Mineurs étrangers non accompagnés : les Départements de Rhône-Alpes et de Saône-et-Loire interpellent le gouvernement

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FIL INFO – Dans une motion commune, les Départements de l’Isère, du Rhône, des deux Savoie, de l’Ardèche, de l’Ain, de la Loire et de Saône et Loire interpellent le gouvernement sur la prise en charge des mineurs étrangers non accompagnés. Et réclament notamment la mise en place d’un fichier centralisé au niveau national.

 

 

Dans une motion commune, les départements de Rhône-Alpes réclament la mise en place d'un fichier centralisé pour le suivi des mineurs étrangers.Le collectif Jeunes étrangers en Isère, créé à l'été 2018, a fait entendre sa voix devant l'Hôtel du département. Pour un meilleur accueil et une meilleure prise en charge des mineurs et jeunes étrangers en Isère. © Patricia Cerinsek

Un col­lec­tif Jeunes étran­gers en Isère a vu le jour à l’été 2018. © Patricia Cerinsek

Les pré­si­dents des Départements de l’Isère, de la Drôme, de la Savoie, de la Haute-Savoie, du Rhône, de l’Ardèche, de l’Ain, de la Loire, de Saône et Loire ainsi que de la Métropole de Lyon vont pré­sen­ter une motion lors du congrès de l’Assemblée des dépar­te­ments de France (ADF), ce 7 novembre.

 

Un texte dans lequel les repré­sen­tants des dépar­te­ments de Rhône-Alpes et de Saône-et-Loire s’in­quiètent de la recru­des­cence depuis trois ans du nombre de mineurs étran­gers non accom­pa­gnés et du manque de moyens pour y faire face. Un texte dans lequel ils réclament notam­ment au gou­ver­ne­ment la mise en place d’un fichier cen­tra­lisé au niveau natio­nal.

 

 

1 300 mineurs étrangers non accompagnés accueillis en 2017 en Isère

 

Objectif affi­ché ? Faciliter l’i­den­ti­fi­ca­tion et le suivi des jeunes ainsi que l’ac­cès géné­ra­lisé aux outils pour pou­voir confir­mer leur âge. La loi oblige en effet les dépar­te­ments à mettre en place, pour toute per­sonne se décla­rant mineure et pri­vée tem­po­rai­re­ment ou défi­ni­ti­ve­ment de la pro­tec­tion de sa famille, un accueil pro­vi­soire d’urgence dans un éta­blis­se­ment de ser­vice social ou médico-social.

 

La ques­tion est sen­sible. L’Isère est, en France, le dépar­te­ment qui accueille le plus grand nombre de jeunes étran­gers. Mais l’in­quié­tude déborde des fron­tières dépar­te­men­tales.

 

En Isère, le Département peine à faire face à l'augmentation du nombre de mineurs étrangers isolés. Les associations tirent la sonnette d'alarme © La Croix-Rouge

© La Croix-Rouge

Réunis le 24 octobre, les pré­si­dents des Départements de Rhône-Alpes se sont ainsi dits inquiets de l’é­vo­lu­tion d’un phé­no­mène, « qui prend une ampleur inédite », via l’exis­tence de filières orga­ni­sant ces dépla­ce­ments. Mais aussi des « dif­fi­cul­tés concrètes pour faire face à l’im­por­tance de ces flux ».

 

Les élus dépar­te­men­taux font notam­ment part de leurs dif­fi­cul­tés à faire le suivi de jeunes, « qui passent d’un dépar­te­ment à l’autre », sou­lignent-ils dans un com­mu­ni­qué com­mun. Ils s’in­quiètent aussi des risques finan­ciers que cette prise en charge accrue fait peser sur d’autres publics, dont l’en­fance en dan­ger. Et de la dif­fi­culté de l’Éducation natio­nale à pro­po­ser des cur­sus de for­ma­tion et d’ap­pren­tis­sage, tout comme de l’in­ca­pa­cité de l’État à prendre le relais.

 

« Les coûts sup­por­tés par les col­lec­ti­vi­tés pèsent non seule­ment de plus en plus lour­de­ment sur [nos] bud­gets – alors même qu’il s’a­git d’une com­pé­tence d’État qui est com­pen­sée de façon tota­le­ment mar­gi­nale à ce jour – mais obèrent aussi [notre] capa­cité à assu­rer une prise en charge opti­mum des publics concer­nés. »

 

En Isère, le bud­get consa­cré aux mineurs non accom­pa­gnés atteint 14,2 mil­lions d’eu­ros. L’aide de l’État se monte quant à elle à 7 mil­lions d’eu­ros.

 

PC

 

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Commentaires 1
  1. C’est un peu fort de café que le dépar­te­ment demande en pre­mier lieu une « mise en place d’un fichier cen­tra­lisé au niveau natio­nal. » !!!
    Si les jeunes étaient pris en charge cor­rec­te­ment, ça m’é­ton­ne­rait qu’ils passent d’un dépar­te­ment à l’autre. Le dépar­te­ment n’a aucune envie de tes­ter la mino­rité des jeunes, il traine, si bien que les jeunes trainent de leur côté sans pou­voir accé­der à une for­ma­tion ou à un suivi. Les actes de nais­sance devraient être pris en consi­dé­ra­tion, mais, comme il faut expul­ser un max d’é­tran­gers et qu’un mineur ne peut être expulsé …
    Ce n’est pas comme ça que le dépar­te­ment règlera le pro­blème des MNA (mineur non accom­pa­gné). J’osais espé­rer qu’a­près le ras­sem­ble­ment du mois d’oc­tobre il avait com­mencé à com­prendre quelque chose … eh bien non …

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