invi­tait les Français à obser­ver et comp­ter les oiseaux pré­sents dans leur jar­din. Un comp­tage natio­nal orga­nisé les 26 et 27 jan­vier qui « per­met de rendre compte de l’évolution des oiseaux dits “com­muns”… mais qui ne le seront peut-être plus un jour », explique la Ligue pro­tec­trice des oiseaux.

 

Le rouge-gorge est l'oiseau le plus observé dans les jardins isérois. DR

Le rouge-gorge est l’oi­seau le plus observé dans les jar­dins isé­rois. DR

 

Suite à ce comp­tage, la LPO Isère dif­fuse les « chiffres-clés » pour le dépar­te­ment. Avec une nette hausse de la par­ti­ci­pa­tion : 161 com­munes ont par­ti­cipé, soit 38 de plus qu’en 2018. Et 264 pro­prié­taires de jar­dins ont rejoint l’o­pé­ra­tion, ce qui repré­sente une hausse de plus de 150 % par rap­port à l’an­née pré­cé­dente.

 

Des oiseaux communs en déclin

 

Les don­nées col­lec­tées sont tout logi­que­ment en forte aug­men­ta­tion, avec l’en­re­gis­tre­ment de 2 356 entrées et, au final, l’ob­ser­va­tion de près de 9 000 oiseaux. Au total, 57 espèces dif­fé­rentes ont été recen­sées, avec en moyenne huit espèces dif­fé­rentes par jar­din. L’espèce la plus obser­vée ? Le rouge-gorge. Tandis que le tarin des aulnes connaît la plus forte hausse d’ob­ser­va­tions.

 

La population d'oiseaux est en déclin sur la région Auvergne-Rhône-Alpes © Guy Bourderionnet

La popu­la­tion d’oi­seaux est en déclin sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. © Guy Bourderionnet

 

Des chiffres qui ne doivent pas faire oublier le constat dressé par la LPO suite aux comp­tages de 2018 : les oiseaux com­muns sont en déclin en Auvergne-Rhône-Alpes. « En dix-sept ans, les oiseaux com­muns ont dimi­nué de plus de 7 % sur l’ensemble de la région », indique la Ligue. Une dimi­nu­tion encore plus forte pour les espèces agri­coles, et les oiseaux de villes et vil­lages.

 

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