Plusieurs centaines de gilets rouges et manifestants contre le chômage et la précarité dans les rues de Grenoble

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REPORTAGE VIDÉO – Plusieurs centaines de manifestants ont défilé dans les rues de Grenoble, ce samedi 1er décembre, dans le cadre de la journée d’action nationale contre « le chômage et la précarité ». Une réponse à l’appel d’organisations syndicales, associatives et politiques les invitant à une « mobilisation sociale, écologique et citoyenne ». Avec nombre de revendications proches de celles du mouvement des “gilets jaunes”.

 

 

A l'occasion de la journée d’action nationale contre le chômage la précarité, plusieurs centaines de manifestants ont défilé à Grenoble ce 1er décembre. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les « gilets rouges » de la CGT. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Haro sur le chô­mage et la pré­ca­rité ! Plusieurs orga­ni­sa­tions* syn­di­cales, asso­cia­tives et poli­tiques de l’Isère ont orga­nisé leur propre ras­sem­ble­ment uni­taire ce samedi 1er décembre à Grenoble. Une action menée en paral­lèle d’ac­tions conduites en Isère par le mou­ve­ment des “gilets jaunes”.

 

Plus d’un mil­lier de per­sonnes, 2 500 selon les orga­ni­sa­teurs, ont ainsi défilé dans les prin­ci­pales artères de la capi­tale des Alpes. Le but de cette mani­fes­ta­tion ? Réclamer un inflé­chis­se­ment de la poli­tique du gou­ver­ne­ment et faire entendre « une colère légi­time et salu­taire » face aux injus­tices sociales et aux atteintes au pou­voir d’a­chat.

 

 

Une manifestation sur fond de convergence avec les revendications des “gilets jaunes”

 

« Trop c’est trop, des alter­na­tives existent pour l’emploi et la jus­tice sociale ! », indique une ban­de­role de la CGT tenue en tête de cor­tège par des mili­tants en gilets rouges. Partis d’Europole, ceux-ci s’ap­prêtent à défi­ler dans les rues de Grenoble pour ral­lier la pré­fec­ture. Avec des reven­di­ca­tions sociales et éco­lo­giques d’une grande par­tie des “gilets jaunes” de l’Isère. Car, « quelle que soit la cou­leur du gilet, les reven­di­ca­tions convergent », ont sou­li­gné en amont des res­pon­sables de la CGT.

 

Retour en images sur cette mani­fes­ta­tion qui s’est dérou­lée dans le calme le plus absolu.

 

 

 

Une société qui se précarise de plus en plus massivement

 

Ce trop-plein et cette « colère légi­time », c’est notam­ment celui des 3,5 mil­lions de chô­meurs de caté­go­rie A dont le chiffre ne baisse pas. Et ce « mal­gré les cadeaux déme­su­rés faits au patro­nat au nom de l’emploi », fus­tige la CGT. Pour la cen­trale syn­di­cale, « des dizaines de mil­liards d’eu­ros sont ainsi jetés par les fenêtres en pure perte ». Quant au nombre de chô­meurs des caté­go­ries B et C, il est en aug­men­ta­tion constante, attei­gnant, tou­jours selon la CGT, 2,5 mil­lions de per­sonnes.

 

Laurent Terrier, union départementale DGT de l'Isère. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Laurent Terrier, union dépar­te­men­tale DGT de l’Isère. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Cela signi­fie que nous sommes dans une société qui se pré­ca­rise de plus en plus mas­si­ve­ment. Ce que reflète le taux de pau­vreté qui s’é­ta­blit à plus de 14 % en France aujourd’­hui », pour­suit au micro Laurent Terrier de l’u­nion dépar­te­men­tale CGT de l’Isère.

 

Difficulté à payer les fac­tures de gaz et d’élec­tri­cité, non-recours aux soins, manque de mobi­lité… Autant d’illus­tra­tions de l’im­pact d’une pré­ca­rité ten­dant à deve­nir endé­mique, qui touche en majo­rité les jeunes, les femmes et les immi­grés .

 

« Dans les cam­pagnes, la voi­ture reste indis­pen­sable alors que son coût est de plus en plus dif­fi­cile à assu­mer », rap­pelle le syn­di­ca­liste. « C’est ce que met en lumière, de manière assez crue, le mou­ve­ment des gilets jaunes », sou­ligne-t-il, se repla­çant dans le contexte de leur lutte.

 

 

Économiser 3,5 milliards d’euros sur l’assurance chômage

 

Face à cette situa­tion, Laurent Terrier dresse une liste de griefs longue comme le bras : poli­tique fis­cale radi­ca­le­ment favo­rable aux plus riches, sup­pres­sion de l’im­pôt sur les grands for­tunes, baisse dras­tique de l’im­po­si­tion des reve­nus finan­ciers, baisse mas­sive des impôts et des coti­sa­tions pour les entre­prises, divi­dendes qui battent des records… Mais aussi aug­men­ta­tion des taxes en tous genres, « qui touchent bien évi­dem­ment les plus modestes », démo­li­tion des ser­vices publics ou encore dégra­da­tion de la pro­tec­tion sociale.

 

A l'occasion de la journée d’action nationale contre le chômage la précarité, plusieurs centaines de manifestants ont défilé à Grenoble ce 1er décembre. © Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Pire encore, selon la cen­trale syn­di­cale : la demande faite par le gou­ver­ne­ment aux par­te­naires sociaux d’é­co­no­mi­ser 3,5 mil­liards d’eu­ros sur l’as­su­rance chô­mage. Une éco­no­mie « dont on peut ima­gi­ner les consé­quences », s’in­quiète Laurent Terrier.

 

« Face à tout cela, qu’est-ce que nous défen­dons ? », ques­tionne-t-il. « Nous défen­dons une société soli­daire qui garan­tisse le droit à l’eau, à l’éner­gie avec les pre­miers kW/h et mètres cubes, le droit à la mobi­lité avec le ren­for­ce­ment du ser­vice public fer­ro­viaire, et de déve­lop­pe­ment de la des­serte du ter­ri­toire ou la gra­tuité des trans­ports en com­mun », énu­mère-t-il.

 

 

Organiser un puissant mouvement de grève et de mobilisation

 

Mais le syn­di­ca­liste ne s’ar­rête pas là. « Il faut aussi pas­ser la durée de tra­vail à 32 heures pour garan­tir le tra­vail pour tous et une Sécurité sociale de haut niveau, aug­men­ter les salaires avec 1 800 euros bruts ainsi que les pen­sions », réclame-t-il, salué par les ova­tions des mani­fes­tants.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Et puis, bien sûr, sans sur­prise, le réta­blis­se­ment de l’im­pôt sur la for­tune (ISF) et de l’im­po­si­tion sur les reve­nus finan­ciers, la sup­pres­sion du CICE, ainsi qu’une baisse impor­tante des taxes indi­rectes. En par­ti­cu­lier, la TVA et celles por­tant sur les car­bu­rants.

 

 

« La colère monte très fort dans tous les sec­teurs, et l’ac­tua­lité le montre bien », constate Laurent Terrier. Les orga­ni­sa­teurs appellent ainsi à orga­ni­ser des assem­blées géné­rales et des dis­cus­sions avec les sala­riés de tous sec­teurs, retrai­tés et pré­caires. Objectif : « construire un puis­sant mou­ve­ment de grève et de mobi­li­sa­tion pour exi­ger cette société soli­daire ».

 

Joël Kermabon

 

 

* FSU, Front social, Solidaires, France insou­mise, Ensemble, NPA, Attac, PCF, CGT

 

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Commentaires 1
  1. Bonjour,
    bravo pour les actions de reven­di­ca­tion des gilets jaunes. Par contre, nulle part, aucun jour­na­liste télé n’a parlé de reven­di­ca­tions de chô­meurs por­tées par les gilets jaunes : on a vrai­ment l’impression de pas­ser à la trappe…!!!
    Rien n’est dit, non plus, ni par les gilets jaunes, ni par le pou­voir, sur la dis­cri­mi­na­tion à l’embauche des séniors de plus de 50 ans par les employeurs, avec le para­doxe sous-jacent que le pou­voir veut repous­ser la retraite jusqu’à 63 ans, alors qu’on va devoir souf­frir d’un chô­mage subi et imposé par les patrons, et les DRH pen­dant plu­sieurs années pour arri­ver à des pen­sions de retraite réduites ; sans par­ler des nou­velles règles que nous concocte ce fumeux gou­ver­ne­ment sur le sujet…

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