Steeve Briois, député européen RN en visite à Échirolles : « Tous les problèmes viennent de Bruxelles ! »

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FOCUS – Le député européen Steeve Briois, également maire d’Hénin-Beaumont et vice-président du Rassemblement national, était de passage à Échirolles le 25 octobre dernier, à l’occasion d’un dîner-débat avec des militants. L’occasion pour l’élu de livrer un bilan du groupe politique Europe des nations et des libertés au Parlement européen. Et d’évoquer les prochaines élections européennes, un scrutin décisif pour le Rassemblement national qui devrait, estime le parti, donner le ton des échéances électorales qui suivront. 

 

 

Le député européen Steeve Briois à présenté à Échirolles le bilan du groupe RN au Parlement européen sur fond des prochaines élections européennes de 2019.De gauche à droite : Alesxis Jolly, conseiller municipal RN 'Échirolles et Steeve Briois maire d'Hénin-Beaumont et député européen. © Joël Kermabon - Place Gre'net

De gauche à droite : Alexis Jolly, conseiller muni­ci­pal RN, d’Échirolles et Steeve Briois, maire d’Hénin-Beaumont et député euro­péen. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Je sou­haite pou­voir ren­con­trer les gens qui nous ont élus pour leur dire quel est le bilan de cinq années de pré­sence au Parlement euro­péen », explique Steeve Briois, député euro­péen du Rassemblement natio­nal (RN) dont il est par ailleurs vice-pré­sident.

 

L’élu euro­péen, qui est aussi maire d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), a fait une courte escale à Échirolles, ce jeudi 25 octobre, pour par­ti­ci­per, dans le cadre de ses acti­vi­tés par­le­men­taires, à un dîner-débat avec des mili­tants du cru.

 

Juste avant, ce der­nier avait invité la presse pour dres­ser le bilan du groupe Europe des nations et des liber­tés (ENL) au Parlement euro­péen. Une for­ma­tion située à droite voire à l’ex­trême droite de l’é­chi­quier poli­tique euro­péen, à laquelle appar­tiennent 16 élus du RN. L’occasion éga­le­ment d’é­vo­quer les élec­tions euro­péennes des 23 et 26 mai 2019, sur les­quelles le RN mise gros, les esti­mant déci­sives pour les échéances élec­to­rales sui­vantes en France.

 

 

La politique migratoire de l’Union européenne dans le viseur

 

En 2014, le parti qui s’ap­pe­lait encore Front natio­nal arri­vait en tête des élec­tions euro­péennes en France avec un score de 24,8 %, soit 23 sièges de dépu­tés au Parlement euro­péen. « Depuis, nous n’a­vons pas arrêté de tra­vailler et nous sommes plu­sieurs dépu­tés à nous rendre dans dif­fé­rents dépar­te­ments dont l’Isère pour évo­quer tout cela », indique Steeve Briois.

 

Une légis­la­ture durant laquelle les élus RN « ont eu fort à faire », se sou­vient le maire d’Hénin-Beaumont, étant entendu que « chaque jour apporte son lot de nou­velles com­pé­tences à Bruxelles. Tout se décide vrai­ment là-bas ! », déplore-t-il. Steeve Briois se targue ainsi d’un com­bat sans relâche sur nombre de dos­siers dont le plus emblé­ma­tique est, à son sens, celui lié à la poli­tique migra­toire de l’Union euro­péenne (UE).

 

Le député européen Steeve Briois à présenté à Échirolles le bilan du groupe RN au Parlement européen sur fond des prochaines élections européennes de 2019.Thé d'accueil des migrants sur le campus de Saint-Martin-d'Hères. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Thé d’ac­cueil des migrants sur le cam­pus de Saint-Martin-d’Hères. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

« Tout cela ne sera pas sans consé­quences à l’a­ve­nir puisque l’Europe fonc­tionne mal », affirme Steeve Briois. Dans son viseur, le plan Junker de 2015, du nom du pré­sident de la Commission euro­péenne, qui fixe des quo­tas de migrants par pays. « Angela Merkel avait fait savoir qu’elle sou­hai­tait en accueillir plus d’un mil­lion. Mal lui en a pris puis­qu’elle le regrette pro­fon­dé­ment, se ren­dant compte que ce n’é­tait pas la bonne solu­tion », tacle l’élu. Un vrai pro­blème, consi­dère-t-il, puisque « avec l’es­pace Schengen ils peuvent cir­cu­ler libre­ment entre les dif­fé­rents États membres ».

 

Ce qui l’in­quiète le plus ? « Le débit très impor­tant auquel nous serons confron­tés dans les années à venir, l’Organisation des Nations-unies ayant estimé à envi­ron 148 mil­lions le nombre de per­sonnes vivant sur le sol afri­cain dési­reuses de quit­ter ce conti­nent d’ici à 2050 », rap­porte le député.

 

 

« Tout ce que nous subissons aujourd’hui en France vient de Bruxelles »

 

Autre che­val de bataille : « la bru­ta­lité de Bruxelles qui impose des régle­men­ta­tions dans tous les domaines ». Le groupe RN au Parlement euro­péen consi­dère, en effet, que le peuple fran­çais doit se prendre en main et « ne pas dépendre sys­té­ma­ti­que­ment du bon vou­loir de Bruxelles ». « Les dépu­tés à l’Assemblée natio­nale passent leur temps uni­que­ment à trans­crire dans le droit fran­çais des direc­tives issues de l’UE », iro­nise-t-il.

 

Parlement Européen. © Wikipedia

Parlement euro­péen. © Wikipédia

S’il convient que tout n’est pas for­cé­ment néga­tif, l’élu déplore qu’il faille subir des poli­tiques « qui ne cor­res­pondent pas aux aspi­ra­tions des Français ». Notamment sur les aspects de lutte contre le ter­ro­risme, sur l’im­mi­gra­tion et la lutte contre la délin­quance. Autant de rai­sons pour les­quelles, estime le député, cer­tains diri­geants euro­péens essaient de limi­ter ce trans­fert de sou­ve­rai­neté.

 

D’autres griefs ? Steeve Briois n’en manque pas. Telle l’une des exi­gences de la Commission euro­péenne (CE) de dimi­nuer les dépenses de fonc­tion­ne­ment de la France pour limi­ter le défi­cit bud­gé­taire. « La CE demande à la France d’ap­pli­quer des mesures d’aus­té­rité, c’est-à-dire la dimi­nu­tion des pres­ta­tions sociales. Elle recom­mande de manière auto­ri­taire à la France de dimi­nuer son train de vie », rap­pelle l’élu. Tout comme, pour­suit-il, cette autre demande de revoir la poli­tique des retraites à par­tir de 2019.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

« Ce qui se passe en ce moment sur ce sujet, ce n’est pas Macron, ça vient de la CE qui veut uni­for­mi­ser les retraites ! », accuse-t-il. Bref, résume l’é­dile, « tout ce que nous subis­sons aujourd’­hui en France vient de Bruxelles ! » Que sou­haite le groupe RN ? « Une Europe à la carte. Construire un pro­jet euro­péen mais pas sous une forme de fédé­ra­lisme. On peut très bien avoir une coopé­ra­tion entre pays sans pour autant avoir autant d’o­bli­ga­tions », pro­pose Steeve Briois.

 

 

« Il y a une poussée importante des mouvements similaires au RN en Europe »

 

Quid des élec­tions euro­péennes de 2019 ? « Nous accor­dons beau­coup d’im­por­tance à ce scru­tin parce qu’il va être déci­sif pour les pro­chaines échéances qui le sui­vront et parce que c’est peut-être un moment his­to­rique pour tous les “euros­cep­tiques” et les par­tis patriotes ou natio­naux qui pour­raient deve­nir majo­ri­taires au Parlement euro­péen », explique Alexis Jolly, conseiller muni­ci­pal RN et assis­tant par­le­men­taire de Steeve Briois.

 

Dépouillement des bulletins de vote de la circonscription sud est pour les élections européennes le 25 mai 2014 à Grenoble. © Muriel Beaudoing - placegrenet.fr

Dépouillement des bul­le­tins de vote de la cir­cons­crip­tion sud est pour les élec­tions euro­péennes le 25 mai 2014 à Grenoble. © Muriel Beaudoing – placegrenet.fr

Pour autant, rien ne presse. « La cam­pagne ne sera pas lan­cée avant le mois de jan­vier. Les Français ont la tête ailleurs. Déjà que l’Europe ne pas­sionne pas les foules, en par­ler avant les fêtes de Noël, ça peut faire flop. Tout cela sera éla­boré en temps voulu », pré­voit Steeve Briois. Le maire d’Hénin-Beaumont se réjouit néan­moins d’une nou­velle donne concer­nant ces élec­tions.

 

« C’est en train de chan­ger. Les peuples euro­péens, que ce soient les Lituaniens, les Hongrois, com­mencent à se lever contre l’a­bus d’im­mi­gra­tion, contre le lais­ser-aller, contre tout ce qui peut nuire à nos pays », constate l’élu. Ce der­nier l’a observé, il existe une pous­sée impor­tante des mou­ve­ments simi­laires au RN en Europe. « On les appelle natio­na­listes, popu­listes… Je pré­fère quant à moi le terme de patriotes, mais en tout cas c’est bien réel », se féli­cite-t-il.

 

S’inquiète-t-il d’un éven­tuel siphon­nage de voix lié à la concur­rence du parti Les Patriotes ? Pas vrai­ment ! « Je suis qua­si­ment cer­tain qu’ils n’i­ront pas jus­qu’au bout des élec­tions euro­péennes parce que tous les son­dages les donnent à moins de 1 % », affirme Steeve Briois. « C’est un gâchis, c’est tout ! », se désole-t-il encore. Et d’en­chaî­ner en reve­nant au contexte local. « Quant à des gens qui nous ont quit­tés comme Mireille d’Ornano [dépu­tée euro­péenne FN, ndlr], eh bien, bon vent ! », lance-t-il en guise de conclu­sion.

 

Joël Kermabon

 

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Commentaires 1
  1. et sans l’UE une par­tie de l’Europe Centrale serait ren­trée en guerre (j’y ai vécu) il y a d’é­normes sou­cis de mino­ri­tés.
    Arrêtons de regar­der ce qui ne va pas et regar­dons ce qui va. Tout n’est pas par­fait, mais cer­taines per­sonnes jouent à crier au loup et à mettre le feu, et quand ils sont aux manettes c’est pas mieux (on parle des mai­ries FN ? )
    Sur l« immi­gra­tion, il y a déjà trop d’i­ta­liens à Grenoble, il faut inté­grer tout le monde. La France à un vrai pro­blème, ce qui donne rai­son au FN – la notion du culture pose ques­tion, de même que la langue par­lée

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