Climate Friday versus Black Friday : offensive citoyenne à Grenoble pour contrer un « vendredi noir pour la planète »

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FOCUS – Ce vendredi 23 novembre en début de soirée place aux Herbes, Il est encore temps, le mouvement de citoyens pour le climat, participait au Climate Friday, le jour du fameux Black Friday. L’occasion d’une action de sensibilisation contre « le marketing agressif », l’un des facteurs de la surconsommation matraquée à l’envi par les grandes enseignes.

 

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

A moins de vivre coupé du monde, le Black Friday ne vous aura sans doute pas échappé ce vendredi 23 novembre. Nous avons en effet tous subi cette saturation de messages publicitaires ou d’invitations par mail nous incitant à consommer à grands renforts de rabais défiant toute concurrence.

 

D’ailleurs qui n’a pas vu ces scènes de folie consuméristes surréalistes où des gens se piétinent presque à l’entrée d’un grand magasin pour être les premiers à acheter l’objet convoité ?

 

Un jour de surconsommation à outrance au cours duquel sont bien souvent écoulés des articles produits dans des pays où la main d’œuvre est sous payée et la protection sociale inexistante. De quoi générer « un pillage accru des ressources de la planète, une pollution catastrophique des milieux aquatiques et des millions de tonnes de CO² rejetées pour leur transport », s’indigne le mouvement citoyen pour le climat Il est encore temps de Grenoble.

 

 

Un « vendredi noir » pour le climat

 

En réponse, plusieurs collectifs* ont créé un événement en forme de contre-feu, le Climate Friday, qui se poursuivra jusqu’à ce dimanche 25 novembre. Un événement, qui se déroule dans toute la France mais aussi en Europe, et vise à « sensibiliser, agir et mobiliser contre la surconsommation ».

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Les animateurs grenoblois du mouvement Il est encore temps sont ainsi passés à l’offensive pour la « justice climatique », ce vendredi 23 novembre sous la halle de la place aux Herbes. Comment ? Avec une action de sensibilisation contre « le marketing agressif », facteur de la surconsommation, dont Tiphanie Lucchina, son organisatrice, nous explique les ressorts.

 

 

 

Recouvrir les panneaux publicitaires en ville

 

Outre cette action, quelques personnes visiblement très motivées s’activent autour d’affiches colorées en cours de confection. Sur l’une d’entre-elles, un contre-message publicitaire : « La publicité vous veut-elle du bien ? » ou encore « Tout doit disparaître ! Stop pub ! ».

 

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À quoi vont-elles pouvoir servir ? À recouvrir les panneaux publicitaires dans les abribus ou arrêt de tram tous ou presque pris d’assaut par les enseignes à l’occasion du Black Friday. Une tâche à laquelle se sont livrés quelques militants ce vendredi noir et qui va se poursuivre jusqu’à ce dimanche 25 novembre. C’est justement ce marketing effréné qu’ont voulu stigmatiser les citoyens pour le climat.

 

L’action de sensibilisation menée ce vendredi soir prévoyait une sorte de happening mettant en scène l’énorme de quantité de prospectus ou autres supports publicitaires produits par toutes sortes d’enseignes jusqu’à atteindre la saturation. Retour en image sur une performance quelque peu… étouffante pour le bénévole d’Alternatiba qui s’est de bonne grâce prêté au jeu.

 

 

 

« Donner plutôt que jeter, recevoir plutôt qu’acheter… »,

 

Également sur place, un stand d’information pour inciter la population à s’approprier le sujet du centre commercial Neyrpic à Saint-Martin-d’Hères. « Nous sommes ici aujourd’hui parce que nous dénonçons l’hyper consommation et qu’à Saint-Martin-d’Hères nous avons un projet qui est vraiment dans cette ligne là au lieu d’un vrai centre-ville  », explique Élisabeth Letz du collectif Neyrpic autrement.

 

L’opposante aimerait que puisse être imaginée une réelle alternative à ce centre commercial. « L’objectif de notre collectif c’est de coconstruire ce projet avec les habitants, les associations, les entrepreneurs, les commerçants, l’Université et les établissements scolaires », déclare-t-elle.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Grenoble n’est pas la seule ville de France ou des initiatives similaires sont menées. Un peu partout des actions sont prévues pour faire découvrir des systèmes alternatifs de circulation des biens et sensibiliser au gaspillage alimentaire. Notamment grâce à  des mini-villages des alternatives, des “gratiférias” (marchés gratuits), ou des “disco soupes”.

 

« Donner plutôt que jeter, recevoir plutôt qu’acheter... », résume l’un des slogans de l’événement. Mais pas seulement. Dénoncer le suremballage en proposant de laisser les emballages inutiles dans des caddies à la sortie des caisses de supermarchés ou encore organiser des actions contre Amazon comme l’ont fait les Amis de la Terre sont autant de gestes forts. Ce qui ne dispense pas d’interpeller les politiques, notamment par le biais de la plateforme de lobby citoyen de United4Earth

 

Joël Kermabon

 

 

  • * Le mouvement Citoyen pour le climat #ilestencoretemps, Plastic Attack France, Zero Waste France, Boycott citoyen et I-Boycott.

 

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