Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse : un milliard d’euros pour s’adapter au changement climatique

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FIL INFO – Pour faire face au changement climatique et financer des mesures d’adaptation, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse a budgété un milliard d’euros d’ici 2024. Mais dans un contexte national pour le moins compliqué…

 

 

Pour faire face au changement climatique, l'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse a budgété un milliard d'euros d'ici 2024.Sécheresse. DR

Sécheresse. DR

Dans les cinq années à venir, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse va consacrer un milliard d’euros à l’adaptation au changement climatique, soit 40 % de son budget. Et, à l’échelle nationale, les agences de l’eau, réunies à Lyon dans le cadre des Assises de l’eau, ont annoncé investir 3 milliards d’euros dans des actions d’adaptation sur la période 2019-2024.

 

« D’ici 2070-2100, les experts du climat estiment que les ressources en eau se feront plus rares, de l’ordre de 10 % à 50 % de débit d’étiage en moins pour les grands fleuves français et jusqu’à moins 30 % pour les nappes, soulignent les agences de l’eau dans un communiqué. La réduction des débits et des ressources entraînera mécaniquement une plus grande concentration des polluants dans les milieux aquatiques. Avec davantage de fortes pluies en hiver et au printemps et moins de pluie en été et en automne, la variabilité des précipitations sera grande. »

 

Dans le même temps, la température devrait grimper de 2 à 5 degrés. Conséquence ? « Les sols agricoles souffriront de l’augmentation de 10 % à 30 % de l’évapotranspiration, en particulier en automne. »

 

 

Les agences financent plus de la moitié des mesures en faveur de la biodiversité

 

 

Les solutions pour économiser et partager l’eau, favoriser l’infiltration des eaux pluviales ou encore retrouver le bon état des eaux, existent. Restent à les financer. Entre 2013 et 2017, 25 800 km de cours d’eau ont été restaurés avec l’aide des agences de l’eau : l’équivalent de vingt-cinq fois la longueur de la Loire. Et 94 500 hectares de zones humides ont été préservés ou restaurés, soit neuf fois la superficie de Paris.

 

Eau dans les Alpes.

Cours d’eau à l’étiage à Marnaz (Haute-Savoie)

Un premier pas. Les agences de l’eau consacreront près de 500 millions d’euros chaque année entre 2019 et 2024 au financement de telles actions. Des moyens en plus ? Pas vraiment.

 

À Lyon, les sept présidents des comités de bassin se sont une nouvelle fois dits inquiets face à « un contexte budgétaire très compliqué ».

 

« Pour les six prochaines années, l’État ponctionnera 700 millions d’euros sur notre budget, soit l’équivalent d’une année d’investissement en moins, a ainsi expliqué François Sauvadet, président du comité de bassin Seine-Normandie dans Reporterre. Si nous n’avons pas les moyens des ambitions et des objectifs qui nous sont fixés, cela va créer un sentiment de désespérance. »

 

Le budget des agences de l’eau siphonné au nom du financement des politiques environnementales ? Les agences financent plus de la moitié des mesures en faveur de la biodiversité. Le gouvernement a même institué un « plafond mordant », un seuil – fixé pour 2019 à 2,1 milliards d’euros – au-delà duquel les recettes perçues par les agences vont directement dans le budget général de l’État.

 

Le gouvernement avait également en projet – mis en sourdine depuis – de faire financer le trou de 20 millions d’euros de la baisse du permis de chasse par les agences de l’eau.

 

PC

 

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