Blouses bleues acte II : pas de cantine dans les écoles de Grenoble ce vendredi 21 décembre

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FIL INFO – Les personnels d’entretien des écoles, Atsem et animateurs scolaires de Grenoble font grève ce vendredi 21 décembre à l’appel de trois syndicats. Un peu plus d’une semaine après être déjà descendus dans la rue, ils dénoncent la précarité de leurs emplois et une dégradation générale de leurs conditions de travail.

 

 

L'appel à la grève du 14 décembre avait également mené à l'annulation de la restauration scolaire à Grenoble. De nombreuses "Blouses bleues" y ayant participé. © Joël Kermabon - Place Gre'net

L’appel à la grève du 14 décembre avait également mené à l’annulation de la restauration scolaire à Grenoble. De nombreuses « Blouses bleues » y avaient participé. © Joël Kermabon – Place Gre’net

La Ville a d’ores et déjà prévenu les parents d’élèves : il n’y aura pas cantine dans les écoles de Grenoble ce vendredi midi. Une annulation de la restauration scolaire plus si exceptionnelle que ça. C’est en effet la troisième fois ce mois-ci que les parents doivent se débrouiller entre midi et deux.

 

À l’origine de cette nouvelle annulation, la colère des agents d’entretien, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) et animateurs de la Ville. Ceux que l’on surnomme les « blouses bleues ». Ils dénoncent la précarité de leurs emplois, souvent à temps partiels et faiblement rémunérés. Leurs revendications les avaient déjà menés dans la rue le 11 décembre, à l’appel du syndicat Solidaires et de la Confédération nationale du travail (CNT). Force ouvrière (FO) s’est depuis ajouté à la liste en prévision de la mobilisation de vendredi.

 

 

500 ou 800 euros de salaire par mois

 

« On se bat contre le système qui est mis en place dans les écoles et qui organise la précarité », explique Denis Bagary. Le représentant syndical isérois de Solidaires ne décolère pas : « On veut une autre organisation dans les écoles de Grenoble. Certains agents travaillent depuis dix ou quinze ans et n’ont toujours pas de poste à temps plein. Certains ne gagnent que 500 ou 800 euros par mois… »

 

Face à ces conditions de travail difficiles, beaucoup d’agents finissent par quitter leur poste ou se mettre en arrêt maladie. « On constate alors une pratique de harcèlement », rapporte Denis Bagary, « qui consiste à systématiquement contester les arrêts maladies… Et à très peu les remplacer. »

 

 

Pas de cantine, garderie et périscolaire perturbés

 

« Les agents ne sont pas entendus », déplore de son côté Chérif Boutafa, délégué syndical FO. Il pointe du doigt les écoles maternelles et élémentaires « Élisée Chatin, Malherbe, Sidi Brahim, Clémenceau, Gérard Philippe… », où les conditions de travail des agents seraient selon lui, particulièrement dégradées.

 

Cherif Boutafa, délégué syndical FO inquiet pour les "Blouses bleues" : "Y'a du mal à Grenoble". © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Cherif Boutafa, délégué syndical FO inquiet pour les « Blouses bleues » : « Y a du mal à Grenoble ». © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Pour se faire entendre, Atsem, animateurs et agents d’entretien ont donc opté pour la grève. Le 11 décembre, ils étaient plusieurs dizaines à se rassembler à l’arrêt de tram Chavant entre midi et deux. Ce vendredi, pas de rassemblement prévu mais les mêmes horaires de grève : 11 h 30 – 13 h 30. Ce qui entraîne l’annulation de la restauration scolaire. La garderie et le périscolaire devraient également être perturbés.

 

 

Vers une amplification du mouvement en janvier ?

 

La Ville a prévenu les parents d’élèves afin d’éviter les mauvaises surprises. Et justifié l’annulation par un souci « de ne pas gâcher de la nourriture. » Tout en précisant : « Les enfants pourront être accueillis avec un repas froid fourni par les parents si les professionnels sont en nombre suffisant. Sinon pas d’accueil possible. »

 

Maud Tavel. Conseil municipal de Grenoble. 6 mars 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Maud Tavel, adjointe de Grenoble déléguée au personnel et à la direction générale. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Dans le même communiqué, on peut lire : « Suite à la grève du 11 décembre, la Ville s’est engagée à ouvrir des discussions avec les organisations syndicales sur les revendications portées, mais cela demande du temps au regard des sujets évoqués. »

 

De quoi déclencher la colère du syndicat Solidaires. « C’est un scandale ! », juge-t-il. « On a reçu une fin de non-recevoir sur toutes nos revendications. La grève de demain, c’est un signal qu’on veut lancer avec les autres syndicats, à la veille des vacances de Noël. Si on n’a pas de propositions en janvier, ça repartira. » Et la CGT pour l’instant à l’écart de la contestation pourrait bien rejoindre le mouvement dès le début d’année 2019.

 

JP

 

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