Plan Chronovélo : la contre-proposition du collectif Le vélo qui marche n’a pas convaincu

sep article

REPORTAGE VIDÉO – La salle était pleine à craquer ce mardi 4 décembre pour suivre la réunion de concertation, à l’initiative du Comité de liaison des unions de quartiers (Cluq). Son thème ? Le plan Chronovélo et ses alternatives. Venu exposer ses contre-propositions au schéma de la Métropole grenobloise, le collectif Le vélo qui marche est, malgré tout, resté sur sa faim.

 

 

Réunion de concertation autour du plan Chronovélo, à l'initiative du Cluq, mardi 4 décembre. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Réunion de concertation autour du plan Chronovélo, à l’initiative du Cluq, mardi 4 décembre. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

La salle de conférence de l’Office de tourisme était archi-comble ce mardi 4 décembre.

 

Quelque 200 personnes, des Grenoblois mais aussi des habitants de l’agglomération, de tous âges, ont participé à la réunion de concertation voulue et organisée par les unions de quartier de Grenoble.

 

L’objet de cette réunion ? Débattre des alternatives au plan Chronovélo de la Métropole de Grenoble. Plan qui, affirment les unions de quartier, n’a jamais été débattu dans sa globalité, tandis que certains émettent de sérieux doutes sur sa faisabilité. La soirée visait à combler cette lacune dans le processus de concertation des axes Chronovélos, de l’avis de l’organisateur de soirée : le Comité de liaison des unions de quartiers (Cluq).

 

Dans le public, les défenseurs du plan Chronovélo s’étaient visiblement passé le mot pour venir nombreux à la soirée, dans l’intention de donner bien évidemment du fil à retordre au collectif Le vélo qui marche. Celui-ci comptait, du reste, de nombreux soutiens dans la salle. Durant près de trois heures, les deux « camps » ont eu tout le loisir de s’exprimer.

 

 

Retour en vidéo sur l’organisation et l’ambiance de la soirée :

 

Reportage : Joël Kermabon – Placegrenet.fr

 

 

La thèse du Collectif Le vélo qui marche

 

Ne remettant en cause ni le besoin d’aménagements structurants pour les vélos dans l’agglomération grenobloise, ni le développement du cycle en ville, Le vélo qui marche souhaite pourtant retoquer le plan Chronovélo. Pour les militants du collectif, faire passer le réseau express vélo par le centre-ville de Grenoble est en effet une erreur.

 

Réunion de concertation sur le plan Chronovélo. A la tribune le Collectif Le vélo qui marche, Bruno de Lescure, et Pierre Belli-Riz, mardi 4 décembre 2018 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Réunion de concertation sur le plan Chronovélo. A la tribune le Collectif Le vélo qui marche, Bruno de Lescure, et Pierre Belli-Riz, mardi 4 décembre 2018. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Avec ses commerces, ses brocantes, ses piétons qui traversent, ses entrées et sorties de lycées, notamment sur le cours Lafontaine… l’activité urbaine du centre-ville grenoblois n’est pas compatible avec une voie express vélo, assènent les militants du collectif.

 

Gageure, selon eux, que de dérouler ces axes bidirectionnels où circuleront 5 000 cyclistes par jour sur des chaussées déjà fort encombrées. Avec, par exemple, deux voies de tram et une voie de circulation pour les voitures rien que le cours Berriat.

 

 

Faire circuler la ligne 1 Chronovélo sur les Grands boulevards

 

Par ailleurs, les portions d’itinéraires empruntant le centre-ville n’apporteront pas le service « chrono » promis aux cyclistes, gage le collectif. Les militants se référent, pour l’affirmer, au descriptif officiel et technique d’une voie express vélo établi par le Céréma à partir d’exemples multiples.

 

Selon cet établissement public, un réseau cycliste à haut niveau de service doit permettre aux vélos de circuler à une vitesse moyenne de 20 km/h avec des pointes pouvant monter à 30 km/h, et a fortiori éviter au cycliste le plus d’arrêts possibles.

 

Réunion de concertation sur le plan Chronovélo. A la tribune Guy Waltisperger, militant du collectif Le vélo qui marche, et Gilles Namur, président du Cluq, mardi 4 décembre 2018 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Réunion de concertation sur le plan Chronovélo. A la tribune, Guy Waltisperger, militant du collectif Le vélo qui marche au micro, et Gilles Namur, président du Cluq, mardi 4 décembre 2018 © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

En conséquence, le collectif propose de dévier la ligne chronovélo 1 (Meylan-Fontaine) sur les Grands Boulevards, au lieu de la faire passer par le cours Lafontaine et le cours Berriat, comme le prévoit le schéma de la Métropole.

 

Les militants exhortent également les décideurs à prendre le temps d’examiner le meilleur itinéraire pour la ligne Chronovélo 4 (itinéraire Eybens-Grenoble centre). Deux solutions méritent d’être étudiées, d’après eux : l’avenue Jean-Perrot, le choix de la Métropole pour l’heure, et l’avenue Marcelin-Berthelot.

 

 

« Les vélos circulent, de fait, déjà en grand nombre sur ces voiries »

 

À entendre les nombreuses prises de paroles de la soirée, la proposition du collectif n’aura pas fait bouger d’un iota les certitudes des partisans du plan Chronovélo.

 

Réunion de concertation autour du plan Chronovélo, un membre de l'Association des boîtes à vélo de Grenoble, mardi 4 décembre 2018 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Réunion de concertation autour du plan Chronovélo, un membre de l’Association des boîtes à vélo de Grenoble, mardi 4 décembre 2018. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Beaucoup d’entre eux ont plutôt exprimé leur impatience que la Métropole de Grenoble sécurise enfin des pistes cyclables pour pouvoir circuler plus sereinement en vélo en ville, notamment avec les enfants, sans risque de se faire renverser par une voiture.

 

Des parents n’osent d’ailleurs pas aujourd’hui lâcher leurs ados sur les pistes cyclables, insécures à leurs yeux.

 

Quant au problème de la vitesse des cycles sur les futures Chronovélo, susceptible de mettre en danger les piétons, les partisans du plan Chronovélo balayent l’argument et accusent le collectif de jouer avec les peurs. « Les vélos circulent, de fait, déjà en grand nombre sur ces voiries, déclare Yann Montbaburu, vice-président métropolitain aux déplacements de la Métropole de Grenoble. Le cours Berriat est la voirie la plus utilisée par les cycles, et plus accidentogène aussi. Ce serait irresponsable de ne rien faire. »

 

 

« J’avais peur que ça parte dans tous les sens »

 

Bilan de cette réunion ? « Une soirée d’échanges intéressante, se réjouit Gille Namur, coanimateur de la soirée avec la Ville. On ne peut toutefois pas parler de réunion de concertation », admet le président du Cluq.

 

Celui-ci ne cache pas un certain soulagement : « J’avais peur que ça parte dans tous les sens, reconnaît-il. Mais je suis au final plutôt satisfait. Nous avons réussi à mettre en place ce temps de débat, dans une ambiance plutôt respectueuse. »

 

Réunion de concertation autour du plan Chronovélo, au micro Gilles Namur, président du Cluq organisateur de l'événement, mardi 4 décembre. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Réunion de concertation autour du plan Chronovélo, au micro Gilles Namur, président du Cluq organisateur de l’événement, mardi 4 décembre. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Bien moins enthousiastes, les militants du Collectif le Vélo qui marche déplorent le déséquilibre du temps de parole en fin de réunion, entre le collectif et Yann Mongaburu. « La réunion a eu lieu, c’est le côté positif, commente Bruno de Lescure, militant du collectif et président de l’Union de quartier Berriat-Saint-Bruno-Europole, mais on n’a pas eu de dialogue sur le fond sur notre proposition, regrette-t-il. Les élus n’ont pas réagi là-dessus ». De quoi le faire douter de la formule de la soirée : « On aurait peut-être dû procéder autrement, faire une table ronde. »

 

 

« Il n’y a pas eu d’ouverture de la part de la Métropole… »

 

Dans sa conclusion, Yann Mongaburu a esquivé la proposition d’une piste Chronovélo sur les Grands Boulevards et au contraire confirmé le bien-fondé du plan Chronovélo avec les itinéraires sur Berriat et Jean Perrot. Des choix retenus entre différents scenarii à la lumière d’études, a souligné le vice-président.

 

Réunion de concertation autour du plan Chronovélo, à l'initiative du Cluq. Au micro, Yann Mongaburu, vice-président métropolitain aux déplacements, mardi 4 décembre. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Réunion de concertation autour du plan Chronovélo à l’initiative du Cluq. Au micro, Yann Mongaburu, vice-président métropolitain aux déplacements. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« Il n’y a pas eu d’ouverture de la part de la Métropole lors de cette soirée, est forcé de constater Pierre Belli-Riz, autre militant du Collectif, membre d’un Conseil consultatif indépendant.

 

Celui-ci s’agace enfin de « l’absence totale de la Ville en terme de responsabilité, qui se cache derrière la Métropole ». Las, le militant conclut : « On ne peut pas rattraper trois ans de non-concertation en une seule soirée. »

 

Séverine Cattiaux et Joël Kermabon

 

 

commentez lire les commentaires
2580 visites | 10 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 10
  1. Une question à la marge : les rues Lafayette, Brocherie et autour ont elle été transformées de rues piétonnes en réseau cycliste à haut niveau de service ?
    Aucune signalétique ne précise leur statut et simplement marcher dans ces rues devient un sport à haut risque… Nos chers cyclistes « politiquement corrects » dûment casqués et gilets fluo foncent parmi les piétons au lieu de rouler au pas comme le veut la loi.
    Et la moindre remarque transforme le meilleur des bobos cycliste en marchande de poisson éructante et sûre de son bon droit de victime éternelle. Et on parlera une autre fois des trottinettes électriques…
    Même proportion d’imbéciles et de beaufs que chez les conducteurs de 4X4.

    sep article
  2. donc le collectif serait pour le développement du vélo et des chronovélos
    mais
    1) propose des chronovélos sur trottoir sur les grands boulevards
    2) s’oppose à une chronovélo devant le lycée Champollion mais en propose une devant le lycée Mounier, une chronovélo serait dangereuse pour les lycéens de Champollion mais par pour ceux de Mounier
    3) explique qu’il ne faut pas de chronovélo sur Berriat Est car ce n’est pas le rôle d’une chronovélo de desservir des pôles générateurs de déplacements mais propose une chronovélo sur Berthelot plutôt que sur Jean Perrot car cela desservirait + de générateurs de déplacements, faudrait savoir
    bref, on comprend bien que ce collectif est pour le développement du vélo à condition de ne pas prendre de place à la voiture, tant pis si les aménagements cyclables sur trottoir, avec les bus ou en bandes cyclables ne permettent pas à nos ados et enfants d’aller à l’école à vélo en sécurité, les parents les accompagneront en voiture et tant pis pour leur santé.

    sep article
  3. sep article
    • Tiens, c’est marrant mais le tractage et affichage de l’UQ St-Bruno/Chorier/Berriat (pour ce que j’ai vu dans les rues autour de mon quartier, c’était pas du bourrage de salle ?

      Donc, si je comprends bien :
      1/ mobilisation des partisans des Chronovelos : c’est pas bien.
      2/ mobilisation des partisans pro-bagnoles : c’est normal.
      Ok, continuez comme ça : vous me faites autant rire que la veste que vous avez pris au cours de cette soirée !

      sep article
      • Pour répondre à votre question : vous comprenez pas bien.

        sep article
        • Ben tiens. J’imagine que si la salle avait plébiscité l’avis du collectif auto-proclamé spécialistes en déplacements urbains à bicyclette, vous auriez eu un autre discours, non ?
          Là, on a eu un ensemble de citoyens qui sont venus témoigner pourquoi ils avaient besoin d’un réseau de pistes cyclables sécurisés pour leurs déplacements, à eux mais aussi pour ceux de leurs enfants / pré-ados / ados.

          Ne vous en déplaise, nul besoin d’être affilié à un mouvement politique, qu’il soit entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche incluses, pour avoir ce genre d’avis. Pour ma part, j’ai juste fait du bouche-à-oreille entre personnes à vélo : 4 collègues de bureau et 2 voisins sont venus assister à cette réunion (à laquelle ils ont bien ri).

          Le collectif a fait de même en placardant une affiche un peu tendancieuse anti-chronovélo/anti-municipalité sur *toutes* les montées des rues autour de chez moi. Il y a même un site internet (hébergé sur le serveur de l’équipe de bras cassés d’un ex-taulard). Si ce n’est pas pour rameuter du monde si possible anti-chronovélo, ça y ressemble diantrement.

          Débattre, c’est bien. Mais sur des idées sérieuses, pas sur des clowneries comme la vitesse de croisière de 30km/h des cyclistes, la réservation du réseau express aux cyclistes rapides, des contradictions avec le passage gênant devant le lycée Champollion mais pas gênant devant le lycée Mounier, des contradictions entre les cyclistes qui roulent trop vite devant Champollion et regretter que plus loin les cyclistes vont être freinés sur le cours Berriat, avancer la présence annuelle d’une braderie ou d’une manifestation sportive comme arguments anti-chronovélo, la demande d’un réseau express sur les trottoirs des grands boulevards alors que tout au long du discours on a eu droit aux conflits piétons / vélos.

          Donc oui, je vous rejoins sur le terme choisi : « combattre ». Il faut combattre ces idées à la c.n qui ne reposent sur aucune réalité tangible excepté continuer à satisfaire quelques egos qui en sont encore à l’ère de l’automobile en ville ou bien avec de basses vues politiciennes. La période Pompidolienne est terminée.

          sep article
          • Non, non, exactement le même discours parce que c’est de vous dont je parlais.

            sep article
            • Pauvre Caliméro va ! A court d’arguments, ce sont les autres qui ne comprennent pas vos (im)postures intellectuelles…
              Soyez crédibles avec de véritables arguments basés sur une réelle expertise en matière d’aménagements cyclables urbains et on vous écoutera. Pour l’instant, à part plier de rire une salle, c’est la seule chose que vous avez réussi à bien faire. Ceci dit, c’est important de rire au-moins 5 minutes par jour et mardi dernier, on a été gâté : on a même eu du bonus. Donc MERCI à vous !

              sep article
  4. Une parodie de démocratie avec une salle « bourrée » par les amis politique de #Piolle venues uniquement pour en découdre et qui attaquaient auparavant sur les réseaux sociaux et la presse le collectif #Leveloquimarche, donc les unions de quartiers, un temps de parole inéquitable offert par leur complice #Gilles Namur à #Mongaburu au détriment des autres, dans une ambiance pourrie par les détracteurs du collectif.

    sep article
    • Hou, le mauvais joueur !!! Ca fait un affichage du tonnerre de feu pour annoncer cette réunion (avec une orientation claire anti-Chronovélo) et ça semble normal. Mais ça prend une monumentale claque au milieu des rires de la salle et ça prétend que la salle est bourrée pour masquer une incompétence totale en matière d’aménagements cyclables et des revendications à contre-courant de tout ce qui se fait par ailleurs !
      Vous êtes pathétiques dans votre rôle de Caliméro !

      sep article