Fête de bois 2016, Chamrousse. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

Un séisme de magni­tude 2,3 for­te­ment res­senti à 16 kilo­mètres au sud de Grenoble

Un séisme de magni­tude 2,3 for­te­ment res­senti à 16 kilo­mètres au sud de Grenoble

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

EN BREF – Un séisme de magni­tude 2,3 s’est pro­duit ce mer­credi 23 jan­vier au soir dans la région de Chamrousse et Livet-et-Gavet. Un trem­ble­ment de terre enre­gis­tré à 22 h 56 très exac­te­ment par le réseau de sta­tions SISMalp. Pour autant, bien que la popu­la­tion envi­ron­nante ait for­te­ment res­senti la secousse, cette der­nière n’a causé aucun dégât alentours.

Le séisme d'une magnitude de 2,3 a été ressenti à 22h56 mercredi 23 janvier au sud de Grenoble. © Sismalp - capture d'écran

Le séisme d’une magni­tude de 2,3 a été res­senti à 22h56 mer­credi 23 jan­vier au sud de Grenoble. © SISMalp (cap­ture d’écran)

La Terre a grondé près de Grenoble ce mer­credi 23 jan­vier à 22 h 56. En cause, un séisme d’une magni­tude de 2,3* selon le Bureau cen­tral sis­mo­lo­gique fran­çais (BCSF). Son épi­centre ? D’après les mesures effec­tuées par le réseau d’observation de la sis­mi­cité alpine (SISMalp), il se situe à quelques kilo­mètres au nord de Livet-et-Gavet. Autrement dit, à 16 kilo­mètres au sud de Grenoble, indique l’Institut des sciences de la Terre (ISTerre). « Nous n’arrivons pas très bien à déter­mi­ner sa pro­fon­deur mais il est assez super­fi­ciel, infé­rieur à 5 km pro­ba­ble­ment », pré­cise Olivier Coutant sis­mo­logue à l’institut.

« J’ai cru que c’était une avalanche »

Même si ce trem­ble­ment de terre est classé dans la caté­go­rie des séismes mineurs, la popu­la­tion a néan­moins très bien res­senti les secousses tel­lu­riques. Où ? Plus pré­ci­sé­ment dans les sec­teurs de Vizille, Séchilienne et Chamrousse mais aussi jusqu’à Uriage, Brié-et-Angonnes et Eybens.

Dès lors, com­ment expli­quer cette per­cep­tion lar­ge­ment par­ta­gée alors que, géné­ra­le­ment, seuls les sis­mo­graphes les détectent ? « Parce que le séisme s’est pro­duit dans la soi­rée et que les gens étaient au calme chez eux », indique l’enseignant-chercheur.

Intensités issues des témoignages des cinq derniers jours. © BCSF (capture d'écran)

Intensités issues des témoi­gnages des cinq der­niers jours. © BCSF (cap­ture d’écran)

Tant et si bien que le BCSF a déjà reçu plus d’une cen­taine de témoi­gnages, relate Olivier Coutant. Des témoi­gnages par ailleurs très utiles pour dres­ser les cartes des inten­si­tés, basées sur le res­senti des séismes. D’autres per­sonnes n’ont, quant à elles, pas iden­ti­fié comme tels ces sou­bre­sauts de la terre. Et pour cause : « J’habite en alti­tude. Il a beau­coup neigé. J’ai cru que c’était une ava­lanche », témoigne ainsi une habi­tante vivant non loin de Chamrousse.

« On peut s’attendre à des chutes de blocs »

Toutefois, pas de quoi s’inquiéter, aucun dégât n’a été signalé aux auto­ri­tés locales. « On reste quand même sur une magni­tude qui est faible », rap­pelle le cher­cheur. Néanmoins, il faut faire preuve de pru­dence, estime-t-il puisque « le séisme est sur­venu pas très loin du gros glis­se­ment de Séchilienne. Donc on peut s’attendre à des chutes de blocs ».

Ruines de Séchilienne. DR

Ruines de Séchilienne. DR

De même, des ava­lanches ont pu sur­ve­nir dans les heures qui ont suivi, mais aucun glis­se­ment de ter­rain ne serait à craindre. Encore moins que l’on puisse redou­ter des rup­tures de bâti­ments ou de bar­rage, « car la magni­tude de ce séisme est très infé­rieure à 6 ou 7 », pré­cise-t-il.

Faut-il craindre les répliques ? « Il y en a déjà eu plu­sieurs depuis hier soir, de magni­tude encore plus faible, variant de 2 à 1 », nous indique Olivier Coutant.

« C’est une acti­vité sis­mique nor­male le long d’une faille »

Failles dans la région de Grenoble. © Sismalp/ISTerre

Le cher­cheur n’est pas du tout sur­pris de l’occurrence d’un séisme dans cette zone. « Pour nous, c’est une acti­vité sis­mique nor­male le long d’une faille qui est main­te­nant réper­to­riée », assure le sis­mo­logue. Une bonne rai­son à cela, « nous sommes dans l’alignement de ce que nous appe­lons la faille de Belledonne, qui part du nord du mas­sif et se pro­longe au sud jusqu’à Séchilienne, Vizille et la Motte‑d’Aveillans », précise-t-il.

Quant à sa faible magni­tude, il ne s’en montre pas plus étonné. « Les Alpes ne sont plus en période de construc­tion comme l’Himalaya, qui conti­nue à se for­mer », indique-t-il.

« Mais au cours du temps, les contraintes qui se sont accu­mu­lées au sein de ces mon­tagnes induisent loca­le­ment des réagen­ce­ments de blocs. Ce qui génère des séismes de faible magni­tude, géné­ra­le­ment infé­rieure à 4. »

Le maxi­mum mesuré ? Les séismes dans les Alpes fran­çaises n’ont, jusqu’ici, jamais excédé 5,5 de magni­tude. Les plus proches et les plus intenses sont ceux d’Annecy en 1996 et de Corrençon en 1962, res­pec­ti­ve­ment de magni­tude de 5,2 et 5,5.

« Il y a très peu de risque d’avoir un séisme de magni­tude 8 aux alen­tours de Grenoble »

Que cha­cun se ras­sure, le spé­cia­liste ne s’at­tend pas à des inten­si­tés tel­le­ment supé­rieures. Ce, en dépit de contro­verses autour de la pos­si­bi­lité de la sur­ve­nue d’un séisme de magni­tude 6 ou 7 dans la région. Olivier Coutant se montre, pour sa part, confiant : « Il y a des lois sta­tis­tiques en sis­mo­lo­gie qui sont assez véri­fiées et qui nous disent ce qui peut arri­ver dans une his­toire loca­le­ment », explique-t-il.

Courbes d'un sismographe séisme tremblement de terre Alpes

Courbes d’un sis­mo­graphe. DR

Quid des don­nées col­lec­tées par les sis­mo­logues après sta­tis­tiques ? « Nous sommes dans une zone géo­lo­gique qui certes bouge beau­coup, mais fai­ble­ment », com­mente Olivier Coutant. Et de pour­suivre : « Ainsi, au niveau de la pro­ba­bi­lité, il y a très peu de risque d’avoir un séisme de magni­tude 8 aux alen­tours de Grenoble », conclut-il. Mais pru­dence scien­ti­fique oblige, « pro­ba­bi­lité infime ne veut pas dire jamais ! », ne manque-t-il pas d’ajouter.

Véronique Magnin

  • * L’Institut des sciences de la Terre a estimé à 2,5 la magni­tude de ce séisme sur base des don­nées du réseau de sta­tions SISMAlp.
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Véronique Magnin

Auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A lire aussi sur Place Gre'net

Greenquake, la startup grenobloise qui récupère et utilise l'énergie produite par l'activité sismique
Greenquake, la star­tup gre­no­bloise qui pro­duit de l’éner­gie à par­tir de l’ac­ti­vité sismique

FIL INFO – Convertir l'activité sismique en énergie utilisable au quotidien. C'est le pari de la startup grenobloise Greenquake, qui a mis au point un Lire plus

Site d'exploitation de la carrière Vicat à Sassenage. © Placegre.net
Nuisances, des­truc­tion d’es­pèces, reve­nus pour la Ville… Les enjeux de l’ex­ten­sion de la car­rière Vicat à Sassenage

  ENQUÊTE - Le cimentier isérois Vicat souhaite étendre le périmètre d’exploitation de sa carrière située à Sassenage, sur les contreforts du Vercors. Alors qu'une Lire plus

Un petit séisme parti du Vercors ressenti jusqu'à Grenoble
Un petit séisme, dont le foyer a été loca­lisé dans le Vercors, res­senti jus­qu’à Grenoble

  FLASH INFO -  Un petit tremblement de terre d'une magnitude de 2,7 parti du Vercors a été ressenti jusqu'à Grenoble ce 22 mai vers Lire plus

Des blessés sont simulés au cours des exercices de sécurité, pour entraîner la réactivité des secouristes. © Raphaëlle Denis - Place Gre'net
Sites Seveso : l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise est-elle bien protégée ?

  ENQUÊTE - L’urbanisation croissante des périphéries rapproche nombre d’habitations des installations industrielles. Dans l’agglomération grenobloise, à la fois très industrialisée et fortement soumise aux Lire plus

Rupture de fatigue des matériaux métalliques. © S.Deschanel, W. Ben Rhouma, J.Weiss
Des tra­vaux sur les fis­sures de fatigue des maté­riaux devraient amé­lio­rer les contrôles dans l’industrie

Un consortium* de chercheurs français, dont des chercheurs grenoblois de l’Institut des sciences de la Terre (ISTerre), a mesuré des signaux acoustiques spécifiques à la Lire plus

L'ISTerre, unité mixte de recherche au sein de l'Université Grenoble-Alpes, inaugure son nouvel amphithéâtre au cœur du campus universitaire, ce 23 octobre.
L’Institut des sciences de la Terre inau­gure son nou­vel amphithéâtre

L’amphithéâtre Wilfrid Kilian ouvrira ses portes aux chercheurs, enseignants et étudiants de l'Institut des sciences de la Terre (ISTerre), ce lundi 23 octobre. Un édifice Lire plus

Flash Info

|

13/05

10h40

|

|

12/05

17h19

|

|

11/05

11h58

|

|

10/05

17h19

|

|

10/05

12h06

|

|

10/05

10h08

|

|

09/05

12h05

|

|

06/05

20h04

|

Les plus lus

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF épi­sode 30 : « Les élec­tions légis­la­tives en Isère »

Abonnement| Un comité de sou­tien mené par Franck Longo pour la réélec­tion d’Émilie Chalas dans la 3e cir­cons­crip­tion de l’Isère

Fil info| Législatives : le mou­ve­ment Renaissance, ex-LREM, repré­sente sept dépu­tés sur ses dix can­di­dats en Isère

Agenda

Je partage !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin