François Ruffin à Grenoble : « J’aurais été un des porte-parole des gilets jaunes si je n’avais pas été député »

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REPORTAGE VIDÉO – François Ruffin, député La France insoumise de la Somme, a choisi la ville de Grenoble pour débuter, ce vendredi 15 février, une tournée de présentation de son nouveau film documentaire. J’veux du soleil retrace le parcours de gilets jaunes rencontrés sur les rond-points en décembre. Le film, co-réalisé avec Gilles Perret, sortira officiellement en avril.

 

 

François Ruffin a choisi Grenoble pour débuter, ce vendredi 15 février, la tournée de présentation de son nouveau film documentaire J'veux du soleil.

François Ruffin a animé un débat avec les spec­ta­teurs à l’is­sue de la séance.

 

« Ce n’est pas un film sur les gilets jaunes mais sur des hommes et des femmes qui, à un moment, ont choisi de revê­tir le gilet jaune. » Durant six jours, en décembre 2018, le “député-repor­ter” François Ruffin et le réa­li­sa­teur Gilles Perret, notam­ment auteur du docu­men­taire L’insoumis, ont ainsi sillonné les routes de France sur les rond-points jaunes fluo.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Pour François Ruffin, ce film avait pour but de mon­trer « la France péri­phé­rique qui se réveille, alors qu’on ne parle à la télé que de Paris. On ne vou­lait pas mon­trer la liste des reven­di­ca­tions, mais des témoi­gnages indi­vi­duels, des gens qui ne réflé­chissent plus de la même manière. » Le film J’veux du soleil, encore en cours de mon­tage, sor­tira offi­ciel­le­ment le 3 avril.

 

 

Des portraits entremêlés de “petites phrases” d’Emmanuel Macron

 

Dans le film, qu’il a pré­senté pour la pre­mière fois à Grenoble ce ven­dredi 15 février au cinéma Le Club, on ne voit pas d’i­mages de mani­fes­ta­tions ou de vio­lences. Mais les por­traits, au bord du rond-point ou à leur domi­cile, de ceux qui ont choisi d’en­fi­ler le gilet jaune.

 

Comme cette femme han­di­ca­pée qui doit fouiller les pou­belles pour se nour­rir. Ou cet homme, amputé des deux jambes, qui n’en a parlé que sur le rond-point. Ou encore cette femme qui vit grâce à des cartes cadeaux de 10 euros qu’on lui offre contre un peu de béné­vo­lat dans des lotos. Le tout entre­mêlé des “petites phrases” deve­nues célèbres d’Emmanuel Macron, et de celles de jour­na­listes pre­nant posi­tion contre le mou­ve­ment.

 

 

Outre François Ruffin et Gilles Perret, le porte-parole des gilets jaunes gre­no­blois Julien Terrier était pré­sent à cette avant-pre­mière à Grenoble. De même qu’Eric Piolle, maire de la ville, qui n’a cepen­dant pas pris la parole.

 

Après ces pre­miers retours de spec­ta­teurs, François Ruffin et Gilles Perret pour­suivent leur tour­née jus­qu’à la sor­tie du film, le 3 avril. Ils seront notam­ment à Privas samedi (le 17 février), à Saint-Julien-du-Serre dimanche 18 février au matin et à Chambéry dimanche soir.

 

Images et textes d’Élisa Montagnat

 

 

François Ruffin, du journalisme à l’Assemblée nationale… puis au journalisme

 

L’homme poli­tique est revenu à ses pre­miers amours. Car avant d’être député, François Ruffin est jour­na­liste. En 1999, il fonde le jour­nal Fakir à Amiens : un jour­nal indé­pen­dant engagé à gauche. Il écrit ensuite pour Le Monde diplo­ma­tique, Acrimed, et par­ti­cipe durant sept ans à l’é­mis­sion La-bas si j’y suis en tant que repor­ter. En 2016, il reçoit le César du meilleur docu­men­taire pour son pre­mier film Merci Patron !

 

Audience d'appel mercredi 5 octobre au tribunal de commerce de Grenoble : les ex-Ecopla contestent la décision du juge commissaire du choix de l'Italien Cuki comme repreneur du dernier fabricant français de barquettes alimentaires en aluminium. Les ex-salariés défendus par le réalisateur de "Merci patron" Christophe Ruffin

François Ruffin, réa­li­sa­teur de « Merci patron »,  défen­dant les ex-sala­riés d’Ecopla au moment de l’au­dience d’ap­pel, le 5 octobre 2016 au tri­bu­nal de com­merce de Grenoble. Les ex-Ecopla contes­taient le choix du juge com­mis­saire : celui de l’Italien Cuki comme repre­neur du der­nier fabri­cant fran­çais de bar­quettes ali­men­taires en alu­mi­nium. © Patricia Cerinsek

Dans le même temps, il confirme son enga­ge­ment poli­tique en se pré­sen­tant aux élec­tions légis­la­tives de 2017 dans la pre­mière cir­cons­crip­tion de la Somme. Il est élu député sous la ban­nière « Picardie Debout », et siège depuis à l’Assemblée natio­nale dans le groupe de La France insou­mise.

 

« J’ai presque le regret d’a­voir été député durant le mou­ve­ment des gilets jaunes, confie-t-il, car j’au­rais été l’un des porte-parole du mou­ve­ment. »

 

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Commentaires 7
  1. À l’heure où on parle de lutte contre les « fake news », il est bien dom­mage qu’on ne puisse pas sanc­tion­ner les lec­teurs, soit igno­rants, soit mal­hon­nêtes, qui postent des âne­ries ou des ragots mal­fai­sants. Jean-Luc Mélenchon n’a jamais appar­tenu à l’ex­trême gauche. Le croire est un signe de sot­tise, le faire croire est sim­ple­ment des­tiné à mettre la France insou­mise sur le même plan que les lepé­nistes, dans le but de décré­di­bi­li­ser ce mou­ve­ment de gauche, de lais­ser toute la place à Macron et autres adeptes du néo-libé­ra­lisme.

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  2. Le taux de sou­tien des Français au mou­ve­ment des gilets jaunes était beau­coup plus élevé au départ. Pour autant, cela ne fait pas de 80% des Français des sym­pa­thi­sants de l’ex­trême-droite ou gauche ! Attention à ne pas géné­ra­li­ser quand même ! Ce qui nour­rit les extrêmes, c’est le sen­ti­ment d’a­ban­don d’une par­tie de la République. Sur ce point, la super­po­si­tion des cartes des ter­ri­toires ancien­ne­ment indus­triels désor­mais sinis­trés, des ter­ri­toires déser­tés par les ser­vices publics, ainsi que des cartes du vote extrême est riche d’en­sei­gne­ments ! Demander davan­tage de démo­cra­tie et de jus­tice fis­cale et sociale ne fait pas de vous des sup­pôts de l’ex­trême-droite.

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  4. Si je com­prends bien François Ruffin se voit en porte parole d’une coa­li­tion Front National / France Insoumise ?

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    • Vision réduc­trice des gilets jaunes. Il faut plu­tôt se poser la ques­tion de l’é­chec des par­tis « tra­di­tion­nels ». Une par­tie du peuple sent aban­donné.

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