Réchauffement, inondations… le “château d’eau” de l’agglomération grenobloise consolide ses fondations

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FOCUS – Le bassin versant du Drac et de la Romanche est le château d’eau de la grande région urbaine de Grenoble. Un réservoir à protéger. C’est la mission du Sage, schéma d’aménagement et de gestion des eaux. Problème : la première mouture de ce document de planification n’avait aucune valeur réglementaire. Révisée, la seconde version devrait aller plus loin et tenir compte des impacts du changement climatique et des risques naturels, notamment d’inondation.

 

 

Le Drac à Rivoire © Clé Drac-Romanche

Le Drac à Rivoire. © Clé Drac-Romanche

Château d’eau de la grande région urbaine gre­no­bloise, le bas­sin ver­sant du Drac et de la Romanche ali­mente les cent dix-sept com­munes du ter­ri­toire. Soit 350 000 habi­tants.

 

Un immense réser­voir d’eau potable très convoité qui prend sa source dans le mas­sif des Écrins.

 

Il recouvre 831 kilo­mètres de cours d’eau prin­ci­paux, 410 cap­tages d’eau potable, 112 lacs, 52 km2 de gla­ciers et 7 700 hec­tares de zones humides. Mais aussi, 48 ouvrages hydro-élec­triques et sept grands bar­rages, repré­sen­tant 10 % de la pro­duc­tion natio­nale hydro­élec­trique fran­çaise et… 98,87 % des pré­lè­ve­ments1Sur les 15 mil­liards de mètres cube d’eau pré­le­vés en 2014, près de 99 % l’ont été pour l’hy­dro­élec­tri­cité. L’eau potable repré­sente 0,28 %, l’ir­ri­ga­tion comme la neige de culture 0,01 %, le refroi­dis­se­ment indus­triel 0,54 %, les 0,29 % res­tants étant regrou­pés sous dif­fé­rents usages..

 

Il est aussi le théâtre d’une acti­vité tou­ris­tique sou­te­nue, notam­ment liée aux sports d’eaux vives et d’hi­ver en tête, avec huit domaines skiables dont ceux de L’Alpe d’Huez et des 2‑Alpes. Sans oublier une acti­vité indus­trielle non négli­geable, avec Vencorex, Arkema, Cezus, Isochem ainsi que plus de 28 000 PME et PMI.

 

 

Un château d’eau de plus en plus vulnérable

 

Mais ce châ­teau d’eau est de plus en plus vul­né­rable, fra­gi­lisé par l’ur­ba­ni­sa­tion et le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. La Clé, com­mis­sion locale de l’eau, joue certes le rôle de « sen­ti­nelle de l’eau ». C’est elle qui est aux manettes d’un docu­ment de pla­ni­fi­ca­tion – le schéma d’a­mé­na­ge­ment et de ges­tion des eaux (Sage) – qui met en œuvre les actions et leur suivi. Mais, jusque-là, ce texte cadre n’a­vait aucune valeur régle­men­taire.

 

La Romanche à Séchilienne © Clé Drac-Romanche

La Romanche à Séchilienne. © Clé Drac-Romanche

 

C’est chose réglée. Entré en révi­sion il y a trois ans et adopté à l’u­na­ni­mité il y a quelques jours au terme d’un long mara­thon, le Sage nou­velle ver­sion va donc plus loin. Et fixe un cadre contrai­gnant. « Les actes des col­lec­ti­vi­tés devront être com­pa­tibles avec ce Sage », résume le pré­fet de l’Isère Lionel Beffre. À la clé ? Un pro­gramme d’ac­tions estimé à 403 mil­lions d’eu­ros pour les cinq ans à venir…

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