La permanence du député LREM Jean-Charles Colas-Roy murée à Échirolles

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FIL INFO – La permanence du député LREM Jean-Charles Colas-Roy a été murée dans la nuit de jeudi à vendredi 28 décembre à Échirolles. Une action revendiquée par les Jeunes agriculteurs (JA) de l’Isère qui contestent le récent vote d’une augmentation de plus de 70 % de la redevance pour pollutions diffuses.

 

 

Sur les moellons on peut lire : "RPD (redevance pour pollutions diffuses) Des solutions avant des taxes". © Jeunes agriculteurs de l'Isère

Sur les moel­lons, on peut lire : « RPD (rede­vance pour pol­lu­tions dif­fuses) Des solu­tions avant des taxes ». © Jeunes agri­cul­teurs de l’Isère

 

Tout s’est passé au cœur de la nuit. Quelques membres des Jeunes agri­cul­teurs de l’Isère ont muré la porte d’en­trée de la per­ma­nence du député LREM Jean-Charles Colas-Roy au 17 rue des Maquis de l’Oisans, à Échirolles. « Une action sym­bo­lique, calme et paci­fiste afin de mon­trer au député notre mécon­ten­te­ment », résume Sébastien Poncet, pré­sident des JA de l’Isère.

 

 

« On veut des solutions avant les taxes »

 

La colère du syn­di­cat pro­vient d’un texte voté vers 4 heures du matin, mer­credi 19 décembre. Sur 93 votants, 66 se sont pro­non­cés en faveur du pro­jet de loi de finances pour 2019. Or le docu­ment contient l’ar­ticle 76 sur la rede­vance pour pol­lu­tions dif­fuses. Une taxe qui devrait consi­dé­ra­ble­ment aug­men­ter l’an pro­chain dans le but de faire bais­ser l’utilisation des pro­duits phy­to­sa­ni­taires. En outre, cette aug­men­ta­tion rap­por­te­rait 50 mil­lions d’eu­ros de recettes à l’État.

 

La permanence parlementaire murée de Jean-Charles Colas-Roy, député LREM de la deuxième circonscription de l'Isère. © Jeunes agriculteurs de l'Isère

La per­ma­nence par­le­men­taire de Jean-Charles Colas-Roy,
député LREM de la deuxième cir­cons­crip­tion de l’Isère. © Jeunes agri­cul­teurs de l’Isère

La mesure a des visées éco­lo­gistes selon le gou­ver­ne­ment. Pour les agri­cul­teurs, c’est sur­tout un moyen de se faire de l’argent sur leur dos, comme l’ex­plique Sébastien Poncet : « On veut des solu­tions avant des taxes. Le phy­to­sa­ni­taire, on ne l’u­ti­lise pas de gaieté de cœur mais on ne peut pas aller vers 100 % de bio sans solu­tion alter­na­tive. »

 

L’agriculteur est vite rejoint par Jérôme Crozat, pré­sident de la Fédération dépar­te­men­tale des syn­di­cats d’ex­ploi­tants agri­coles (FDSEA) : « On est soli­daires avec l’ac­tion des Jeunes agri­cul­teurs. L’article de loi est soi-disant envi­ron­ne­men­tal mais c’est juste une pompe à fric. Si l’aug­men­ta­tion pou­vait ser­vir à finan­cer la tran­si­tion vers le bio pour­quoi pas, mais on ne sait pas où va aller l’argent. »

 

 

Après le murage, la discussion

 

Le mécon­ten­te­ment des agri­cul­teurs isé­rois a donc frappé le député Jean-Charles Colas-Roy, qui fait parti des votants en faveur de la loi.

 

En janvier, 48 demandes d'octroi ou de renouvellement de concessions d'hydrocarbures ont été rejetées. Mais 16 autorisées. Loi emblématique ?

Jean-Charles Colas-Roy, en octobre 2017 lors des débats sur la loi Hydrocarbures à l’Assemblée natio­nale dont il a été co-rap­por­teur (cap­ture d’é­cran)

« On avait pour­tant alerté les dépu­tés de l’Isère par cour­rier. On vou­lait des solu­tions mais deux ne nous ont pas écou­tés et n’ont même pas répondu », regrette Sébastien Poncet.

 

Résultat, l’un d’eux a eu la sur­prise de trou­ver sa per­ma­nence murée ven­dredi 28 décembre au matin.

 

Une action coup de poing qui n’est pour­tant pas signe de blo­cage selon les Jeunes agri­cul­teurs de l’Isère, qui se disent « prêts à tra­vailler avec les dépu­tés ». Leur objec­tif, main­te­nant que la loi a été votée, c’est de faire reti­rer l’ar­ticle au gou­ver­ne­ment. Les pro­chaines actions ? Elles seront « de l’ordre de la dis­cus­sion », assure le syn­di­cat.

 

JP

 

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