Les Grenoblois invités à mesurer la qualité de l’air grâce à des micro-capteurs

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EN BREF – L’observatoire Atmo Auvergne Rhône Alpes lance une opération de mesure citoyenne de la qualité de l’air au second semestre 2019. Les habitants de Grenoble, Clermont-Ferrand et de la communauté de communes Pays du Mont-Blanc pourront, à l’aide de micro-capteurs, mesurer en temps réel les niveaux de pollution de l’air. Une campagne de recrutement de volontaires est lancée.

 

 

Pollution dans la cuvette grenobloise : pour la première fois, les véhicules les polluants (immatriculés avant 1997) seront interdits de circulation dès samedi 10 décembre. Lundi, avec la persistance du pic de pollution, l'interdiction devrait être élargie. Crédit Patricia Cerinsek

Pollution dans la cuvette gre­no­bloise. © Patricia Cerinsek

L’année 2019 com­mence mal en ce qui concerne la qua­lité de l’air à Grenoble. Dès le 1er jan­vier, la pré­fec­ture de l’Isère a en effet activé la vigi­lance pol­lu­tion dans le bas­sin gre­no­blois.

 

Un pic de pol­lu­tion dû à l’augmentation du taux de par­ti­cules (PM10), pro­ba­ble­ment cau­sée par la forte acti­vité tou­ris­tique de cette fin d’année dans la val­lée alpine. De quoi augu­rer une année com­pli­quée, comme l’a été 2018.

 

En mai der­nier, la Commission euro­péenne ren­voyait la France devant la Cour de jus­tice euro­péenne pour « dépas­se­ment des valeurs limites de qua­lité de l’air fixées et man­que­ment à l’obligation de prendre des mesures appro­priées pour écour­ter le plus pos­sible les périodes de dépas­se­ment ».

 

En mai 2018, Bruxelles épinglait la France pour non-respect des seuils de la qualité de l’air. © Patricia Cerinsek

En mai 2018, Bruxelles épin­glait la France pour non-res­pect des seuils de la qua­lité de l’air. © Patricia Cerinsek

Quatorze zones cri­tiques étaient poin­tées du doigt : l’Ile-de-France, Marseille, Nice, Toulon, Lyon, Saint-Étienne, Valence, la val­lée de l’Arve, Strasbourg, Reims, Montpellier, Toulouse, la Martinique… et Grenoble.

 

 

Des micro-capteurs connectés aux smartphones

 

La ville de Grenoble se retrouve sou­vent dans le viseur des études sur la pol­lu­tion de l’air. Ce qui en fait un ter­rain d’observation idéal pour Atmo, fédé­ra­tion des asso­cia­tions agréées de sur­veillance de la qua­lité de l’air en France.

 

La situation géographique de Grenoble dans une cuvette aggrave la pollution atmosphérique. © Véronique Serre

La situa­tion géo­gra­phique de Grenoble dans une cuvette aggrave la pol­lu­tion atmo­sphé­rique. © Véronique Serre

L’observatoire Atmo Auvergne Rhône-Alpes s’apprête donc à lan­cer une expé­ri­men­ta­tion dans l’agglomération en 2019. Le prin­cipe ? Proposer aux Grenoblois de mesu­rer eux-mêmes la qua­lité de l’air qu’ils res­pirent, à l’aide de micro-cap­teurs.

 

La démarche est simple. Les per­sonnes inté­res­sées s’inscrivent à la cap­to­thèque. Si leur can­di­da­ture est accep­tée, la pla­te­forme leur per­met alors d’emprunter un micro-cap­teur de mesure de la qua­lité de l’air.

 

Ce der­nier fonc­tionne avec une appli­ca­tion télé­char­geable sur smart­phone qui donne la pos­si­bi­lité de consul­ter direc­te­ment les don­nées. Il ne reste plus qu’à arpen­ter les rues gre­no­bloises pen­dant que l’outil mesure en temps réel les niveaux de pol­lu­tion dans la ville.

 

 

Placer les citoyens au cœur du système de surveillance

 

Avec cette expé­ri­men­ta­tion, l’observatoire Atmo Auvergne Rhône Alpes veut per­mettre aux citoyens de s’approprier les enjeux de la qua­lité de l’air, les pla­cer au centre du sys­tème de sur­veillance.

 

Une trentaine de Grenoblois avaient expérimenté l'usage de micro-capteurs dans le cadre de l'opération Mobicit'air. © DR Atmo Auvergne Rhône-Alpes

Une tren­taine de Grenoblois avaient expé­ri­menté l’u­sage de micro-cap­teurs dans le cadre de l’o­pé­ra­tion Mobicit’air. © Atmo Auvergne Rhône-Alpes

Les micro-cap­teurs connec­tés faci­litent en effet la com­pré­hen­sion de ces ques­tions envi­ron­ne­men­tales et sont même sus­cep­tibles d’en­traî­ner des chan­ge­ments d’usage au quo­ti­dien. Ces outils de mesure à la pointe du pro­grès ont d’ailleurs fait l’objet d’un col­loque inter­na­tio­nal en novembre der­nier à Lille qui a per­mis de révé­ler leur poten­tia­lité.

 

La capi­tale des Alpes n’est pas la pre­mière ville fran­çaise à s’équiper de ces petits outils tech­no­lo­giques qui ont le vent en poupe. À Paris, le pro­jet Air Citizen pro­pose des mesures citoyennes de la qua­lité de l’air depuis 2015. Idem à Rennes, avec l’opération Ambassad’air.

 

À Grenoble, l’expérimentation Mobicit’air menée en 2016 – 2017 avait tou­te­fois déjà intro­duit le concept. Une tren­taine de Grenoblois s’étaient en effet por­tés volon­taires pour pro­me­ner leurs micro-cap­teurs par­tout dans l’agglomération. Un pre­mier essai concluant selon Atmo, qui compte donc étendre l’opération.

 

 

Déjà plus de 300 volontaires

 

Certains usent déjà de leurs micro-cap­teurs depuis le début de cet hiver 2018 – 2019, dans le cadre de l’expérimentation inti­tu­lée Checkbox. Un tour de chauffe avant le lan­ce­ment offi­ciel de la cap­to­thèque au second semestre 2019.

 

Un salarié du BTP manœuvre une mini-pelle sur un chantier dans Grenoble. © Sidonie Hadoux

Les tra­vailleurs de l’ag­glo­mé­ra­tion sont invi­tés à par­ti­ci­per à cette cam­pagne. © Sidonie Hadoux

Pour l’instant, Atmo Auvergne Rhône-Alpes est à la recherche de volon­taires. La cam­pagne s’adresse aux habi­tants et tra­vailleurs de l’agglomération gre­no­bloise.

 

Le nombre de places est limité mais déjà 301 per­sonnes ont can­di­daté à Clermont-Ferrand, Grenoble et dans la com­mu­nauté de com­munes pays du Mont-Blanc, selon le comp­teur du site captotheque.fr au 2 jan­vier 2019.

 

D’autres pro­jets sont pré­vus sur le ter­ri­toire de la métro­pole pour 2019. Études col­la­bo­ra­tives et ate­liers de construc­tion de mini-sta­tions de qua­lité de l’air devraient ainsi contri­buer à sen­si­bi­li­ser le public. Une année tour­née vers la ques­tion cru­ciale de la qua­lité de l’air à Grenoble, avant d’en­tre­voir peut-être une amé­lio­ra­tion en 2020 ?

 

Jules Peyron

 

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Commentaires 8
  1. Ping : Les Grenoblois invités à mesurer la qualité de l’air grâce à des micro-capteurs | L'Agence veille pour vous

  2. Proposition : en 2020, chan­ger de muni­ci­pa­lité à Grenoble, et chan­ger de majo­rité Métropolitaine.

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  3. Tiens, je ne sais pas pour­quoi mais en lisant ça : https://www.midilibre.fr/2019/01/02/il-y-a-moins-de-cons-mais-avec-internet-ils-se-voient-plus,6355732.php j’ai pensé à deux gus qui n’ar­rêtent pas de crier au com­plot 😀

    Bon, dès qu’il est ques­tion pol­lu­tion, Pierre Misère et GAM montent au cré­neau pour être non pas contre la pol­lu­tion mais plu­tôt pour car déni­grant toute mesure qui serait en faveur d’une lutte contre. A part voci­fé­rer sur inter­net, quelles sont les pro­po­si­tions ? (qui ne rentrent pas dans le champ de l’ar­ticle du Midi Libre bien entendu)

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  5. Si c’est pour qu’à la fin, les #Grenoblois se fassent embrouiller par la muni­ci­pa­lite #Piolle, le #Smtc via #Mongaburu , et leurs potes poli­ti­sés qui reprennent la cha­son en coeur du « tout va bien » ? Ça sert à quoi donc ? Ils nous sor­ti­rons à nou­veaux des stat orien­tées et pipeau a 2 balles !

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  7. L’office de lutte anti-fraude de l’Union Européenne va ado­rer…

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  8. Et on nous prend encore pour des buses !
    Là Atmo, vous allez avoir des pro­blème (a) avec la DG ENV de la com­mis­sion euro­péenne (ces cap­teurs ne sont pas homo­lo­gués) et (b) pour des rai­sons de mar­ché public car cela résulte d’une « expé­ri­men­ta­tion » dont l’at­tri­bu­tion sent mau­vais !

    Juste un rap­pel de ça ! Numérotez vos abat­tis !
    https://groupedanalysemetropolitain.com/2018/05/24/start-up-de-pollution-en-temps-reel/

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